‹ Le Mercure de LondresChapitre 71 sur 125 · DU ROMAN · texte numérisé non relu

DU ROMAN

Le genre du roman fut pea connu des anciens ; du moîiis ^ ne l'envisagèrent pas sous le même point de vue que les nodenes. Aussi ne donnerons nous pas ce nom aux récits merveiUeuac et dia^s d'incîdens, .d'Antoine Diogène, de Jamblique, d'Ackîllès Tatius, et de cet Héliodore qui se délassait des soins de l'épisco^ pat, en traçant le tableau des amours de Théagène et de Cha^ rtclée.

Il y a de la grâce, du charme, de l'intérêt même dans les oti^ vrages des auteurs que nous venons de citer ; mais les écrÎTains anciens, si supérieurs dans d'autres parties, ne possédaient pas au même degré que les modernes, l'art d'analyser et de peindre les sentimens du cœur humain.

Chez eux point d'intérieur, par conséquent point de tableaux de famille. Leur existence large, si nous pouvons nous servir de ce terme, et tout occupée de grands intérêts, se prêtait difficilement à des spéculations purement contemplatives. Les débats de la place publique, les exercices du gyninase, les discussions du Portique ou de l'Académie, absorbaient à Athènes tous les instans des citoyens ; et les Romains ne se délassaient des travaux de la guerre qu'au milieu des scènes orageuses du forum.

Quant aux £emmes, uniquement, chargées des soins domestiques, et dépourvues de talens, elles étaient devant leur père et leur époux, comme des esclaves en présence d'un nmtr^: elles ne pouvaient ainsi inspirer ni ressentir Tamour td qu'il eixiate dans aos^ mioeurei» et tel que nm roioans h d#peigQ«n/^ L'amour moderne, avec ses charmes, ses mystkes, ses tourmens et ces remords, était inconnu aux aneiens. Adorateurs du beau, ils cherchaient seulement, dans une femme, les fi>rmes dont Praxitèle avait revêtu sa Vénus. Vâmé n'était rien pour eux.

1^4 Xfi MSRCVRB DU XOKDRES.

C'est la religion chrédemie qui a fiiit de Famour, comme le définit si bien M. de Jouy: "«» concert de Vâme, de T esprit, du cœwr et des sens qui exalte jusqu* au délire toutes- les facultés hu^ maines" C'est encore la religion chrétienne qui a porté son flambeau dans tous les replis de notre cœur, et nous a révélé tous les mystères de notre destinée.

Ainsi, les nations modernes ont pu seules enfanter de bons romans; car ce genre, offrant essentiellement le tableau de nos relations intérieures, a dû, comme la comédie, suivre les progrès de la civilisation. L'Espagne, au tems de sa plus haute prospérité, a produit Cervantes ; mais Tinimitable Don Quichotte est plutôt une satire qu'un roman. D'ailleurs Cervantes n'a pas eu, ilans sa nation, de rivaux ni de successeurs.

Le despotisme et l'inquisition, en comprimant la civilisation espagnole dans son essor, ont réduit ce peuple à se contenter d'un merveilleux fictif. Des romans de chevalerie ont remplacé chez lui le roman de mœurs. En effet, comment la littérature pourrait elle reproduire la vie intérieure d'hommes réduits à redouter des entions dans tout ce qui les entoure?

L'Italie n'est pas même aussi riche que l'Espagne; elle ne s'honore point d im Cervantes. Le manque de nationalité y a nui à la comédie comme au roman. Les dernières lettres de Jacob Ortis sont le seul ouvrage de ce genre que puissent citer les italiens; et convenons en, le célèbre Foscolo,'*' auteur de ces lettres, n'a adopté un cadre romanesque que pour faire passer des vérités hardies, que pour pouvoir dire des autrichiens et des français ;

Les premiers nous séduisent avec le fanatisme de la religion, LES autres par l'eNTHOUSIASME de la LIBERTé.f

F, Châtelain.

L'article que l'on vient de lire a été inséré le 31 mars dernier dans le 839 No. de l'indépendant journal qui se publie à Lyon,

Ce journal qui a pris pour devise : *' Le vrai sage a le caractère indépendant'* parait trois fois par semaine. La manière dont il est rédigé lui promet de nombreux souscripteurs.

On s'abonne à l'Indépendant au bureau de notre journal.

* Ugo Foscolo est un des plus beaux caractères de nos tems modernes. Persécuté sous l'empire, il a été banni en 1815 par le gouvernement autrichien. Il rit aujourd'hui à Londres dans un état roisin de la misère. Les muses, la gloire et l'estime de tous les cœurs généreux adoucissent pour lui les rigueurs de l'exil.

t Du moins cet euthouskime de la liberté, quoique 4éça dans ses espé^ rancesy «levait Time à de nobles pensées et en&ntait de grande actions, taudisque le fanatisme^ k^fier jpolHique de Tautriche , « , . • . . . .

LB MBRCURB DB LONI>RBS. 125

TO DELIA,

On tahmg a Rosefr^m her bo»om»

On Delia's white bosom of snow, Lay a flow*r of roseate hue ; Which, cheer'd by thé génial glow, Expanded its beau lies to view.

I ask'd her to give me the flowV, Â glance from her eye spoke complyîng ;

Though conscîous I wanted the pow'r, To keep its bright lustre from dying.

But such are the sweets it has drawn

From the breast which has cherish*d its growing,

It freshens each evening and mom, With ùagrançe still blooming, jstill blowing !

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