COUPS DE BUCHE. — TIRAILLEMENT
Ces secours ont été reçus par la demoiselle Catherine Turpin. a Un des premiers secours qu'elle exigea fut d'être frappée sur le pli des reins et sur la crête des hanches... On en vint à la frapper... avec des bûches de chêne dont on avait réduit l'un des bouts en poignée, afin de le tenir plus * Monlgeron, H, j). 43 el 44.
aisément , et dont l'autre bout , qui était celui avec lequel on la frappait, avait sept à huit pouces de circonférence, en sorte que ces bûches étaient comme de petites massues; et encore fallait-il que celui qui la frappait levât la bûche par-dessus la tête et la fît retomber de toute sa force sur le pli des reins ou le haut des hanches de cette fille... Loin de la blesser, l'effet de ces secours a été que les os de ses hanches, qui étaient d'une grosseur étonnante, qui s'élevaient en saillie jusqu'au pli des reins... se sont peu à peu diminués et se sont replacés des deux côtés de son corps au-dessous des côtes, où ils devaient être naturellement Celte fille se faisait attacher par le cou avec une
très-forte lisière, et faisait lier les deux bouts de deux autres lisières à chacun de ses pieds. Elle engageait ensuite deux des spectateurs à tirer avec toute la violence qui leur était possible les deux lisières qui tenaient à ses pieds; et afin qu'ils fussent en état de le faire avec plus de force, elle les priait de passer ces deux lisières en forme de ceinture autour de leurs reins, et de s'appuyer les pieds contre une grosse pièce de bois qu'on avait placée à cet effet. Au moyen de quoi ces messieurs tiraient en même temps ces deux lisières de tmdc In force de leurs reins et de leurs bras, et ainsi ils étendaient le cou de celte fille avec une si yraîide violence, quon entendait les os de ses genoux et de ses cuisses craquer avec un grand bruit. . . Avant ces étonnants secours, elle était incapable de tout, même de marcher, et présentement elle travaille , elle marche, elle agit presque comme une autre personne*... Quoique Marguerite-Catherine Turpin hors de convulsion fût d'une faiblesse extrême , néanmoins dans ses convulsions elle devenait si forte que plusieurs personnes avaient de la peine à
< Montgeron, III, p. 552 et 553.
la retenir Elle échappait des mains des hommes les
plus vigoureux, ou elle les renversait par terre, et allait se précipiter le corps contre le plancher ou la muraille la
plus proche Et quoiqu'elle fatiguât extrêmement ceux
qui avaient la charité de la retenir, néanmoins elle demeurait toujours fraîche dans ses plus grandes agitations; et aussitôt qu'elles étaient finies , on remarquait que son pouls n'était point du tout agité et qu'elle n'était nullement échauffée'. »