‹ Le Mercure de LondresChapitre 29 sur 125 · A MERCIER · texte numérisé non relu

A MERCIER

il est fidèle à la patrie.

Le français soldat citoyen, Qiû, de la liberté chérie Ne veut être que le soutien :

Autrefois, le chêne civique Eut orné son front radieux.

Et son nom serait glorieux.

Proclamé par la voix publique :

Cbee noue, il est séditieux.

Vive Merder ! serait un crime, il 'honneur est titre illégitime Dans le code des factieux ! ^

La noble France, ils l'ont flétrie Ceux qui, foulant aux pieds nos lois. Ont, d'un père de la patrie Etouffé l'éloquente voix !

En raisonnant l'obéissance Mercier prouve aux ambitieux.

Que l'âme suffit, sans ayeux.

Pour éclairer la conscience :

Mais son nom est séditieux ; Vive Mercier ! serait un crime, L'honnear est titrç illégitime Dans le code des factieux !

Je vois ies enfans de la France,

De son mâle courage épris

Bravant les furets en pi'ésence

A sa vertu donner le prix ;

Mais moi^ qui crùns l'humeur chagrine

De ces empoigneurs discourtois ; '

Je me présente eo tapinois

Et je le fête à la sourdine:

Car son nom est séditieux.

Vive Mercier ! serait un crime^

L'honneur est titre illégitime

Dans le code des factieux !

Ennemi déclaré du despotisme, c'était à Paris, au milieu de touts les espions que renferme la capitale que je traçais ces lignes; qu'on ne s'étonne donc plus de me voir ici soulever le voile qui dérobe encore à quelques yeux l'ineptie de la famille des Bourbons.

F. Châtelain.

dépenses énormes, tous les inconvêniens d'une longue et dangereuse occupation.

Le zèle/ les succès du général Foy devaient Étire prévoir sa réélection : au moment de l'expiration de son premier mandat» il fut effectivement porté de nouveau à la chambre des députés pour la session de 1824 ; et, triomphe assez rare, il obtint le même jour les suffrages de Paris, de Ver\<îns, et de St. Quentin. Rentré dans la carrière par un voix si honorable, il sembla redoubler de talent et d'ardeur, soit dans la brillante défense de l'élection de MT.BenjaminCoHstantfSoiten attaquant Taugmentation de 20,000 hommes que l'on voulait faire au contingent annuel, ou plutôt à Vimpot du sang, expression qui parut être un cri de l'humanité échappé du cœur d'un guerrier citoyen. La ftineste mesure de la Septennalité, la loi sur la retraite imposée à des héros encore plefns de force et brillans de courage, le scandale des Marchés Ouvrard, l'indemnité des émigrés qui sonty disait>il, deu» contre un dans la chambre, et un sur mille dans la natùm, furent pour le général Foy autant d'occasions de signaler son courage et son éloquence ; l'un et l'autre augmentaient chaque jour en lui. Jamais il ne s'éleva si haut que dans la nouvelle session où il devait terminer sa carrière politique, comme un athlète couronné de palmes aux jeux olympiques.

Âpres tant de travaux augmentés par une correspondance considérable, et par toutes les obligations qu'imposaient à un tel homme son caractère, son talent et son influence, le général Foy rentra dans ses foyers. Il était accablé de fatigues et menacé d'une maladie grave ; peut- être même, devait-on regarder sa mort comme déjà commencée, depuis l'atteinte terrible qu'elle avait reçue, au moment de la fameuse discussion sur l'indemnité des émi* grés. Cependant, il put reparaitre à la tribune ; mais, la session Snie, un repos absolu était nécessaire au trop courageux orateur. Mr. Broussais, son ami, et son médecin, lui prescrivait ce remède comme la plus impérieuse des nécessités ; mais il n'obtenait aucun succès. Pour le général Foy, cesser de travailler, c'était mourir. Un voyage dans le midi de la France parut devoir suspendre son activité ; il n'y trouva que de nouvelles fatigues qui avancèrent beaucoup le terme de sa vie.

Au retour des Pyrennées, le général fut surpris et touché du triomphe imprévu que la ville de Bordeaux tout entière lui décerna par un mouvement spontané. Mais ce triomphe, en lui rappellant les honneurs civiques que Strasbourg et Mulhausen lui avaient accordés, en 1821, donnait malheureusement des secousses trop vives à ce cœur sensible et augmentait la funeste vitesse de ses mouvements. Au lieu d'être encore dilaté par la réaction de l'enthousiasme public sur lui, et par la puissance souveraine des grandes idées de patrie, de gloire et de liberté, le cœur du général Foy avait besoin des douceurs de la vie domestique où il se mon-

trait si bon, si simple, ami jfacfle, époux affectueux, père rempli d'indulgence. Ebranlé au contraire par des fatigues au dessus de ses forces, par des épreuves morales, qui l'agitaient tout entier, le grand orateur était frappé d'une maladie incurable au moment de son arrivée à Paris ; debout encore, il mourait d'un anévrisme.

