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propres appréciations aux relations des écrivains contemporains ou les plus rapprochés des événements, lorsque leurs récits sont corroborés de preuves qui en garantissent la réalité. Il nous a semblé d'ailleurs qu'au moment où l'attention est appelée sur le merveilleux, ce serait rendre un véritable service que de réunir sous un format peu volumineux le texte vrai de ces récits qui sont disséminés dans des ouvrages pour la plupart considérables et fort rares aujourd'hui.
En ce qui touche les convulsionnaires jansénistes, nous avons été assez heureux pour pouvoir ajouter une page curieuse et ignorée à leur histoire. Généralement on perd leur trace dès les premières années du siècle ; mais des recherclies opiniâtres nous ont permis d'en suivre l'existence jusqu'en l'année 1842.
Nous n'avons épargné aucune démarche pour nous procurer certains documents relatifs au magnétisme. Tous ceux qui se sont occupés de cette grave question ont entendu parler des procès verbaux des expériences officielles de magnétisation faites par ordre de l'Académie royale de médecine en 1820, à l'Hôtel-Dieu de Paris; procès- verbaux signés par Georget, Ferrus, Bertrand, Récainier, Fouquier, par M. Rostan, etc., c'est-à-dire par les sommités médicales de l'époque. On lit partout que les originaux de ces pièces importantes auraient été déposés chez M. Dubois, notaire, rue Feydeau , à Paris. Les expériences ayant eu lieu en 1820, et M. Dubois étant effectivement alors notaire , rue
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Feydeau, le dépôt, s'il a élé fait, n'a pu être opéré qu'à la même époque. Nous nous sommes donc rendu chez le successeur actuel de M.Dubois ' pour demander communication des pièces. Accueilli avec l'obligeance la plus parfaite, nous avons parcouru le répertoire de l'étude pour les années 1820, 1821 et 1822, mais vainement, hélas! Il n'y a nulle trace du dépôt, et nous n'avons pu, à notre {>rand rep^ret, puiser à cette source originale. Kegret très-vif, car nous y eussions peut-être trouvé la relation de faits autrement précieux au point de vue où nous nous sommes placé, que ceux qui ont été publiés dans différents ouvrages.
Une méthode uniforme a présidé à notre travail pour chacun des sujets qui composent son ensemble, savoir: citer les faits, rapporter les preuves de leur réalité, discuter les explications qui en ont été fournies. Nous n'avons pas hésité à relater certaines scènes d'immoralité qui ne se rencontrent que trop souvent dans les manifestations du merveilleux, parce qu'il y a là, selon nous, un signe évident d'étroite parenté entre elles qu'il importait de remarquer. D'ailleurs on juge des choses par leur valeur morale, on ne pouvait donc dédaigner de regarder ce côté de la question. Enfin, nous avons réuni dans un chapitre final les traits.de ressemblance, les analogies des différents phénomènes; mieux encore, nous avons constaté Xidentité absolue qui les relie entre eux et les ramène à une commune origine.
* Aujourd'hui rue de la Chaussée-d'Antin.
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Point fort essentiel à mettre en lumière : car prouver l'existence de cette cause unique des prodij^es observés, c'est faire comprendre pourquoi, dans leur reproduction , ils ne sont modifiés ni par les temps ni par le milieu où ils éclatent, une même cause devant toujours amener les mêmes effets. Secondement , cette unité est a priori une preuve de l'insuffisance des nombreux systèmes scientifiques émis sur le merveilleux, parce qu'il ne saurait y avoir deux manières d'expliquer ce qui est un.
Tantôt, en effet, on a recours à l'hallucination, au délire, à la supercherie, pour donner la raison d'être du merveilleux , sans faire attention que , dans ces hypothèses, ce ne sont plus les acteurs qui seraient hallucinés, qui auraient le délire, etc., mais bien leurs témoins (témoins souvent hostiles), puisque ce sont eux qui affirment la réalité des prodiges. Tantôt c'est l'hystérie qu'on représente comme étant leur cause déterminante. On a même tellement insisté à cet égard , que nous avons cru devoir insister aussi pour démontrer le vide d'une pareille explication. Nous avons donc exposé, d'après les autorités les plus compétentes, ce que c'est que l'hystérie , et comparant ensuite les accidents de cette maladie aux phénomènes observés parmi les convulsionnaires jansénistes, ou autres de même famille^ il résulte de ce rapprochement que l'hystérie n'a rien de commun avec les convulsions spéciales dont il est ici question. L'hystérie, en effet, ne procure ni le don de l'éloquence, ni le don de
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révélation, ni celui de l'invulnérabilité du corps humain.
Etudiées en les dégageant de l'apprêt et du langage scientifique qui les enveloppe, ces théories du monde savant confondent par leur insuffisance, tranchons le mot, par leur nullité. Il n'en saurait être autrement , puisque la science est incapable d'expliquer ce qui est le renversement même des «données de la science. La physique ou la physiologie peuventelles, par exemple, donner la raison d'être de l'invulnérabilité du corps humain observée dans l'épidémie de Saint -Médard? La science voit dans le merveilleux un problème iniportun dont l'inconnu . l'effraye par la grandeur , par la persistance , par l'étrangeté de ses actes , et , voulant néanmoins en finir avec cet ennemi, elle ne trouve rien de mieux • que d'essayer de le réduire aux proportions les plus vulgaires. Pour cela , altérations ou suppressions de textes, naïvetés d'interprétation, rien ne coûte à ses représentants^ Jusque - là que l'un d'eux , par exemple, a proposé comme une solution, pour expliquer le spiritisme, la théorie qui consiste à découvrir sa raison d'être dans la ventriloquie ! !...
Il est grand temps d'examiner en face et d'étudier avec soin la nature et l'origine des phénomènes qui nous débordent de toutes parts, et qui ne sont que la répétition des prodiges observés dans tous les âges. Quant à nous , un examen consciencieux de ces graves questions nous a conduit à formuler les conclusions suivantes :