LE TRÉSOR DU SÉRAIL
Un journal de Rome donne le détail des trésors immenses que recèle le sérail de Constantinople. Il est d'usage en Turquie, dit cette feuille, que chaque sultan doit faire des économies et les déposer dans une pièce du palais appellée chambre du trésor. Plus ces économies sont considérables, plus le régne est regardé comme prospère. D'après un calcul approximatif, elles ont été de douze millions environ pendant la vie de chaque sultan.
Tous les ans le chef des eunuques fait l'inventaire des bourses^ déposées dans la chamb]% du trésor, et les renferme dans une caisse ; alors le sultan, accompagné dts {premiers oJBSciers de la couronne, se rend en grande cérémoi^é dans ce lieu, et met son sceau sur la châsse. Après sa mort k chambre est fermée et les scellés y sont apposés avec les armes dû grand visir et de plusieurs dignitaires de l'empir^i et on écrit sur la porte : C'est id le trésor du sultan iV. • . • . .
Ces trésors sont regardés comme sacrés, et il n'est permis d'y
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* Chaque bourse est de 720 francs.
toucher que dans les dernières extrémités ; plutôt que d'en faire usage, les sultans préfèrent accabler leurs sujets d'impôts.
' L'on compte 41 sultans qui ont régné depuis Mahomet II, après la ruine de Fempire grec en 1453, et on croit que les trésors amassés dans les 41 chambres se montant à 5 ou 600 millions de francs ; il faut ajouter à cela les présens faits depuis trois siècles et demi à tous les sultans, tant en pierres précieuses qu'en autres objets rares, et la valeur de tous les biens confisqués aux particuliers et aux pachas ; aussi parait-il fort difficile de calculer la valeur des trésors enfouis dans le sérail, et qui n'ont jamais été mis en circulation.
Extraitdu Diario di Roma, — F.C.