‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 24 sur 115 · CONVULSION TOURNANTE DE FONTAINE · texte numérisé non relu

CONVULSION TOURNANTE DE FONTAINE

Fontaine était secrétaire des commandements de Louis XV, et, comme la cour, opposé au parli des appe-

^ Poncet, lettre i'"», p. 5.

'•^ P. 131 dudit ouvrage.

3 Voir plus loin, p. 71, ce que c'était que le chevalier Folard.

* Un exemple de convulsion tournante s'est produit de nos jours dans le département du Haut-Rhin. Nous en donnons le récit à l'appendice (pièce G).

lants ; mais, dès 1732, il ressentait de temps en temps une si grande faiblesse dans les jambes qu'il était hors d'état de se soutenir. Au commencement de l'année 1733, invité à dîner dans une maison janséniste, sans nul doute, où se trouvait nombreuse compagnie, il se mit tout à coup à pirouetter sur lui-même avec une vitesse prodigieuse, sans pouvoir se retenir pendant plus d'une heure. Dès le premier moment de cette convulsion si singulière , il demanda un livre de piété. « Celui, dit Montgeron ' , qu'on trouva le premier sous la main et qu'on lui présenta fut un tome des Réfleœim\s momies du P. Quesnel. Et quoique Fontaine ne cessât pas de tourner avec une rapidité éblouissante, il lut tout haut dans ce livre, tant que dura sa convulsion tournante, avec une facilité parfaite et mi contentement inexprimable qui pénétrait jusqu'au fond de son cœur, et qui édifiait tous ceux qui étaient présents... Cette convulsion si étonnante continua pendant plus de six mois, l-lle se fixa même régulièrement à deux fois par jour^ dit Carré de Montgeron, et elle n'a quitté Fontaine que le 6 août 1733, dès qu'il eut achevé de lire, en tournant toujours d'une force prodigieuse, les huit tomes des Ré" flexions du P. Quesnel sur le Nouveau Testament, ce que Fontaine accompagnait de plusieurs élévations de son cœur vers Dieu.

» La convulsion tournante du matin lui prenait tous les jours précisément à neuf heures, et durait une heure et demie ou deux heures tout de suite; celle de l'après-midi commençait à trois heures, et durait autant que celle du matin. Tous les jours Fontaine se trouvait en se levant une si grande faiblesse dans les jambes, qu'il ne lui était pas possible de se soutenir, ce qui continuait jusqu'à neuf

1 Tome II, p. 13 etsuiv.

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heures, que sa convulsion tournante le saisissait. Pour lors son corps se posait sur une de ses jambes, qui, pendant l'heure et demie ou les deux heures que durait le tournoiement, ne quittait pas le centre où elle avait été placée, pendant que l'autre jambe décrivait un cercle avec une rapidité inconcevable, se tenant presque toujours en l'air, et posant néanmoins quelquefois très-légèrement à terre. Le tournoiement de tout le corps se, faisait avec une vitesse si prodigieuse, qu'un grand nombre de personnes ont compté jusqu'à soixante tours dans une minute

» Après que la convulsion tournante du matm était finie, Fontaine se trouvait en état de se soutenir un peu sur ses jambes; mais elles ne reprenaient toute leur vigueur qu'après celle de l'après-midi, et pour lors il se sentait dans une force et une santé parfaites jusqu'au lendemain matin.

■i) L'eflet que l'instinct de cette convulsion fit sur son âme fut de changer tous ses -sentiments par rapport à X Appel , de lui faire regarder les Rèfleœinns morales du P. Quesnel comme une source de lumière, de bénédictions, de grâce, de le détacher entièrement de toutes les choses de la terre, de le porter à remettre sa commission, de lui faire donner des aumônes considérables, de se dépouiller de tout jusqu'à se réduire à l'état de pauvre pour vivre dans la retraite, l'humiliation et la pénitence la plus austère »

§ IV

CONVULSION DE JEANNE THÉNABD. — ÉLANCEMENTS DU CORPS EN l'aIR. SANTÉ NON ALTÉRÉE.

