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LITTÉRATURE ANGLAISE
Poésies de Mr. Cannino.
Canni$ig is a genius, nlmost an universal one^ an orator, a toit^ a pœt, and a statesman. !Byron.
Mr. Canning est un des hommes les plus étonnans du dix-neuvième siècle ; il réunit dans lui seul les talens qui ne se trouvent que dans plusieurs ; il est à-la-fois poëte, prosateur, satyrique, orateur, et homme-d'état. Il n'y a que Frédéric II. roi de Prusse, qui ait donné avant lui des preuves d'un génie aussi universel.
C'est comme poëte que je me propose maintenant de considérer Mr. Canning. Je parlerai d'abord des pièces qu'il a écrites dans le genre noble ; et, ensuite,''' de celles qu'il a écrites dans le genre satirique. Il parait qu'il montra de bonne-heure son talent pour la poésie ; une de ses plus belles pièces est une. production de sa .jeunesse. Ce fut pendant qu'il était au collège d'Eton, que frappé de voir la terre des arts soumise à des Turcs, il composa ses beaux vers sur " l'Esclavage de la Grèce.**
Mr. Canning se reporte, au temps où les Grecs, animés par le désir de vivre libres, l'amour de la patrie et la passion de la gloire, soutenaient, avec de petites armées, les attaques de plusieurs millions de Persans. Il parle avec tant de chaleur de la bataille de Marathon et de la défense des Termopyles, qu'on voit qu'il sent tout ce qu'il dit.
Thee Freedom cherish'd once wîth fost'ring hand And breath'd undaunted valour through the land ;
* Dans un second article. '
LE MBRCURB OB i.01<iDRBS. 67
Hère the stem spirit of the Spartan soil, The child of poverty, inur'd to toil
Ho w skiird the Greeks ; confess what Persians slain Were strew'd on Marathon's ensanguin'd plain, When heaps on heaps the routed squadron fell, • And with their gaudy myriads peopled hell.
What miliions bold Leonidas withstood, And seal'd the Grecian freedom with his blood ; Witness Thermopylae ! how fierce he stood !
How spoke a hero, and how moved a god !
The rush of nations could alone sustain, While half the ravaged globe was arm'd in vain.
Le poète se représente les merveilles que les Grées enfantèrent dans les arts ; ce passage est encore plus beau que le précédent ; il a le feu, la vie et la grâce des choses qu'il décrit ; il les peint à Toreille par une harmonie imitative.
•On Greeceeach science shone,
Hère the bold statue started from the stone ; Hère, warm with life, the swelling canvass glow'd ; Hère, big with life, the poet's raptures flow'd ; Hère Homer's lip was touch'd with sacred fire. And wanton Sappho tun'd her am'rous lyre ; Hère bold Tyrtœus rous'd th*enervate throng Awak'd to glory by th'inspiring song ; Hère Pindar soar'd a nobler, loflier way.
And brave Alcaeus scorn'd a tyrant's sway ; Hère gorgeous tragedy, with great controul, Touch'd every feeling of th'impassion'd soûl ; While in soft measure tripping to the song, Her comic sister lightly danc'd along.
A ces siècles de gloire, il oppose, en grand peintre, les siècles de malheur.
■Who sees without a groan,
Thy cities mould'ring and thy walls o'erthrown ; Thatwhere once tower'd the stately solemnfane, Now moss-grown ruins strew the ravag'd plain ; And unobserv'd but by the traveller's eye Proud vaulted dômes in fretted fragments lie ; And thy falFn column on the dusty ground.
Pale ivy throws its sluggish arms around.
Thy 8ons(sad change!) in abject bondage sigh ; Unpitied toil, and unlamented die ;
M LB MBReURR 01 LONl»RS5,
Groan at thé labours of thé grilltig oar^ ^
Or the «dark cavems of the mine explore^
The glitt'ring tyranny of Othman's sons,
The pomp of horror whieh «urrounds theûr throoes,
Hasaw'd their servile spirits into fear ;
Spum'd by die foot, they tremble and révère.
On ne peut «'empêcher de fiiire ici quelques reflétions sur les changemens que le temps amène dans la fortune des hommes et des nations. Qui eût dit, à cette époque reculée que les Grecs seraient tout-'à-coup pénétrés de l'esprit généreux de leurs pères, et fouleraient sous leurs pieds vengeurs les tyrans qui les avaient tenus si long-temps dans lefe fers ? qui eût dit que ce jeune poëte qui pleurait sur leur sort, s'élèverait un jour à la place de ministre, et serait appelle à protéger l'indépendance d'une nouvelle république d'Athènes ?
Mr. Canning finit par une comparaison qui a la ponpe et la grandeur de la poésie épique.
So some tall rock, whose bare broad bosom high, Tow'rs from tb'earth, and braves th'inclement sky ; On whose vast top the black'ning déluge pours, At Whose wide base the thund'ring océan roars ; In conscious pride its huge gigantic form Surveys itafiperious, and défies the storm ; Till worn by âge ànd môuld'ring to decay, Th'insidious'waters wash its base away; It falls, and falling cleaves the trembling ground, And spreads a tempest of destruction round.
Parmi les pièces de vers dans le genre noble, il y a deux odes à la louange de Pitt. Quoique nous ne partagions point l'admiration de Mr. Canning pour ce ministre, nous citerons quelques strophes à cause de leur mérite poétique.
La première de ces odes est de 1802 ; elle est connue sous le nom de '' t]^e Pilot that weather'd the storm." Voici selon nous, ce qu'elle o&te de meilleur.
If hush'd the loud whirlwind that ruffled the deep, The sky, if no longer, dark témpests defbrm ;
When our périls are past, shall our gratitude sleep ; No ! here'a to the pilol that weather'd tiie storm !
Whô, when terror and doubt through the mnreiae reign'd, While rapine and treason their standards unfurl'd,
The heart and the hoiies of bis country maîntain'd Andonekingdopapreterv'dttydstlfae wred^of the world.
M|UilCU»E 0E JbONAUBS. flP
La seconde a pour titre '* Elijah's Mantle ;*' le début en est vraiment {ûocbrique :
When^ by th'Almighty's dread commànd Ëlijah, caird from IsraeFs land,
Rose in the sacred flame, Hîs mantle good Ëlisha caught, Ând, with t£e Prophet's spirit fraught,
Her second hope became.
In Pitt our Israël saw combîned
The Patriotes heart — the Prophet's mind,
Elijah's spirit hère ; Now sad reverse ! — the spirit reft, No confidence, no hope is left,
For no Ëlijah's near.
Le dirai-*je? Mr. Canning a depuis, condamné les louanges qu'il avait données à Pitt. Comment, dira-t-on? Je répondrai: En suivant des maximes entièrement opposées à celles de ce ministre. Il n'y a rien là dedans dont Mr. Canning doive rougir; le sage avoue qu'il a pu se tromper ; le fou seul croit n'avoir jamais été dans l'erreur.
Quand on lit de pareils vers, on regrette que celui à qui nous les devons n'ait pas fait {^us d'usage de son talent pour la poésie.
A. GuiLBERT.