‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 104 sur 115 · CAS EMPRUNTÉS AUX IIAGIOGRAPHES · texte numérisé non relu

CAS EMPRUNTÉS AUX IIAGIOGRAPHES

Celui pour qui seul elle avait résolu de vivre et do mourir. Bientôt, son esprit se sentant à Tétroit entre ces murs, elle parvint, à l'aide d'une grosse pierre, à s'ouvrir une issue, et, prompte comme le trait qui s'échappe de l'arc puissamment tendu, elle s'élança au dehors et reconquit sa liberté.

Reprise une troisième fois, elle fut liée avec des chaînes à un banc de bois, si étroitement que ses chairs furent bientôt entamées. Accablée de souffrances auxquelles vint s'ajouter le tourment de la faim, elle recourut de nouveau au Seigneur, et l'on vit alors couler de ses mamelles, ainsi que nous l'avons déjà raconté, une huile limpide dont elle arrosa son pain et oignit ses plaies. Attendries il ce spectacle, ses sœurs, jusque-là inhumaines par incrédulité, lui ôtèrcnt ses chaînes et lui permirent de siiivre en toute liberté l'esprit qui l'animait. Elle continua, en efl'et, ses saintes folies pendant de longues années, car il s'écoula quarante-deux ans entre sa première résurrection et sa mort, qui arriva vers l'an 1*224 .

Cette puissance ascensionnelle se produit quelquefois avec une telle énergie, qu'aucun obstacle n'est capable de la contenir. Ce que nous venons de raconter de Christine l'Admirable suffirait à le prouver ; mais ce n'est pas le seul exemple. Signalons encore Saint Joseph de Gopertino, en qui semblent se réunir toutes les merveilles de la vie extatique. Un jour de llmmaculée-Conception, il invite le Père gardien à redire avec lui : Piilchra Maria ! « Marie est belle ! » Et, dès qu'il a répété ces paroles, le saint, entrant en extase, saisit à bras-le-

corps son supérieur et l'emporte avec lui clans les airs, l'un et l'autre redisant de concert : Piilchra Maria ! Piilchra Maria ! Une autre t'ois, on lui amène un gentilhomme atteint de démence, pour qu'il obtienne dcDieu sa guérison. Le saint le fait mettre à genoux, et lui posant la main sur la tète : « Seigneur Baltazar, lui dit-il, soyez sans crainte, je vous recommande à Dieu et à sa très sainte Mère... » Au même instant il pousse le cri accoutumé qui annonce l'extase : « Ah ! », saisit cet homme par les cheveux, s'élève avec lui dans l'espace, où il le tient suspendu pendant quelque temps, et, quand ses pieds retrouvent terre, le malade était guéri.

L'ascension aérienne n'est pas la seule forme de l'agilité surnaturelle ; elle se produit aussi par la marche sur les eaux. L'Evangile nous en offre les premiers exemples. On sait que le Sauveur marchait sur les flots comme sur la terre ferme, et qu'il accorda au prince des apôtres de s'avancer vers lui sur les vagues agitées. Le prodige s'est reproduit plus de mille fois sur la mer, sur les lacs, les fleuves et les rivières, pour attester que Dieu se plaît à aftVanchir ses saints des servitudes naturelles.

Le Bréviaire romain signale, parmi les plus éclatants miracles attribués à saint Raymond dePégnafort, sa traversée de l'île Majorque à Barcelone, c'est-à-dire une étendue de mer de cent soixante milles, que lui et son compagnon franchirent en six heures, sans autre nacelle que son manteau.

Saint Hyacinthe, ne trouvant pas de batelier pour traverser la Vistule, se munit du signe de la croix et entra résolument dans le fleuve, dont les eaux de-

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