‹ Le Mercure de LondresChapitre 30 sur 125 · THEATRICAL EXAMINER · texte numérisé non relu

THEATRICAL EXAMINER

King's Théâtre.

There certainly never was a season at the Opéra exhibiting so little taste and judgment as the présent. Hitherto no opéras but // Crociato in Egitto and Lm donna del Lago bave been revived, and both with a lamentable inferiority to what they were formerly ; and at length, when a new work is produced, one bas been selected so wretchedly déficient in ment of every kihd, that it is a matter of astonishment where bad taste enough could be found to sélect such a misérable failure. Teobaldo é IsoUna is by a person of the name of Morlachi, who is the joint Chapel-Master with Weber, to the King of Saxony ; but he seems not to hâve profited at ail by bis collision with that great writer. His music is/in fact, a thing of shreds and patches; though a serions opéra, he has given it an o vertu re light and âimsy, and of a lively character ; but it is a mère cobweb in composition, ^ithoùt strength or solidity, and consisting merely of a variety of passages for the flûtes, clarionets, and other wind instruments, without any rich harmonies to bind them together. Indeed, through the whole opéra, there is not one pleasing melody, one passage of feeling ; ail is eut up and frittered away in a constant succession of unmeaning fiourishes, and the characters sing in just as lively a strain, when in agitation and distress, as in their more cheerful moments. So ignorant, indeed, does the Composer seem of the true interests of music, that he has composed to words and not to ideas. Thus Isolinoy when lamenting her lost felicity, flies ofFin merry movement when she cornes to a word expressing happiness, totally forgetting that the sentiment is a mournful one. There are numberless errors of this description.

The secret of the production of this trumpery work seems to be, the vanity of Signor Velluti to exhibit himself, apd himself

* Quelque soit celui que nous pnissious critiquer désormais, uous l'engageons, s'il a des reproches à nous faire, à venir nous les tiûreiBer en persofiney et à ne passe reposer de ce soin sur un député, s'il ne veut que nous ne prenions une singulière idée de cette prudence intempestive.

F. Châtelain.

alooe, where he can hâve greater opportunities of bowling than any one else can. . If singing» he is well pleased, caring evidently nothing about the quality of the music. What taste indeed can be expected from a man who sings so raiserably out of tune, that it is difficult for the band to accompany him, — who défies ail time, — ^hurrying or relaxing without everregarding the efièct intended and dwelling upon a set of tedious fiourishes with a sameness perfectly wearisome ? When he draws up bis round shoulders, grins with bis thin face, and stretches out bis bony arms, we know precisely the division of notes he is going to exécute. Since it is true that numbers listen to him nightly with apparent rapture, such an account of him might be deemed exaggerated ; but we appeal. to any tolerable judge of music, if we bave gone beyond the trutb. Fasbion and foUy, which aiways go together, bave agreed to admire this monstrous insuit upon taste ; but apart from them, reason would soon bring his qualifications to the test. Let him but endeavour to sing at any other théâtre than the Opéra House, and we are convinced no audience would tolerate him through the first son^.

The only singer who gave us any pleasure was Signor Curioni, whose charmîng voice and taste is a refresbing relief from the croakings and screechings of Velluti. We could not but regret thoughout, that he had not better music to exedute, tbough he certainly made the best of the bad. Madame Bonini bas receded by her performance in this opéra ; her voice is cracked and insipid, and totally unfit for the rapid exécution in which only Mor- LÂCHi seems to delight. Porto was more nasal than usual, and made a ridiculous contrast with Velluti, both in voice and figure*

« The scenery was pretty, and the dresses very splendid ; but the finest of ail was thrown away upon the gaunt frame and awkward gait of Velluti, who looked like an embroidered skeleton with a spangled death*s head, aping the hero and the lover !

VARIETES

Des voleurs condamnés à être pendus sortaient dernièrement d'une prison de Londres. L'un d'eux nommé Bradment, coupable de vol avec effraction, rencontra sa mère, et le colloque suivant s'engagea entr'eux : " où vas-tu mon enfant ? — à la potence, ma mère. — Eh bien ! mon petit, veux-tu être bien gentil, ne te ùâs pas pendre avec tes beaux habits du Dimanche, fais-m'en cadeau. Je t'assure que pour être pendu ta veste rouge de tous les jours est très comfortable." ÉxceUmte mère !

M LR MERCURB DB LON1»RES«

LéoNiDAs ET M. De Villele.

Entre Léonidas et M. De Villèle

Il s'établit un parallèle :

L'un mène ses trois cents à Timmortalité L'autre ses trois pour cents à la mendicité.

Le célèbre naturaliste Cuvier, disait en revenant de Ment ronge: " l'animal le plus reconnaissant c'est le chien." Non, repart soudain Talleyrand, c'est le dmd&ny car, autrefois, les jjésuites' ont importé les dindons en France, et maintenant les dindoiis demandent le rappel des jésuites."

Voici un petit billet doux écrit tout récemment, et qui rappelle ce qui s'est dit de plus naïf et. de plus piquant au tems où Mlle. Arnould était à l'opéra. Une des personnes qui s'interresse le plus, et par les devoirs de sa place, et par sa sensibilité naturelle, aux très jeunes figurantes, voyant dans la coulisse de l'opéra un de ces enmns, les yeux tout rouges et Pair abattu, lui demanda la cause de ses peines : "je von» rapprendrai demam,^ réponditelle ; et le lendemain, elle lui écrivit le billet suivant :

" ViAk» me demandiez hiet\ monsieur, ce que f avais pour être triste: c'e^t que je désirais que vous me mettiez dans mes meubles et ma mère avec"

Dans quelques maisons de Jésuites, on trouve des salles d'escrime. Un bon chrétien, scandalisé justement, disait à un de ces pères : " comment accordez- vous l'escrime avec l'esprit de l'évangile ? le texte est précis. Quiconque se servira de l'épée périra par l'épée." Oui, reprit le père ; " mais le texte ne parle pas du fleuret P* Pends-toi, Escobar.