« Le jour de la Toussaint 1731, Jeanne Thénard, âgée de trente ans, et qui avait l'épaule, le bras et la main droite desséchés, se mit sur la tombe de Paris et sentit aussitôt tout

son corps s'élever et ^'élancer en Vair Il s'élevait

très-haut, quoiqu'elle fût couchée, et se retournait et s'agitait avec tant de violence, que plusieurs personnes qui la tenaient pour l'empêcher de se briser contre le naarbre du tombeau ne pouvaient presque la retenir, et elle les fatiguait si fort, qu'elles étaient tout en nage et obligées de se relayer l'une l'autre à tous moments..,. Elle avait senti dans le fort de ses agitations qu'elle perdait connaissance — Pendant tout le temps que le cimetière fut ouvert, Jeanne ne manqua pas d'y aller tous les matins...- Les premiers jours ses convulsions n'éclataient que lorsqu'elle se niettait sur le tombeau; par la suite elles continuaient sous les charniers jusqu'au soir, et pendant tout ce temps elle avait les mouvements les plus violent* et lassait une infinité de personnes qui avaient la charité de la tenir.... Aussitôt ses mouvements passés, elle était aussi tranquille , aussi fraîche, et se portait aussi bien que si elle ne les avait pas eus ' . »

CONVULSIONS DE LA DEMOISELLE FOURCROY. —^ÉLANCEMENTS DU CORPS EN l'air. — VIGUEUR DONTsÉE PAR LES CON^'ULSIONS. — PAIX INTÉRIEURE.

La fille Fourcroy avait une, ankylose au pied. « Vers le milieu de décembre 1731 , je voulus, dit-elle, me faire conduire au tombeau de Paris pour y faire mon action de grâces. Étant entrée dans le cimetière de Saint-Médard..., je fus frappée d'épouvante des cris de douleurs et des espèces de hurlements que j'entendis faire à des convulsionnaires dans le cimetière et sous le charnier, et je pensai m'en aller sans approcher de la tombe; mais la personne qui m'accompa-

1 Montgeron, II, p. 2, 3 et 4.

gnait m'ayant encouragée, je fus m'asseoir dessus

Après y être restée environ un quart d'heure en prière, je ressentis tout d'un coup des douleurs dans tout mon corps, et il me prit des mouvements qui firent dire à tous ceux qui étaient auprès de moi que les convulsions m'allaient prendre. A ce mot de convulsions, je fus si vivement saisie de crainte que je donnai de l'argent au suisse pour me faire passage pour me retirer; et cette appréhension d'avoir des convulsions me donna des forces qui ne m'étaient pas ordinaires pour sortir au plus vite du cimetière

Néanmoins, le 20 mars 1732, au soir, me sentant prête à rendre l'âme, la peur de la mort que je voyais si proche l'emporta enfin sur la peur d'avoir des convulsions. Je priai qu'on m'allât chercher de la terre du tombeau de M, de Paris, pour en mettre dans le vin dont, de temps en temps, l'on me faisait avaler quelques gouttes, et je déclarai queje commencerais une neuvaine. Le24,àmidi,on me fit prendre quelques gouttes de vin où l'on avait mis de la terre, et je me mis en prière pour commencer ma neuvaine. Presque dans le moment il me prit un grand frisson et peu après une grande agitation dans tous mes membres, qui me faisait élancer tout le corps en l'air et me donnait une force que je ne m éi<x\?> jamais sentie, au point que plusieurs personnes ensemble avaient de la peine à me retenir. Dans le cours de ces mouvements violents, je perdis connaissance. Aussitôt qu'ils furent passés et que j'eus repris mes sens, je sentis une tranquillité et une paix intérieure que je n'avais jamais éprouvées, et que j'aurais bien de la peine ci décrire, quoique je l'aie ressentie très-souvent depuis à la suite de mes convulsions'. »

' Montgeron, II, p. 6 à 10.

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§ VI

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