‹ Le Mercure de LondresChapitre 107 sur 125 · LA LEÇON D'ASTRONOMIE · texte numérisé non relu

LA LEÇON D'ASTRONOMIE

ou LES NOUVEAUX MARTYRS.

Folie Persane.

" Je voudrais' bien savoir Gastronomie ?" disait ui» jou* un «ultàn de Perse à sort gfand-Visff . " Votre hatifesse rt*a qpt% parler, repartit celui-ci, et tes astres obévrewf à isa V6ix ; ife »owt prêts à se détacher de leur voûte aérienne pour amuser les Itdirirsr de votre grandeur." An même kiâtànt, sans prévenir son nâa^ tre, Ali-Tîîraan envoie qvtérW lès cmq astronomesf tes phw têf»liômméis d'Is|yahan ; il tes reçoit dans uïré salle écartée, et létir fait quelqttèis inétana la leçon sur le rôle qu'ils dofteitt Jc^er éâM

cette affaire. Cependant, le sultan impatienté appelle aoa vi^ir et lui crie de toutes ses £:>rces : " Ati, je veux que le soleil, la lune et cinq étoiles viennent à l'instant m'amuser, sinon j'ordonne qu'ils soient empalés de suite, ainsi que toi et la moitié des eunuques de mon palais/' A peine pi^nonçait-il ces derniers mots, que les cinq astronomes, les yeux en pleurs, entrent et se précipitent aux pieds du sultan, dont ils baisent la noble poussière. *' Grâce! s'écrient-ils tous les cinq à la fois, que votre grandeur épargne à l'univers-, sur lequel elle étend son glorieux empire, les plus terribles, les plus affreux désastres. Ah ! nous vous en conjurons,' laissez, sublime sultan, à la place que leur ont fixé vos ancêtres, et l'astre éclatant qui nous inonde tous les jours des flots de sa lumière, et la pâle clarté qui, durant la nuit, guide nos pa9 incertains, et les anneaux brillans qui, fixés dans l'espace, parsé* ment sa voûte azurée. Que votre gloire *dit satisfaite, ils obéissent à vos lois : mais ne soyez pas un tyran ; leur aspect imprévu au milieu de la cour d'ispahan serait le signal de troubles et de malheurs infinis. Ah ! laissez ces esclaves de votre toute puissance accomplir loin de nous leur tâche accoutumée. Grâce, gi^ce à la. lune, grâce au soleil, grâce aux cinq étoiles.'* '* £h ! lùen, grâce soit; mais il faut bien que .tout le monde s'amuse, et quand je parle, moi, je veux être obéi. Que le soleil,. la lune et les cinq . étoiles restent donc à leur place, et qu'ils ne soient pas empalés : mais il faut que quelqu'un le soit, attendu qu'il est nécessaire, avsmt tout, que je m'amuse d'une manière ou d'autre» Qu'on appelle mon visir." Ali^Xilman entre presqu'aussitôt, tout tremblant. Rassure- toi, lui dit le sultan, prends-moi ces cinq individus qui m'ont si bien étourdi les oreilles : je te fais grâce; qu'ils soient empalés de suite." Ainsi périrent, pour les plaisirs du sultan de Perse, martyrs du soleil, de la lune et de cinq étoiles, les cinq plus fameux astronomes d'ispahan.

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