On remarque que depuis l'établissement des congrégations en France, on ne jette plus de dindons au peuple dans les fêtes publiques.

Un des acteurs de la troupe de Bruges s'avisa de dire sur la scène : " il faut savoir réparer les torts qu'on as eus." On lui cria du parterre : *^ qu'on a eus." Je suis fort étonné, répondit le comédien, que ce soit en Belgique qu'on veuille m'apprendre le français; je sais ma langue: les torts sont au pluriel. " On pense bien que ce plaisant discours excita d'abord les éclats de rire ; mais après avoir ri, le public se fâcha, et le malheureux comédien fut forcé le lendemain de faire des excuses. Messieurs, dit-il, je suis maintenant convaincu qu*il faut savoir réparer les

torts qyCon a eus Si ce comédien là manquait d'instruction,

certes, il ne manquait pas d'esprit.

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Lorsque 8idi- Mahmoud prit congé d'une des excellences qui, en France, président aux beaux arts, il crut devoir faire Téloge de tous les objets qu'il avait vus dans nos musées et nos établissements publics. " Si, parmi ces objets, il en était quelquesuns dont la possession put vous plaire, dit le ministre à l'envoyé de Tunis, je serais heureux de pouvoir vous les Êiire obtenir. — £h bien ! repi:it Sidi-Mahmoud, si votre Excellence veut me faire donner Mademoiselle Brocard,* je l'emporterai."

M. Reynouard, l'académicien, en rentrant chez lui, trouve le nom de M. De Montmorency, candidat du fauteuil vacant, sur le calepin de son secrétaire. **M. De Montmorency, s'écrie-t-il, et qu'a-t-il écrit? — il a écrit son nom," répond le secrétaire.

Dans une auberge de Windsor se trouve le portrait de VAchiUe des généraux anglais. La physionomie burlesque que le peintre a, fort innocemment sans-^loute, donnée à ce héros, a inspiré à un voyageur français le quatrain suivant, qu'il s'est permis d'inscrire au bas de la noble image:

D'où vient cet air d'étonnement Sur ce visage où respire la gloire ?

C'est qu'on le peignit justement Le lendemain de sa victoire.

Un étranger demandait s'il était question de rappeller à l'institut M.M. Etienne et ArnauU, les auteurs des Deux Gendres et de Marius, qu'a banni l'ordonnance de 1815 contresignée Vaublanc — non assurément — mais si vous repoussez tous les hommes de mérite, qui donc nommerez-vous ? — Eh bien, répondit un académicien, nous nommerons, comme à l'ordinaire, un membre de moins.

Un homme qui a acquis le droit de parler franchement aux

personnes les plus élevées en dignité, disait à Mr. De P '* que

pouvez-vous répondre au public qui vous reproche les scandales de ... . ? — Moi, répondit l'excellence en simarre, je ne réponds rien, je m'enveloppe du manteau de ma vertu. — Les tenu sont froids, reprit l'interlocuteur ; c'est se vêtir bien légèrement"

Un personnage considérable donnait une fête brillante à laquelle l'élite du Faubourg St. Germain avait été invitée. Un des acteurs du Vaudeville que le public accueille avec le plus de faveur, prenait la liberté de donner, le même soir, un bal plus modeste, mais auquel assistait aussi une nombreuse réunion. Le hazard qui fait tant de choses, a voulu que le comédien demeurât dans le même hôtel que le grand seigneur. Le hazard a fait plus encore ; il a permis que le pensionnaire de la rue de Chartres, eût,

* Mlle Brocard, actrice du théâtre français, sœur de la jolie (>réti^fle de Therpsicore que nous possédons ici.

comme son noble voisin, la fantaisie d'élever une tente devant le vestibule du corps-de-logis qu'il habite dans la maison où sont réunis deux locataires si disparates. Il n'en fallait pas tant pour se tromper de porte, surtout dans la confusion inévitable qu'entraînent deux fêtes données le même jour. C'est aussi ce qui arriva à Mlle y*** du Vaudeville, invitée chez son caramade dont elle ne connaissait la demeure que sur une désignation peu propre à la faire distinguer de l'habitation de son noble voisin. Melle V*** se présente donc chez ce dernier. Un valet-de-chambre galonné sur toutes les coutures ouvre les deux battans du salon, et proclame à haute voix le nom de l'actrice. Etonnement de la part de tous les assistans. Rumeur générale. Mlle V*** s'avance gaiement jusqu'au foyer pour y saluer Mr, Sans-Gêne et sa moitié. Quelle est à elle-même sa surprise, lorsqu'au lieu d'une femme jolie encore,* elle trouve une duègne décrépite et sévère, et à la place de son joyeux camarade, un personnage couvert de plaques et chamarré de rubans. " Qui demandez- vous ici, Mam-

zelle ? — Mr. Tel *. , mille excuses, je vois que je me suis

trompée; je me retire. — Dubois! Mamzelle s'est trompée ; conduisez Mamzelle chez M " L'actrice fait sa révérence,

part, en dissimulant le plus quelle peut un éclat de rire quelle re*tient à peine, et va bien vite chez Mr. Sans-gêne, où le récit de sa méprise excite la gaité de toute la compagnie qui ne se composait que d'artistes et d'auteurs. Un de ces derniers traça, le soir même, un plan de vaudeville où l'anecdote que nous venons de raconter est tnise en scène. On assure que Philippe et Mlle Victorine auront les principaux rôles dans cette pièce.

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