‹ Le Mercure de LondresChapitre 78 sur 125 · NOUVELLE · texte numérisé non relu

NOUVELLE

Remarquable pair la beauté de ses traits et l'élégance de sa taille, Laure faisait l'admiration de tous ceux qui la voyaient ; Laure, aimée de tout le monde, n'était pas parvenue à l'âge de dix*-huit ans sans aimer : Adolphe s'était nlontré à ses yeux paré de la fraîcheur et des grâces du jeune âge, et il avait su lui plaire ; tous deux s'étaient parlé de leur amour ; mais Adolphe avait en vain pressé sa jeune amie de jurer de n'épouser que lui. — "Je vous aimerai toujours," lui disait-elle sans cesse, " je le sens ; je vous le jure ; mais je ne puis faire le serment de n'avoir que vous pour époux : il ne dépend pas de moi de ne vous plus aimer ; mes parens seuls peuvent décider si je serai votre compagne." Un jour le père de Laure lui dit: "jai fait choix d'un époux qui vous* convient ; dans huit jours vous serez mariée à Dorlange." — " Dans huit jours, mon père, et à Dorlange!" — "Je le veux, ma fille." Laure ne répliqua point ; elle connaissait son père. Vainement son jeune ami la pressait de le prier de changer de résolution ; " à quoi cela servirait-il ?" lui répondait-elle ; il connaît mon amour pour vous, et il veut que j'épouse Dorlange." Huit jours se passèrent, et le mariage eut lieu ; la gaîté des convives, la musique, la danse, tout contrastait avec la tristesse de la jeune mariée ; mais tout cela aussi la faisait oublier. Le soir, au moment où tout le monde s'enivrait de plaisir, Laure ouvrit la fenêtre de sa chambre, oii elle s'était renfermée, aperçut Adolphe qui essuyait ses larmes pour pouvoir la regarder. — " J'^i obéi à mon père," lui cria-t-elle, "j'ai rempli mon devoir ; maîtresse de moi, je vais te prouver mon amour . . . • '* On venait de danser .... on apprit son sort en heurtant son cadavre.

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