‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 38 sur 115 · AUTRE ÉPREUVE DU SECOURS DES ÉPÉES · texte numérisé non relu

AUTRE ÉPREUVE DU SECOURS DES ÉPÉES

La sœur Gabrielle Moler, cette fille juive qui a été une des convulsionnaires en grand renom, recevait, entre autres secours étonnants, le secours des épées. On lit à ce sujet dans

1 Montgeron, III, p. 711.

Montgeron' : « Dès i736, Gahrielle fut souvent portée par l'instinct surnaturel qui la guide de prendre l'épée la plus forte et la mieux affilée de toutes celles qu'avaient ses spectateurs; puis, ayant le dos appuyé contre la muraille, elle plaçait la pointe de l'épée au-dessus de son estomac, et elle engageait l'homme qui lui paraissait avoir le poignet le plus ferme et le plus vigoureux de la pousser de toutes ses forces; et quoique l'épée se courbât et formât une espèce d'arc par la violence avec laquelle on la poussait, de sorte qu'on était obligé de soutenir cette épée et de la repousser par le milieu pour la redresser et empêcher qu'elle ne se cassât; néanmoins la convulsionnaire disait toujours : Fort, fort! Après avoir plusieurs fois recommencé cet étonnant secours, elle appliquait la pointe de cette épée à son gosier, et la faisait pousser avec la môme violence qu'on l'avait fait dans l'estomac. Aussi la pointe enfonçait-elle la peau dans le gosier à la profondeur de quatre travers de doigt ; mais elle ne pouvait percer la peau si fort qu'on la poussât, néanmoins la pointe de l'épée s'attachait en quelque sorte à la peau; car toutes les fois qu'on la retirait du gosier elle attirait la peau avec elle, et y laissait une petite rougeur qui n'était pas plus grande que celle qu'aurait faite la pointe d'une épingle. Au reste la convulsionnaire n'en avait pas ressenti la moindre douleur; aussi faisait-elle réitérer plusieurs fois cette opération; après laquelle penchant sa tète en arrière et tenant l'épée par le milieu de la lame, elle enfonçait elle-même la pointe de son épée dans sa bouche jusqu'à la profondeur d'environ six pouces.... Gabrielle enfonçait ensuite par deux fois la pointe de cette épée dans ses paupières; mais ses yeux étaient aussi impénétrables à celte arme si per- 1 Tome III, p. 707.

çante que l'avait été son gosier lorsqu'elle faisait' entrer celte épée de six pouces de long dans sa bouche; n'ayant \m percer ses yeux, elle mettait la pointe de cette épée sous sa langue, et la poussait avec force de bas en haut ; ne pouvant la faire entrer, elle appuyait son doigt par-dessus sa langue précisément au-dessus de la pointe de l'épée; mais quoiqu'elle recommençât à plusieurs reprises à faire ainsi tous ses efforts comme |)our se percer la langue, elle n'en pouvait venir à bout. »

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