‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 34 sur 115 · ÉCARTELLEMENT. — COUPS. — PRESSION. — ESTRAPADE · texte numérisé non relu

ÉCARTELLEMENT. — COUPS. — PRESSION. — ESTRAPADE

La fille Nicette, ou Nisette, s'est distinguée dans plusieurs genres d'exercices; amis et ennemis des convulsions lui ont rendu ce témoignage. On relate de cette fille « qu'elle se faisait pendre par les pieds et demeurait ainsi suspendue plus de trois quarts d'heure; qu'étendue sur un lit, deux hommes qui tenaient , l'un à un bras , l'autre au côté opposé , une forte serviette passée par-dessous les épaules de la convulsionnaire , la relevèrent devant avec violence ; et que deux autres, lui présentant les mains devant les épaules, la repoussèrent violemment sur le lit; ce qui fut répété trente-quatre fois, et ce qu'on avait fait la veille deux mille quatre cents fois; que quatre de ces hommes la tenant, deux par les mains et deux par les pieds, tiraient chacun de son côté, la tenant ainsi écartelée pendant deux ou trois minutes; qu'après l'avoir mise sur une table et lui avoir lié par-dessous le dos les mains avec les pieds, six hommes, trois à droite et trois à gauche, frappaient fortement sur ce tronc, pendant qu'un autre, lui prenant le cou entre les

mains, lui tenait la trachée-artère avec les deux pouces

Cette opération dura environ une minute; après quoi la ' Montgeron, III, p. 7.

'f convulsionnaire demeura sans mouvement, la langue sor- * JS tant de la bouche d'environ deux doigts , enflée et de couleur bleue Ensuite... avec des cordes on attacha cette

fille par les bras et par les pieds à une croix ; après quoi on enleva en haut la croix, et on y tint la convulsionnaire pendant un quart d'heure '. »

Mais cela n'aurait rien été encore. Écoulez la suite : u Elle a été battue sur la tête avec une bûche..., puis avec quatre bûches..., s'est fait tirer les quatre membres, mais sans tordre. Ensuite deux hommes ont monté sur elle ; ensuite un seul homme sur son dos; deux autres lui ont tiré les bras en haut...; on lui a donné l'estrapade. On lui a tiré les bras et les jambes, une personne sur l'estomac...; on l'a suspendue par les pieds..., ensuite balancée par les bras et par les jambes, un homme sur son dos. Puis on l'a tournée en broche , ensuite tirée par les quatre membres , deux personnes tirant aussi par-dessous les épaules. Ce tiraillement a duré longtemps parce qu'il n'y avait que six

personnes à tirer Ensuite l'estrapade, la sape de la

muraille à l'ordinaire; puis on lui a tiré les bras et les jambes en tordant; puis on Ta foulée aux pieds, quinze personnes à la fois — Ensuite étant couchée sur un lit, deux hommes lui prenaient les pieds et les renversaient par-dessus la tête, et deux autres hommes qui étaient à sa tête les remettaient dans leur état naturel; et ainsi trentecinq ou quarante fois de suite ^ »

Telle était la manière dont la Nisette passait ses journées, et le Journal historique, hostile aux convulsions, a soin de nous prévenir que, à peu cfe différence près, elles se ressemblent toutes.

1 Dom Lataste, tome II, p. 871 , d'après les Observations sur les convulsions, p. 52.

2 Journal historique des convulsions, p. 65.

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