PHENOMENES ANALOGUES I
le renverser, à quelque distance de la place qu'il occupait d'abord. L'une de ses extrémités avait marché de 2 m. 70 ; l'autre de i m. 120.
Le mur ainsi soulevé et transporté se composait, sans compter le mortier, de 7,000 briques et pouvait peser environ 26,000 kilogrammes.
Au moment du phénomène, la cave renfermait une tonne de charbon, et la citerne une certaine quantité d'eau (Mém. de Manchester, t. II, 2^ série).
M. Liais rapporte que, pendant l'oi'age qui éclata à Cherbourg dans la nuit du 1 1 au 12 juillet i852, la foudre tomba sur le mât de misaine du navire le Patriote, qui se trouvait dans le port. Le mât foudroyé a été fendu sur une longueur de 26 mètres entre l'extrémité du mat et la hune ; plusieurs fragments ont été lancés à une grande distance. La force de projection a été telle qu'un morceau long de 2 mètres, ayant 20 centimètres d'équarrissagc par le bout le plus épais, terminé en pointe par l'autre extrémité, est venu, à 80 mètres environ de distance, enfoncer la cloison en chêne du bâtiment de la tôlerie, cloison épaisse de 3 centimètres. Cet éclat est entré par le bout le plus gros, s'est enfoncé de près de moitié de longueur dans la cloison : un nœud l'a arrêté.
D. — Transport par la foudre de personnes vivantes
(Extraits de la Foudre, de ses formes et de ses effets, par le D"- F. Sestier. — Paris 1866, tome II, p. 87.)
La foudre qui transmet au loin les corps inertes,
Io8 LA LÉVITATION
exerce aussi sur l'homme et sur les animaux des efïets de translation.
Au moment où le navire la Félicité fut foudroyé près de Bone, le second vit passer devant lui le mousse emporté avec la rapidité de l'éclair, de l'arrière k l'avant du navire où il tomba.
Le 8 juillet iSSg, à 3 heures du matin, la foudre atteignit un chêne près de Boireraont, aux environs de Triel (Seine-et-Oise) et frappa- deux ouvriers carriers réfugiés soiis cet arbre. Le plus jeune, Athanase Pion, âgé de 22 ans, fut tué sur place ; il portait des traces de brûlure depuis l'épaule droite, jusqu'au pied du même côté, ses vêtements de coton tombaient en charpie. Son père, frappé du même coup, portait aussi des traces de la foudre, du front et de l'épaule gauche au pied gauche, dont le soulier fut percé d'un trou. Au môme instant, il fut soulevé et transporté à 23 mètres de distance dans une touffe de châtaigniers, d'où on le retira à demi-mort: ce malheureux ouvrier resta estropié .
Quelquefois les foudroyés sont soulevés perpendiculairement et retombent ensuite à la même place; les docteurs Raymont et Tallibart en citent plusieurs exemples.
Le docteur Girault en rapporte un autre exemple.
Un cas plus ordinaire est celui où des personnes sont soulevées, lancées ou transportées à des distances variables.
Fort-Liceti rapporte que la foudre étant tombée pendant le service sur une église à Garpentras, un enfant fut enlevé des bras de sa mère et projeté à trois pas de distance.