‹ Le Mercure de LondresChapitre 108 sur 125 · REVUE THEATRALE · texte numérisé non relu

REVUE THEATRALE

Paris.

Académie reyale de Musique, — On a repris deux opéras qui tous deux ont réussi, qui tous deux ont eu le succès que leur ré* putation et leur mérite devaient leur assurer, mais qui à cause de leur ancienneté, ou du goût du public qui préfère les choses i|ouvelles aux choses remises à neuf, n'ont pas eu sur les recettes une influence aussi favorable qu'on l'aurait cru. Armide et Olympia ^tireJ3i;t du monde sans &ire foule. L'administration s'occupe jde luoi^ter Macbeth^ musique de M. Chelard ; on dit le plus grand .bien de cet ouvrage. Ce compositeur obtint dans le temps le grand.prix, et il alla.sous le ciel de l'Italie perfectionner le talçQt qu'on lui avait reconnu en France.

Mademoiselle Adèle Bibre du conservatière a débuté dans le rôle d'Antigone. Cette belle actrice s'est présentée à ses juges

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avec l'émotion inséparable- d'an début ; on a pu juger cependant qu'elle a de la voix, et qu'avec de l'étude et du travail, elle pourra devenir pour l'Académie royale de musique un sujet précieux*

' ITtéâtre- Français. — Ce théâtre s'est enrichi des sommités tragiques et comiques de l'Odéon ; Joanny et Perrier sont bien placés sur notre premier théâtre. Joanny, exact, naturel, et dans certains momens véritablement tragique, s'est placé après Talma, et au-dessus de Lafont. Perrier lutte avantageusement avec Ar- . mand et Michelot ; mais tous les emprunts de la rue de Richelieu n'ont pas été aussi avantageux. Victor est faible, David ne tient pas tout qu'il semblait promettre ; Samson, qui a joué le Barbier de Seville et Sosie d'Amphitryon, promet de se placer près de Monrose.

. On a parlé de la démission de Mlle Leverd, mais ce bruit ne s'est pas confirmé. Talma est au Havre, où il excite au plus haut point l'enthousiasme des habitans.

Opéra-Comique. — L'opéra comique est* devenu une arène oii le combat est d'autant plus acharné qu'il y va de l'existence des combattans. Les acteurs demandent des comptes, on offire de les leur rendre ; ils demandent qu'il leur soit permis de contrôler les dépenses, et voilà le point en litige ; ils pensent avoir droit à un gouvernment constitutionnel, et il paraît que M. Guilbert de Pixérécourt, que l'on a surnommé l'autocrate de Feydeau et le tyran, de la Gaité, il paraît, disons-nous, que ce directeur préfère l'arbitraire. Les petits journaux sont remplis des réclamations dés uns et des explications de l'autre. Huet et Darancourt ont été renvoyés ; et si M. de Pixérécourt n'avait pas la goutte, qui sait ce qui serait advenu ? Nous tiendrons nos lecteurs au courant de cette querelle, où il nous semble que la justice et la raison ne se trouvent que d'un côté.

Leclerc, baisse-taille d'Opéra-Comique, quitte ce théâtre pour rOdéon.

Un M. Oudinot a débuté dans Coradin. M. de Pixérécourt doit en vouloir beaucoup à ce jeune homme ; car il ne désirait pas sans doute Êiire regretter Huet, et voilà cependant l'effe t qu'a produit le débutant.

T%éâtre Italien,-:— Ruhini est parti, Donzelli est revenu, Naples nous a rendu ce chanteur, et nous avons revu OtheUo. Dob« zelli a subi à Paris les épreuves les plus difficiles, il est arrivée après Garcia que les dillettanti aimaient tant, et il l'a remplacé avec avantage ; aujourd'hui il succède à Rubini dont la voix est si flexible et si suave, et il se tire encore avec bonheur de cette nouveUe comparaison, c'est que Donzelli a un véritable talent

Odéon, — On reprend les pièces de M. Picard, c'est faiblesse ou erreur, car jusqu'à présent on ne nous a présenté que les ou-

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vrages les plus faibles >de cet académicien distingué, et ces reprises â^ont paS' été heureuses. Margufrite d^ Anjou remplit tonjoui« la salle. On monte Ivanhoë, opéra dans lequel débutera Leclerc de Feydeau. Mlle Level a débuté à ce théâtre par le rôle d'Hermione. Cette actrice a fait plaisir, elle a débité son rôle avec âme et avec force, et a produit de l'effet, quoiqu'elle eût choisi pour son début un de ces personnages qu'on ne peut bien représenter, selon Voltaire, mie larsqu*on a le diable au corps. Si * comme on le dit, Mme. Valmonsey. passe à la rue de Richelieu, Mlle. Level sera pour l'Odéon mie bonne acquisition.

