‹ Le Mercure de LondresChapitre 94 sur 125 · L'ORPHELIN · texte numérisé non relu

L'ORPHELIN

<* C'était pendant une nuit du mois de décembre ; la neige couvrait la terre ; le vent du nord soufflait avec violence et faisait entendre un sifflement prolongé en passant entre les branches des saules qui ombrageaient les tombeaux du cimetière de Passey. Georges, le garde du champ de repos, terminait sa ronde de nuit, accompagné de son fidèle Dragon ; la lune en ce moment réfléchissait sa pâle lumière sur la partie du terrein oii se trouvait située la fosse commune. Le garde croit apercevoir l'ombre d'un corps qui se meut ; il donne à Dragon le signal ordinaire, aussitôt ranimai aboie avec force et court à la découverte ; son maître le suit, et bientôt il le . trouve carressant un jeune enfant qui, penché vers la terre, semble essayer de la creuser avec ses mains : c'est Paul, orphelin depuis deux jours, celui que Dragon préfère à tous les autres enfans du village ; ce Paul, chaque matin, vient partager son déjeuner avec lui. " Que fais-tu là, mon ami, lui dit Georges ?" Paul relève sa tête et répond en essuyantdeux grosses larmes qui coulaient sur ses joues: "t/e cherdie ma

mère" Le garde ému serre FenÊuit dans ses bras et l'entraîne loin de ce lieu de douleur.

Durant quelques jours, on eut soin de veiller sur lui ; mais bientôt Paul ne pleura plus ; on crut que le tems avait calmé sa peine. Cependant un mois après au milieu d'une nuit plus froide encore que n'avait été celle où Georges trouva l'orphelin dans le cimetière, le garde entendit Dragcm pousser de lamentables cris ; ils partaient du côté de la fosse commune, Georges sort de sa demeure, s'y dirige, et à la lueur de sa lanterne il aperçoit Dragon couché près du corps glacé du petit Paul. L'Orphelin avait retrouvé sa mère. Le lendemain il reposa près -d'elle. X

On Ut dans la nouveauté, journal très spirituel qui se publie à

, PariSf Variicle suivant.

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