ROUTS
Rowtf signifie muHUude, foule, cohMe. Il faut avouer que le» rassemblements de la bonne compagnie à Londres, sont bien nommés. Voici la manière de faire un nmt. Lady A, ou lady B, ou toute autre lettre capitale dans f alphabet du bon ton, choisit long-tems d'avance un jour où il n'y aura pas d'autre rout. Elle envoie des cartes pour annoncer que tel jour elle voit compagnie. Ces cartes sont envoyées à quelques centaines de personnes, non parceque ce sont ses parents, ses amis, ses connaissances, mais parcequ'elle les a vus, ou parceque leur présence donnera de l'éclat au rout.
Avant onze heures du soir, ce qui s'appelle le moment de la haute marée, la maison est remplie d'une nombreuse compagnie des deux sexes et de tous les rangs. On met des tables à jeu dans toutes les pièces de la maison, et en aussi grand nombre que ehaque {Nèce peut en contenir, en laissant seulement assez d'espaee entre les tables pour que les joueurs puissent passer et s'asseoir. Le çafe, le thé, la limonade circident dans les apparte^ mens.
La confusion est la véritable essence d'un rout. Une dame qiû donne de cep assemblées, ne consulte pas les capacités de sa œaisen, mus la liste des gens du bon ton. Elle invite toujours beaucoup plus de personnes que le lieu ne peut en contenir, et elle joidt des inconvénients de la fatigue et de la' chaleur avec autant de pkisir qu'un acteur entend les cris et le bruit d'une feule pressée de sectateurs, qui assiste à une représentation pour ■OB bénéfice. Les méprises des domestiques, la perte de quel- ^'actick de toilette^ lea dédiinives» ces exclamatûoi» répétéca:
Ben Dieu! comme il fait chaud! je suis prête à me trouver mal! (Bless me ! De AR me ! O la ! &c. &c.) donnent la plus grande satisfaction à la maîtresse de la maison. Il ne manque rien à son bonheur, si elle apprend qu'il y a eu du tumulte dans la rue, que les domestiques de quelques pairs se sont battus, que des voitures ont été brisées, ou que des personnes de la compagnie ont été volées à la porte.
Des tables de pharaon sont indispensables dans un roui. Elles sont fournies ainsi que les autres instrumens du jeu, par des compagnies qui se font un honnête revenue en les prêtant ainsi pour une soirée. ^
Dans un routy il n'est pas nécessaire de faire attention à la maîtresse de la maison, soit en entrant, soit en sortant. Il n*y a ni gêne, in cérémonie. On s'y tient presque toujour» forcement debout pêle-mêle, baillant en silence, ou parlant à ses connaisances si on peut les reconnaitre ou les aborder. On ne rencontre jamais dans ces assemblées, ce qu'on entend partout ailleurs, par l'intérêt de la société ; le jeu est le seul plaisir qu'on y trouve ; des pertes considérables donnent de l'éclat à un roui^ et si un jeune héritier peut y être ruiné, le crédit de la maison est à jamais établi. Quelquefois on danse dans les routs^ et le bal est suivi d'un grand souper, mais il manque toujours ce qui fait le charme de la danse. . • .la gaité.
Voici ce que c'est qu'un rout ; à l'honneur des Anglais il &ut convenir qu'ils deviennent de plus en plus rares.
L'OBSE&VATBUR.