Théâtre de Madame. — On prépare le Château à Vendre; ce vaudeville sera-t-il meilleur que la Lune de miel qui tourne au sentiment ? Nous l'ignorons ; mais il le faut croire, si tout ce qu'on en dit est vrai. On a repris les Inséparables, pièce -invraisemblable, mais spirituelle, où Ferville joue avec naturel le rôle d'un garde du commerce. Mlle. Dejazet a cessé son service depuis quelques jours, et Mlle. Adeline et Mme. Théodore, qui Ont pris ses rôles, n'ont pu la remplacer.

Vaudeville, — Le Cadran hku. Lia, Joseph IL, attirent le public à ce théâtre. Mme Bras y est rentrée, et on l'a revue avec plaisir dans Pierre, Paul et Jean, Un M. Dodel a débuté sans succès. Le vaudeville, qui possède Lafont, notre meilleur amoureux scms ventre, voit, grâce à son activité, la foule revenir dans ses loges et sur ses banquettes.

Variétés, — M. Paul a débuté â ce théâtre. Cet acteur n'a pas produit d'effet : mais on peut dire hardiment que l'émotion n'a pas paralysé ses moyens. M. Paul joue sans crainte et sans embarras.

Mlle Aldégonde s*est essayée sans succès dans l'emploi de Mlle Flore.

M. Ferdinand Laloue a réduit en un acte VEgoiste par régime de M. de Longchamps, et y a ajouté de jolis couplets. Cet ouvrage a réussi. Potier y est fort bon ; mais le comique fin qui y est répandu tranche avec les pièces du répertoire de ce théâtre. Potier part pour Londres le 16 de ce' mois.

Porte- Saint-Martin. — Un jeune officier, qui croit avoir à se plaindre de sa cousine, dont il est épris, a donné sa démission, et est venu chercher en Suisse un refuge contre ses créanciers. Son onde, dont il habite le château, arrive, et fait d'inutiles efforts pour le ramener en France. Le jeune fou est inébranlable ; . l'espoir d'un rapide avancement qu'on fait briller à ses yeux ne peut rien sur lui. On lui parle d'honneur et de gloire ; mais ces mots n'ont {dus pour lui une signification militaire : le Caton des maupuis-stgets aspire à se faire un nom comme peintre et aux hooneurs de la tribune» quoique ce ne soit pas dans les ateliers qu'on choi-

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M0se le^^épstéfl^ Un jrégrment êrumç^w arrire; ife di»{»efl»i m^ âi«iial l«i rsq^pelle f» xie paM^e, le tambeur fiitt battre #01» cmm^ 19110 «es beaux projets s'é^vaAouiaseat, •ettil-ren^e en Franoe. ^ Un ^«i^raan q^i'il •devait placer comme sukse cbes un grand-seîgoeiir fiède lui-même à l'inâuence si connue du ranz des vacbes, qu'une m%8etU fait entendre.

Les auteurs de ce vaudeville, quelque peu romailtiqthe» -sont MM. Jousiin de LasaUe et £vnesi,.dont les noms ont été prodaxoé» au milieu des applaudissemens. Nous leur conseillons de supprimer le passage des momtache» qui rendent trop Um/rdei^elm. des nuages qui dessinent limage de Nelly, et de ne pas faire un officier supérieur d'un bomme qui vient de donner sa démission, et qu'on représente comme un jeune fou. Les acteurs ont .tous fort bien joué, surtout Gobert et^He Zélie-Mdllard. Moêssard cbargé du rôle d'un colonel de cuirassiers, ne devrait pas avoir nn pantalon de hussard.

(A un prochain numéro notre article sur les théâtres de FAmMgu et de la Gaieté^ où depuis quelque tems on ne donne rien de neuf,

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