LE VOLEUR
L'angleterre est un pays où les voleurs poussent très loin l'adresse et l'audace ; mais ils y mettent plus de formes, plus de politesse que partout ailleurs : ils vous demandent votre bourse en vous faisant un grand salut, et ne prennent -votre montre qu'après vous avoir fait leurs excuses de la liberté grande. Dans 1 aventure suivante arrivée au mois d'octobre 1825, !e Toleur ne nous semble pas avoir montré ce sang froid, cette habitude réfléchie qui distinguent ceux qui se livrent à ce commerce innocent dans toute l'étendue des trois royaumes.
Un gentleman traversait un bois qui côtoyait' une route ; sédak par la beauté du paysage, la fraicheur des gazons, il ne résiste point au désir de s'y reposer un moment; mais, étendu sur Fherbe, au lieu 4e contempler les bocages, la verdure, et d'écouter le doux chant des oiseaux, le gendeman, qui probablement n'avait point la tête romantique ferme les yeux et s'endort profendément.
A son réveil H voit devant lui un monsieur dont la tournure n'était nullement £»hionnable, et qui tient un pistolet dont il lui présente le eanon. Ce réveil ne dut point être fort agréable axx gentleman ; néannioiiiB, peu effrayé de cette rencontre, et se sou*mettant de bonne grâce à son sort, ** Que voulez-vous ? deiiiaade-<t^il au voleur. — Votre bourse» ifyo» pkate.*' Le gentie* man tire sa bourse et la donoe à -ce monsieur si poli. Mais le voyant rester là, "que voulez- vous encore ? lui dit-il. — Votre montre, iffou phiue" Le gentleman tire sa montre et la met dans Ha main •en monsieur qui la prend en ûdsant un profond salut, nuds «ans «'éloigner. " Que désire -donc encore .monsieur? — Votre «loucfaoir, tf you pleage. — Comment donc, mais avec beaucoup de ^isir." Aussitôt, il tire son JEnouohoir de sa poch^ le donne au voleur 4|ui le met dans la. sienne et s'éliNgne enfin.
Le gentleman «se lève aLoirs, et tout en «oaudissant l'envie de dormir à la quelle il a cédé, il se dispose à quitter le bois ; oaîs il n'a pas fait dix pas que le voleur reparait devant lui, et l'arrête «tec le fistokt.à la main, tei^ouvâ avec beaucoup de politesse.
" Aurais-ge encore quelque chose qui 'vous êàt agréable, lui dit ie gentleman ? — oui, milord, j'ai néâêdii que votre ^abk était fcœiieoup moîas usé que le tnien, je wxm d'avis, que noua en idKUigeamoM» tf-ycm plemu. — <Cela i^e paisait aussi fort juste, fit je ferai «tout ee qui vous sera, agréable."
AuMdt&tilei^Btlemasoteson habit, le voleuren&itautant; cb»* •mm eevét l'habit 'de l'autK, «t, cet Change ^noàtaét le volew dâipaMÙty'etlefMfvieTQléBesemeten^mÎB. . .
Arriéré sw la grande coûter le geallenuuL regarde aoaf na^veau tseetume» et pense- ^u'oa poitmik bien le prendre maintenant pour ufi voïenr. Comment fera<4-il poinr se procurer un awtfs eoe* tiinie ? Tout en Élisant ces réfiexîons, il met madiinalement ms mains dans ses poches.*»*.,qu'y tronve^t-tl ? sa bourse^ son mouchoir et de plus, un rouleau de 50 guinées
' En changeant d'habit, le voleur avait oublié de fouiller dans le sien/ et par le issàt ce fut lui qui se trouva volé. D. R. V.