LE BARONET C
Le Baronet C . . . . , membre du parlement, revenait de sa campagne, dans une voiture à quatre chevaux conduite par deux jokeys et suivie de deux laquais à cheval. Il traversait un petit bois toufiu, quand un homme d'assez mauvaise mine, armé d'un fusil à deux coups, parait subitement en criant aux jokeys d^arrêter. A cette brusque invitation, les deux enfans font halte, et les laquais épouvantés s'enfuient au grand galop.
L'homme au fusil s'approche de la voiture en saluant milord avec un profond respect, mais en dirigeant vers sa seigneurie le double tube de son arme ; milord était sans défense ; nul moyen d'échapper.
** Je demande pardon à votre honneur m je me permeto d'aniter sa marehe, maïs le besoin le plus.pre8s«nt«««*4»*'-<^Aelwvfes,
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monsieur ; les lâches m'ont abandonné» je suis à rotre merci.^-* Dieu me garde de vouloir faire aucun mal à votre Excellence ; je fais un commerce honnête. • • • • • — Oh! très honnête, assurément. — Je suis armurier, et ayant grand besoin d'argent, je vendrai ce fusil à son honneur, si son honneur veut bien Tacheter."
En disant ces mots, le commerçant armait les deux batteries, et présentait le fusil autrement que par la crosse.
" Finissons ! s'écria le Baronet ; combien vous faut-il ?. • • • — Milord, ce fusil n'est pas bon marché, mais il est excellent — Enfin ! — Il me faut 400 guinées — Je n'en ai que cent dans ma voiture. — Un petit bon sur le banquier de milord me suffira de reste.— Comment écrire ? — ^Voici du papier, une plume et de l'encre. — Monsieur est homme de précaution. — Je ne voyage jamais sur les grandes routes sans en prendre beaucoup. — Je m'en doute."
Le billet fait, les 100 guinées payées comptant, le commerçant remet le fusil à milord, et, le saluant jusqu'à terre, lui souhaite un bon et heureux voyi^^e. Notre homme se retirait avec confiance, lorsqu'une idée très heureuse vint à milord : " J'ai l'arme de ce voleur ; je puis faire ce qu'il m'a fait, et le forcer à me rendre mon argent. Le Baronet visite les bassinets, ils sont en bon état ; il met la tète à la portière, arme le fusil, couche enjoué le prétendu armurier et lui crie :
" Malheureux ! si tu fais un pas de plus, tu es mort ; rends-moi mon or et va te feire pendre ou fcu voudras."
L*homrae interdit se retourne, s'arrête et dit. " Milord, le marché est consommé, la marchandise est livrée, l'argent reçu ; votre seigneurie a trop d'honneur pour me forcer ; j'avoue que le fusil est un peu cher, mais je le considère comme excellent, et votre Grâce était libre de le refuser.
"Scélérat, c'en est trop; mets l'argent sur la place, ou je tire ..
— Tirez milord — ah ! ah ! ah ! le fusil n'est pas chargé.**
En disant ces mots, le voleur s'éloigne dans l'épaisseur du bois, et le baronet reste interdit et confus.
Le lendemain le drôle efironté se présente chez le banquier de Londres pour toucher le montant du bon ; la police avertie fait
arrêter le coupable, et il passe aux assises Le jury déclare
à l'unanimité qu'il n'existe pas de loi dans le code . criminel qui défende de vendre des armes sur le grand chemin. Le voleur est absous, et milord est condamné à payer les 300 guinées restant dues. X.