‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 102 sur 115 · CAS EMPRUNTÉS AUX IIAGIOGRAPIIES · texte numérisé non relu

CAS EMPRUNTÉS AUX IIAGIOGRAPIIES

« Dans le ravissement, écrit d'elle-même sainte Térèse, mon corps devenait si léger qu'il n'avait plus de pesanteur, à ce point, que, quelquefois, je ne sentais plus mes pieds toucher à terre (i). » Lorsque Marie d'Agréda était saisie par l'extase, son corps s'élevait également comme s'il n'eût eu aucun poids naturel, et un souille, mCMue lointain, la faisait osciller et mouvoir comme une plume légère. On citerait de ces exemples par centaines. On raconte en particulier de plusieurs saints prêtres, entre autres de saint Pierre d'Alcantara, de saint Philippe de Néri, de saint François-Xavier, de saint Joseph de Gopertino, de saint Paul de la Croix, qu'ils avaient à l'autel de ces extases aériennes.

Parfois, ce n'est pas une simple élévation audessus du sol, mais une véritable ascension dans les airs. Dominique de Jésus-Marie, religieux carme, si célèbre par ses extases, s'élevait au point que ses frères pouvaient à peine, en étendant leurs bras,

(1) Voici la suite do ce passage intéressant de la vie de sainte Térèse, écrite par elle-même (chap. xx).

« Tant que le corps est dans le ravissement, il reste comme mort et souvent dans une impuissance absolue d'agir. Il conserve l'attitude où il a été surpris ; aussi il reste sur pied ou assis, les mains ouvertes ou fermées, en un mot dans l'état où le ravissement l'a trouvé...

« On ne peut presque jamais résister au ravissement. Parfois je pouvais opposer quelque résistance; mais, comme c'était en quelque sorte lutter contre un fort géant, je demeurais brisée et accablée de lassitude. D'autres fois, tous mes efforts étaient vains ; mon âme était enlevée, ma tête suivant presque toujours le mouvement sans que je pusse la retenir ; et quelquefois même mon corps était enlevé de telle sorte ([u'il ne toueiiait plus à terre... Lorsque je voulais résister, je sentais sous mes pieds une pression étonnante qui m'enlevait. » A. 11.

toucher la plante de ses })ieds. Saint Pierre d'Alcantara atteignait quelquefois, dans ses transports, jusqu'aux lambris du eliœur. Un jour de l'Ascension, tandis qu'elle psalmodiait au jardin entre deux de ses compagnes, la bienheureuse Agnès de Bohême, soudainement ravie, s'éleva à leurs yeux dans les airs, où elles la perdirent bientôt de vue ; et ce ne fut qu'après une heure qu'elle reparut, le visage rayonnant de grâce et de joie. Plusieurs fois, pendant ses oraisons contemplatives, sainte Colette disparaissait entièrement dans l'espace, aux regards de ses sœurs.

Certaines extases impriment au corps un mouvement prompt et impétueux que l'on a justement qualifié de vol. Saint Pierre d'Alcantara, entendant chanter dans le jardin du couvent, par un frère qui s'exerçait à l'oflice, les premières paroles de l'Evangile selon saint Jean : In pinncipio erat Verbuniy est soudain ravi hors de lui-même ; et, se ramassant en boule par une sorte d'instinct irrésistible, ne touchant plus à terre, il s'élance, traverse avec une incroyable célérité, sans blessure ni accident, trois portes fort basses qui conduisaient à l'église, et vient se reposer devant le grand autel, où ses frères qui couraient après lui le retrouvèrent abîmé dans l'extase. Il lui arrivait souvent de s'agenouiller au pied des arbres, et là, saisi par l'extase, il s'élevait, avec la légèreté de l'oiseau, jusqu'aux plus hautes branches. Le bienheureux Philippin, lui aussi de l'Ordre de Saint-François, demeurait suspendu dans les airs, par-dessus les grands chênes, comme un aigle qui plane librement.

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