ROME
Théâtre d' Apollon.
Un opéra séria, intitulé : Annibal en Bithynîe, a été représenté sans-succès à ce théâtre. La musique était de Niccolini. Un journal de Rome, le tèotizie attribue la chute de cette pièce, non seulement à la iri^'ialité de l'harmonie, mais aussi à la mauvaise composition de la troupe qui exploite en ce, moment les théâtres de la capitale du monde chrétien. L. C.
DIORAMA. * Vue de Rouen,
Les environs de cette ville jouissent depuis long-tems d'une • célébrité méritée. De vertes prairies, des monuments pittoresques du moyen âge, l'aisance que répandent l'industrie et le commerce, donnent à la Normandie, et, en particulier, aux approches de la ville de Rouen, un charme et une fraîcheur qui séduisent. Mr. Bouton a pris son point de vue de manière à présenter cette ville sous l'aspect le plus pittoresque ; il y a ajouté de ces effets variés que les auteurs du Diorama obtiennent par des moyens mécaniques très ingénieux. Ainsi, les nuages amoncelés à l'horizon, et qui, déjà, s'étendent jusques sur la ville, s'écartent de tems à autre, pour laisser passer des rayons du soleil, qui viennent éclairer quelques parties du tableau, ou projeter leur reflet argenté sur la Seine, dont la couleur varie selon l'état du ciel. Ce tableau plein de vérité et d'intérêt n'atteint cependant pas au degré de perfection et de l'abaye de Roslyn et de la chapelle d'Holyrood. Quelques parties ont un peu de crudité de ton ; il me semble difficile aussi que l'arc-en-ciel puisse être visible dans la position oii se trouve le spectateur par rapport au soleil et aux nuages ; mais cette observation, H elle est fondée, ne sera certainement faite que par un petit nombre de spectateurs ; les autres n'y verront qu'une variété et une richesse d'efiet qui ajoutent à l'intérêt général des lieux. Mr. Bouton sera donc facilement absous.
Au résumé nous conseillons aux auteurs du Diorama de ne nous feire voir que très rarement des villes entières telles que Rouen ; un semblable tableau glisse sur l'imagination, sans laisser des traces de son passage, tandis qu'il est impossible d'oublier l'effet produit et par la belle église de Canterbury et par celle de Roslyn et surtout par cette scène de nuit que nous admirâmes l'an passé dans la Chapelle d'Holyrood. [L^ Observateur Impartial.
* Voir le 1er No. de notre Journal.
De rimprimerle de C. Rioham», 109, St. Marttn^ Lane, Charlng àron.
LE
MEROUHë de LONDRES
PAR
Mr. F. CHATELAIN.
1ère année — No. 7me.^-Samedi 8 Avril 1826.
POESIE
AD GROSPHUM.
Horace, Ode, xm. lit. ii.
Qaand sur la mer Egée un menaçant nuage, Dérobe l'horizon aux yeux des matelots
Surpris tout-â-coup par Forage,.
Ils demandent aux dieux la paix et le repos*
Le repos est le vœu du trace redoutable,
Le vœu du Mède althier paré de son carquois ;
Mais à ce repos désirable Les trésors, ô Grosphus, ne donnentpoînt de droits. •
La pourpre, les faisceaux, les honneurs consulaires N'écartent point du cœur, le trouble et les ennuis ;
Les inquiétudes amères Habitent les palais, planent sous les lambris.
Heureux, qui chérissant la pauvreté du sage, Dans sa cabane obscure use des simj^es fruits
Que procuré son héritage.
L'envie et la terreur ne troublent point ses nuits.
Pourquoi, chaque matin, près de l'heure suprême» D'inutiles projets &tiguer son réveil ?
Peut-on échapper à soi-même En quittant son pays pour un autre soleil ?
PlusTÎte que le cerf, ou que TEurus rapide, Qui chasse devant lui la neige et les Autans,
Du vice le trait homicide, Nous poursuit sur les mers, nous atteint dans les camps.
Ijl,i^ n'est pur ici-bas : à la gaite présente* Gardons-nous.de mêler les soins du lendfsmaiq,
Si la tristesse nous tourmente, Par les distractions, tempérons le chagrin.
