‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 109 sur 115 · I. — Cas (liiwrs · texte numérisé non relu

I. — Cas (liiwrs

Deux cas ont été récemment observés à Grenoble et m'ont été affirmés par le curé d'une de ses paroisses, par un professeur de la Faculté "et par un ingénieur, ancien élève de l'Ecole polytechnique, qui en ont été témoins.

Le premier se rapporte à une extatique retirée dans un couvent des environs. Cette femme restait couchée au moment de ses crises; quelquefois alors son corps devenait rigide et, si on la prenait par le coude, on la soulevait comme une plume, tant elle paraissait légère.

Le second cas est celui d'un enfant qui, pendant plusieurs années, présenta des phénomènes fort analogues à ceux qui ont été décrits sous le nom (V agilité siirîiatarelle dans le chapitre m, c'est-à-dire qu'il grimpait sans elfort le

ga LA LEVITATION

long des murs. — La mère était fort inquiète de ces manifestations anormales; elle consulta en vain les médecins. Un jour, l'enfant prit une crise de somnambulisme et indiqua une certaine tisane qu'il devait boire — ce qui fut fait et le guérit.

Dans la séance du 3 février 1897 de la Société des Sciences psychiques, le père BuUiot a cité un cas de lévitation qu'il a entendu raconter par Mgr d'Hulst. La tante du prélat, une sainte religieuse, la Mère du Bourg, morte en i863, « fut élevée au-dessus de terre, à plusieurs reprises et aux yeux de toutes les sœurs de sa communauté, notamment lorsqu'on parlait devant elle de « l'amour de Dieu ».

Un jour, la pieuse mère, s'étant attachée à son prie -Dieu, l'entraîna avec elle. Le prie-Dieu tomba, et d'assez haut pour se briser en morceaux qui ont été conservés. Mgr d'Hulst a interrogé séparément plusieurs religieuses témoins de ces faits.

Je connais, à Bordeaux, une brave femme, jyjme Agullana, qui m'a raconté que, dans sa jeunesse, elle était persécutée dans son village, où elle passait pour sorcière, parce que quelquefois elle ^s'élevait tout à coup en l'air.

CAS CONTEMPORAINS EN OCCIDENT i)3

pendant un petit moment, sans qu'elle sût d'où cela provenait.

La lévitation a été quelquefois obtenue par attraction magnétique .

L'un des cas, observé par M. Bourguignon, négociant à Rouen, a été décrit par lui dans une lettre adressée au docteur Charpignon le 3 juin 1840. « M'étant aperçu, dit-il, que ses membres (ceux du sujet qu'il magnétisait) suivaient, quand je le désirais, tous mes mouvements , je me suis avisé de les attirer ; diflérents essais ayant réussi, je plaçais ma main à deux ou trois pouces au-dessus de l'épigastre et le corps entier perdit terre et demeura suspendu... j'ajouterai que la personne que je magnétise ayant eu, il y a six semaines, une fluxion de poitrine, j'ai cessé, pour ne pas la fatiguer, de l'enlever horizontalement; je place maintenant ma main au-dessus de sa tète et lui fais perdre terre de manière à pouvoir passer plusieurs fois la main ou une canne sous ses pieds. »

« INl. Bourguignon alïirmc qu'il réussit cette expérience huit fois sur dix, mais qu'il n'a pu la reproduire sur aucun autre sujet.

« M. Théron , de Montauban , dit-il encore, avec qui je suis lié et qui s'est occupé de magnétiser d'après mes conseils, m'a assuré avoir ob-

tenu le même résultat sur une somnambule ; je ne l'ai pas vu, mais je le connais trop homme d'honneur pour altérer la vérité (i). »

Le Journal du Magnétisme de Ricard consigne, dans son numéro de novembre 1840, un fait analogue: M. Schmidt, médecin à Vienne (Autriche), vient se fixer en Russie avec sa lille, qu'il maria depuis à M. Pourrat (de Grenoble). Ce lut à Kiew que ]M""' Pourrat, qui était d'une mauvaise santé, fut magnétisée par son père. L'effet fut si puissant, qu'après avoir fait quelques passes, la malade, au grand étonnement des assistants, fut soulevée de son lit sur lequel elle était étendue de son long, de manière que l'on pouvait passer la main entre le lit et le corps sans toucher ni à l'un ni à l'autre.

Le docteur Kerner rapporte également dans sa Voyante de Prévorst, qu'ayant constaté que ses doigts attiraient ceux de M""" Hauffe, il étendit ses mains au-dessus d'elle et la souleva de terre. Sa femme obtint le même résultat.

Enfin, je ferai observer que la lévitation d'une personne vivante peut être considérée comme un cas particulier de la lévitation d'un objet pesant quelconque, dont j'ai donné de si nombreux

il) Chaupignon, Vliijsioloyie du magnctisnie, p. 7i.

exemples dans mon fivre sur Y Extériorisation de la Molricilc, et dont nous venons encore de constater la réalité dans deux séries de séances tenues, du i5 septembre au i5 octobre iSqS, avec Eusapia Paladino, à Paris, et à Glioisy-Yvrac, près de Bordeaux.

A Paris, une lourde table s'est élevée brusquement sous les mains des expérimentateurs jusqu'à hauteur du menton, y est restée pendant quelque temps malgré leurs efforts pour la faire descendre, puis elle s"est abattue avec fracas.

L'un de ces expérimentateurs, M. Sully-Prud'homme , de l'Académie française , a vu un très lourd tabouret d'architecte avancer tout seul vers lui : « 11 m'a frôlé, dit-îl, le côté gauche, s'est élevé à la hauteur de la table et est venu se poser dessus. »

A Ghoisy-Yvrae, pendant que nous tenions et que nous voyions les deux mains d'Eusapia posées sur une table, une chaise, placée derrière elle, s'élevait toute seule, passait par-dessus sa tète, par-dessus la table, et venait se présenter en l'air à la main de l'un de nous qui cherchait celle chaise.

Bien certainement quelqu'un qui, ouvrant au hasard ce livre, lirait isolément un des faits que

nous citons n'hésiterait point à le traiter d'absurde ; mais l'iiistoire des sciences est là pour nous rappeler que chaque génération a vu crouler devant des faits nouveaux patiemment recueillis et observés, la plus grande partie de l'échafFaudage des connaissances dont la génération précédente se croyait pourtant bien sûre. Prenez la bibliothèque d'un physicien, d'un chimiste, d'un physiologiste du siècle dernier : qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Avons-nous le droit de nous considérer plus privilégiés que nos pères, surtout quand on pense aux difficultés de toute nature qui ont été opposées et qui s'opposent encore à l'étude des phénomènes dont il est ici question?

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