ACTE I
Le théâtre reprtsenèe un site spacieux et pittoresque, au tord de la mer : dun coté, des collines verdoyantes et quelques rocs escarpés; de Vautre, Ventrée d'une fonrét; au fond de la scène, îa mer, dont les flots commencent à s*agiter.
L^ hidïsat; se xÈns. A mes yeux se pré s entent des launes des syl vains, des dryades et des nymphes. Que font-ils ? ikofi&ent un sacrifice au dieu des forêts sur un autel rustique qû'iliseiitonrenft. Ijr cérémonie achevée, ils exécutent une 'bacchanale bientôt interrompue par le bruit lointain du tonnère. ToUt-à-Coup le ciel
* Voir noCfe Naméfo de Samedi «deniier cage 137.
s'obscurcit ; desnuages s'ammonceUent ; les vents souvent, «f9e&t« combattent les airs ; les ténèbres s'épaisirsent ; Tonde furieuse étume et se brise en frémissant contre les rochers; de fauves éclairs ajoutent à l'horreur de la nuit; le tonnère ébranle les cieux et porte i'efiiroi dans tous les cœurs •«..•• tout fuit épouvanté ; les flots soulevés s'entassent et forment une épaisse colonne d'é-^
cutne ; la foudre éclatte et la disperse ô prodige ! de
celte colonne d'écume sort une conque légère que vois-je !
une femme c'est Vénus. Neptune armé de son
redoutable trident soulève sa tête au dessus des flots, le calme renaît, à la tempête succède un ciel pur et sans nuages.
" Je te salue aimable Aurore " Devance le père du jour, " Avec ses premiers feux, mes plaisirs vont écïore " Hâte rinstant de leur retour.
" Ta clarté brillante et vermeille " Déjà fait palpiter mon cœur " Tout irit aux premiers feux du jour qui se réveille, ** Tout semble renaître au bonheur.
" Je te salue aimable aurore, " Devance le père du jour, ** Avec ses premiers feux, mes plaisirs vont éclore ** Hâte l'instant de leur retour ! "
Tandis que l'Aurore entr'ouvra,nt de ses doigts de roses les portes de l'orient, m'inspire involontairement oe chant d'allégresse; tandisque j'apperçois le blond Phœbus guider de ses mains habiles les coursiers fougueux du char du soleil ; tandis que j'admire le brillant cortège des muses ; Vénus d'abord mollement couchée sur sa conque i^it un léger mouvement qui me découvre son fils. La déesse d'autant plus belle, qu'elle ignore encore ce que c'est que la beauté, semble se dérober des bras du sommeil, elle se lève, reste debout sur sa conque, et à la vue de tout ce qui l'entoure exprime un étonnement vague ; les nymphes, les dryades, les sylvains, les faunes sont prosternés devant elle ; hélas !« • ^ . • .la pudeur, jalouse, lui dérobe un charme indéfinissable, • . «en r.oi»aiit de son voile.
Vénus a touché le rivage, les heures arrivant en cercle et se tenant par sa main voUi^ent d'un fMs égal autour d'elle. Vénus est conduite à une trône de <u)quillages, tandis que l'amour timide se tient dans les plis du léger vêtement de sa mère.
Les -Heures reçoivent l'amour et le conduisent en lisière en lui formant des liens avec des rubans. Le petit dieu, faible à la pre? mière heure, acquiert bientôt des forces, à peine arrivé à la dou-
zième Heure il a rompu tous ses liens et s'est sauvé en riant dans les bras de sa mère.
Cependant Zéphir, Flore, Tithon, et V Aurore suivis de Sylphes et de Sylphides sont accourus pour contempler la déesse. Zéphir approche d'elle un lys qu'il tient à la main, Flore des boutons de roses dont le calice est à peine entr'ouvert. tous deux étonnés de voir se ternir l'éclat de ces brillantes fleurs en les comparant au visage de la Déesse, les rejettent loin d'eux et rendent hommage à Vénus.
L'Amour a vu les ailes des sylphes, il les examine avec curiosité, et va solliciter sa mère de lui accorder une semblable Êureur. Zéphir à qui l'action de l'amour n'a point échappée, lui fait présent d'une partie de ses propres ailes. L'amour enchanté essaye déjà de s'en servir, ses premiers efforts sont impuissants, enfin il s'élève dans les airs au grand étohnement de la déesse qui connait déjà
la douleur car elle craint de perdre son fils • • • . . . l'Amour
alarmé vient se jetter précipitamment dans les bras de sa mère et en reçoit les plus tendres caresses pour prix de sa soumission.
Mais déjà les Heures s'avancent, Vénus à leur sollicitation prend place dans un char qui lui est destiné, l'Amour se place sur le devant et conduit les colombes qui y sont attachées.
Zéphir, Flore, Tithon et l'Aurore, précèdent le cortège de la Déesse où se rend ce cortège ?.••••• pour le savoir, attendons le second acte.