Jeune, Achille est fameux «t la mort le moissonne, Le, froid et vieux Titon traîne dans les douleurs
Les jours que Jupiter lui donne :
Le destin te repousse, il m'ofire ses faveurs.
Tes cavales d'Enna bondissent dans la plaine. Et de tes cent troupeaux, on prise la valeur ;
Deux fois, de la pourpre Africaine, Tes vêtements ont pris l'éclatante couleur ?
Le sort m'est plus modeste et non moins favorable; Il m'a donné des Grecs le mode gracieux, ^ Et la force d'esprit capable De vouer au mépris mes censeurs envieux.
F. Châtelain.
ACADÉMIE FRANÇAISE
Le Duc DE Lévis.
Quoique la f^paille de cet académicien soit une des plus anciennes de la monarchie, il est difficile de reconnaître de bonne foi l'antiquité presquQ^Êtbuleuse, qu'on a voulu lui attribuer. On la fait descendre de la tribu de Lévi, et l'on prétend même que dans le château du Duc de Léyis^ il existe un tableau qui représente la vierge Marie dis^t à un individu de la famille de Lévis, qui est devant elle la tête nue : mon cousin, couvrex-voutr:*' à quoi celuici répond : **jma cousine, c'est pour ma cotnmodité,**
Sans discuter une généalogie aussi respectable, nous nous contenterons de 4ire que Mr. le duc d|e Lévis. est fils du mm^échal de ce nom, et qujs ixialgrê sa nobles^j^ ou vraie ou apocryphe, il se déclara dès sa jeunesse partisan de la révolution.
Les étud€i9jittérairesde Mr.de Lévis n'ont pas ê^ infructueuses, il a publié lors de son séjour, en Angleterre, une Oratsanfimèhre de XoiMs XYI^ fit de la reme Marifi Antov^eU^ mm J'ouvrage qui lui &it le plus d'honneur est ua petit livre intitulé ; «moeamv et portraits, L^ lecture de cet oyvrage e;3t infiniment piquante à cause des rens^îgoements. .curieux qu'il contient sur le i^ègne de
LE mercuii:b ])E*t.oNDiR:Bs. dd
Louis XTV, et celui de son successeqr ; détails que Fauteur a dû à ses anciennes liaisons avec le vieux maréchal de Richelieu, qui avait tant vécu sous trois règnes, et qui, mieux que tout autre, pouvait fournir un inépuisable recueil d'anecdotes.
Nous avons encore de cet académicien, ses Maximes et réflexions sur différents sujets, les voyages de Kanghi ou nouvelles lettres Chinoises, la suite des quatre Fracardins et de Zéneide, une notice sur Sénac de MeUkan, V Angleterre an commencement du 'Vèème siècle et des considérations morales sur les finances.
Le 29 novembre 1817, lors de l'agrégation à l'académie de M. M. Laya et Roger, ce fut monsieur le Duc de Lévis, en qualité de directeur, qui fut chargé dé les complimenter ; le caractère du premier offrait à l'orateur les plus heureux développements : Aussi son discours produisit-il la plus vive sensation ; plusieurs fois il fut interrompu par les applaudissements unanimes de l'assemblée, et Mr. Lalii-Tollendal dit en sortant ; ** Mr. de Lévis a fait obtenir un bien honorable triomphe à Mr, Laya.
Venait ensuite le tour de Mr. Roger ; le rôle du panégyriste devenait un peu difficile. Mr. JRoger se présentait avec modestie ou plutôt avec la plus juste confusion ; il n'avait à produire en sa &veur que sa comédie de Vavocat, et certes cet avocat était bien Êiible pour plaider une pareille cause et justifier le triomphe de sa partie.
Aussi l'honorable président eut-il peu de titres à débrouiller, peu de pages à parcourir pour dérouler toute la vie académique du récipiendaire. Son éloquence dut se ressentir de la sécheresse du sujet. Il glissa légèrement et avec adresse sur le mérite du suppliant ; congratula ce nouveau Vulcain de la littérature sur son avocat, et sur ses autres écrits qu'il ne cita pas, peut-être faute de les connaître, et s'étendit longuement sur le mérite, les vertus et les talents du défunt Suard, à peu près comme Pindare se rejetait sur les louanges de Castor et de Pollux, lorsqu'il n'avait rien à dire de son héros.
Le Franc-parleur.