D'intolérables douleurs, qui ont duré pendant plus d'un mois, en redoublant toujours d'intensité, et que ne pouvaient apaiser, ni les soins religieux de ses neveux, ni le dévouement d'une héroïque épouse* qui n'a quitté le lit de son agonie qu'au moment fatal, l'ont enfin conduit au tombeau, après avoir servi d'exercice au plus grand courage qu'un homme ait jamais montré en face des souffrances de la mort toujours présente. " Je sens, disait-il d'une " voix mourante, un pouvoir désorganisateur qui travaille à me ** détruire ; je combats le géant, et je ne peux pas le vaincre."

Quand il vit arriver l'heure suprême, il voulut respirer encore un air pur, et voir, pour la dernière fois, la lumière du ciel. Ses neveux éplorés le portèrent dans un fauteuil placé vis-à-vis d'une fenêtre ouverte ; là, se sentant défaillir, il leur dit : " mes amis, *' mes bons amis, mettez-moi sur un lit ; Dieu fera le reste." Telles furent ses dernières paroles. Deux minutes après, il rendit à l'auteur de toutes choses l'âme pure et grande qu'il en avait reçue.

Le général Foy expira à 1 heure S5 minutes après midi, le 28 Novembre 1825; jour à jamais de funeste mémoire, et que la France ne verra rensdtre chaque année qu'avec d'amers regrets*

Au moment où d'habiles artistes s'occupaient de saisir et de conserver ses traits pour la postérité, la figure du général Foy, que les souffrances avaient altérée, reprit sa douce sérénité, avec quelque chose de tranquille qui n'était encore ni l'immobilité, ni la roideur de la mort. Il avait l'air de dormir, et ressemblait à quelque sage delà Ghrèce dont le tems nous aurait conservé l'image ; mais, si Ton eût levé le drap mortuaire, quel spectacle fait pour inspirer la douleur et le respect ! ! ! Cette bouche éloquente, qui tonnait du haut de la tribune, portait de nombreuses cicatrices ; les mains qui avaient tenu si long-tems son épée victorieuse étaient mutilées ; ses bras, sillonnés parles ba]les,en gardaient l'empreinte profonde ; l'une de ses cuisses était déchirée par un boulet ; il avait eu l'épaule gauche fracassée à la bataille dT)rthez, l'épaule droite traversée par une balle à Waterloo ; sur tout son corps paraissaient, comme des insignes de gloire, les traces du fer ou du feu. Dans cet état, il ne rendait à la mère commune qu'un débris de lui-même, restes chers et sacrés d'un défenseur de la patrie. Mais ses blessures, au lieu.d'être muettes, comme Antoine le dit de celles de César étaient autant de témoins éloquens qui retraçaient une partie de ses exploits.

Au milieu de tant de glorieuses mutilations, l'œil ne découvrait pas la blessure mortelle ; dUe se cachait sous le cœur de la victime

68 LE MERCVRB DE LOKDRES.

dés long-teins fraj^e en secret. Cet^ blessure s'éuit êcanée du général Foy pendant 25 années de guerre; il devait la recevoir sur un autre champ de bataille ; sa viç devait p^tyer la nouvelle palme qu'il était venu conquérir. Au milieu des combats, il gouvernait sans peine son courage et celui des autres ; il était de sang-froid en abordant avec audace les plus grands périls ; mais, s'il portait la même constance dans l'arène politique, il n'y mode** rait qu'avec peine son ardeur et ses transports : les discours de ses adversaires, les mouvements de l'assemblée, le flux et le reflux d'une orageuse délibération, l'attention profonde de l'orateur qui écoute en méditant sa réponse, le silence douloureux et difficile que doit pourtant s'imposer le mandatée fidèle qui entend des audacieux attaquer la liberté jusques dans son sanctuaire ; enfin, les combats et les périls de la tribune aux harangues lui commu* niquaient des émotions vives, impétueuses, irrésistibles : elles renaissaient, elles se succédaient, elles s'enflamundent à chaque instant, et ne donnaient pas de relâche à son esprit et à son corps^ Ce sont elles qui ont fait battre trop souvent un cœur sensible et généreux ; ce sont elles qui l'ont dilaté en &tiguant ses res* sorts par des agitations convulsives : trqp faible pour contenir leur tumulte^ pour réprimer leur violence, pour suffire, par la vitesse de ses mouvements, à la multiplicité de leurs assauts, il s'est arrêté enfin, après s'être tant dç fois élancé de lui-même au devant du coup fatal. La guerre avait respecté les jours du général Foy, la tribune lui a donné la mort.

Tel fut l'homme, le guerrier, le citoyen, l'orateur que la France pleure avec une si parfaite unanimité de regrets. Ses funérailles ont présenté tous les caractères de ces deuils publics que l'antiquité voyait autour du cercueil des Timoléon et des Pélppidas. Tous les rangs, toutes les classes, tous les âges, confondus ensemble par la douleur, ont servi d'escorte aux restes sacrés du défenseur de la patrie; une jeunesse ardente et généreuse a voulu porter elle-même son cercueil j usqu'à sa dernière demeure. Malgré une pluie continuelle les soixante mille personnes qui coosposaienit le cortège marchèrent constamment la tête nue> au milieu d'une double haie de citoyens ; sur les boulevards, dans les diffierens quartiers, les boutiques avaient été fermées ; Paris tout entier donnait des marques de douceur.. Sur la foule immense qui pré* cédait ou suivait le convoi, enviroq quarante mille citoyens res* tèrent en dehors du cimetière, au milieu des ténèbres qui ajoutaient encore à la tristesse de cette lugubre cérémonie. La partie du cortège qui put pénétrer dans l'asyle des morts trouva trente mille personnes groupées autour de la fosse préparée pour le général Foy ; elles attendaient depuis le matin le moment de lui rendre les derniers devoirs.

Au milieu d'un si triste appareil, tout le monde a parn frappé de la présence des trois fils du défunt,- conduits par ses deux ne-

y&ix et par Mr. Cbitmîr Perrier, dont la paternité adoptive a Gommencé par eux. Us étaient rangés autour de la tombe, sur laqueUe cet honorable citoyen a prononcé un discours éloquent et ample, bientôt suivi d'autres tributs payés à la mémoire de Toratear citoyen par M. M. Méehin et Temaux; le premier député de l'Aisne ; le second ancien député de Paris ; et enfin par le général Miollis Tun des vétérans de l'armée.

Mr. BenjûtÊUn Ccmiant, digne appréciateur d'un si beau talent n'a pu pénétrer dans le cimetière, et prononcer le discours éloquent qu'il avait préparé en l'honneur du général Foy. Les mêmes obstacles ont empêché M. M. Sébastiani, Devaux (du cher) et Kératry qui ont tous les trois combattu avec lui pour la cause sacrée, de remplir un pieux devoir sur sa tombe. Je ne dois pas oublier le beau dithyrambe de Mr. Vvemnet qui à laissé une profonde impression dans l'âme de ses auditeurs.

La vie, la mort et les funérailles du général Foy laisseront une trace étemelle dans la postérité, qui ne séparera jamais ou ne rappellera les vertus publiques et privées du guerrier citoyen, la beauté de ses talents, la hauteur de son éloquence, et l'éclat de ses services^ sans penser en même tems à la douleur du peuple français.

P. F. TissoT.

MR. VELLUTI ET Melle BONINL

Melle BONINI.

On nous a adressé en langue Italienne la lettre la plus sotte qui ait peut-être jamais été écrite; cette lettre n'est point signée. On nous y reproche ce que nous avons dit de M^® Bonini dans le II No. de notre journal, page 28.

Nous répondons au valeureux champion de la beauté de M^^^^ Bonini, que nous avons eu beaucoup d'indulgence pour cette dame ; que nous n'avons jamais fait remarquer au public avec quelle mesquinerie et surtout avec quelle robe anti-propre, M^^^^ Bonini nous représentait Palmide dans II Crociato ; et cependant, comme an théâtre tout vit d'illusions, est-il quelque chose de plus difficile à concevoir que de penser que la fîUe du Sultan de Damiette n'ait pas les moyens d'envoyer ses vêtemens à la blanchisseuse quand ils sont sales.

Mr. Velluti.

On est venu deux fois de la part de Mr. Velluti, nous dire : â^abord que nous serions attaqués en justice pour l'article de notre

dit II No Puis, quand on a vu le cas que nous faisions

de cette menace, tant soit peu bête, on nous a demandé platement notre indulgence, et plus platement encore notre protection.

Nous ne répondons à tous les individus qui se sont coalisés

contre nous, parceque nous avons oshb moàtrei la vérité dans tout son jour, que par l'insertion dans notre feuille du compte rendu par the Examiner de la représentation de Teobaldo e holina.

Notre article sur l'opéra si acerbement critiqué par les partisans du signor et de la signora a été inséré en entier le 10 du courant dans le nouveau Figaro journal très spirituel qui se publie à Paris.

F. Châtelain.*

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