‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 39 sur 115 · XXII · texte numérisé non relu

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LE SECOURS DES TRINGLES ET DES PELLES COUPANTES TROUVE LES CONVULSIONNAIRES INVULNÉRABLES.

Dès l'âge de douze, treize et quatorze ans, Gabrielle Moler reçut, outre le secours des épées , ceux dont on va lire le récit, et, dit Montgeron', elle les reçut tous dans un niême jour. Parmi les vingt et un témoins qui ont signé le procès-verbal de ces secours, on remarque des personnages de la plus haute distinction , tels que milord Edouard Drumont de Perth, maréchal de camp, M. le comte de INovion, des magistrats, des officiers du roi, etc.

« Pour guérir l'estomac de Gabrielle on se servait de quatre tringles de fer de la grosseur du petit doigt, et de la longueur d'environ un pied et demi, qui avaient une lête à peu près comme celle d'un clou de charrette, et qui se terminaient en pointe émoussée. Gabrielle étant à terre couchée sur le dos, quatre personnes poussaient les pointes de ces quatre tringles de toute leur force dans le creux de son estomac, où ces pointes s'enfonçaient de la profondeur

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de trois pouces en y faisant pénétrer ses habits. Elle se faisait ensuite appliquer sous le menton les pointes de deux de ces tringles , et les faisait pousser par deux personnes avec tant de violence, que sa tête était forcée de se renverser en arrière, et que son cou formait une espèce d'arc; et comme ces pointes enfonçaient la chair du menton dans sa bouche et dans le haut de son gosier, elle ne pouvait plus parler, et était obligée de s'exprimer par signes. iNéanmoins, dès que ce secours était tini, il ne restait aucune marque de ces pointes à la peau de son menton. Après ce secours, elle posait elle-même la pointe d'une de ces tringles au bas de son gosier dans la fossette qui est au-dessus de la poitrine, et une personne les enfonçait de toutes ses forces à plusieurs reprises — Elle se mettait ensuite à genoux, et faisait poser la pointe de celte tringle directement dans le creux du gosier, immédiatement au-dessous du menton , et une autre semblable tringle derrière sa tète, dans la fossette qui est au haut du cou; et aussitôt deux personnes poussaient en même temps ces deux tringles de toutes leurs forces...; ce qui se réitérait plusieurs fois de suite. Mais les pointes de ces tringles avaient beau s'enfoncer dans le gosier, elles ne pouvaient couper ni faire aucune ouverture à la plus petite veine d'un endroit si délicat et si tendre. Aussi ne causaient-elles pas la moindre douleur à la convulsionnaire, et ne laissaient-elles aucune trace, aucun vestige à la place

où elles s'étaient enfoncées »

« Gabrielle fit faire exprès quatre pelles presque droites, dont le bas était bien plus tranchant que ne sont les pelles ordinaires. Au surplus deux de ces pelles étaient coupées en bas en ligne droite, ainsi qu'il est ordinaire, et le bas des deux autres était arrondi en demi-quart de cercle.

Cette jeune convulsionnaire plaçait elle-ni(lme le tranchant d'une des pelles arrondies immédiatement au-dessous d'une de ses mamelles par-dessus sa robe, et le tranchant de l'autre pelle au-dessus de cette mamelle , et les deux autres aux deux côtés, l'une à droite et l'autre à gauche, en sorte que sa mamelle se trouvait renfermée des quatre côtés dans le tranchant de ces quatre pelles. Aussitôt quatre des assistants poussaient chacun une de ces quatre pelles avec toute la force qui leur était possible; mais quoiqu'ils y fissent tous leurs efforts, suivant que leur ordonnait la convulsionnaire, le coupant de ces pelles ne pouvait pénétrer en aucune sorte dans la mamelle , pas plus que si elle eût été de fer; et après que ces quatre assistants y avaient inutilement épuisé toutes leurs forces, Gabrielle faisait faire souvent par quelques autres des spectateurs la même opération sur son autre mamelle La plupart des dames... qui se sont trouvées présentes lorsque Gabrielle s'est fait donner ce secours si étonnant ont eu la curiosité d'examiner son sein immédiatement après cette opération, et elles ont toutes unanimement certifié que son sein était alors aussi dur qu^ une pierre

)) Après ce secours Gabrielle, couchée à terre sur le dos, plaçait le coupant d'une de ces pelles sur le larynx de son gosier, c'est-à-dire précisément au dessus de la trachéeartère, et elle obligeait un des assistants de pousser ainsi perpendiculairement cette pelle de toute sa fm'ce dans son gosier — Quelque violemment qu'on poussât le Iranchant de cette pelle sur son cou, elle n'en recevait qu'une impression agréable et bienfaisante; ce qui l'engageait à faire recommencer cette opération plusieurs fois de suite.

» Gabrielle se mettait ensuite à genoux, et faisait placer

deux tabourets à ses côtés, sur lesquels deux personnes montaient tenant chacune une des pelles arrondies, dont elles appuyaient le tranchant de toutes leurs forces sur sa tête. Souvent elle les engageait de se faire soutenir par quelques-uns des spectateurs, pour qu'elles pussent lever leurs pieds en l'air et se suspendre entièrement sur la pomme des pelles, afin que, la pesanteur de leur corps se joignant à la force de leurs bras , la pression fût plus violente; et ce poids si considérable, dont toute la force se réunissait au coupant de ces pelles posées perpendiculairement sur la tête de cette jeune convulsionnaire, était soutenu par elle à genoux sans aucune peine pendant un temps considérable; ces mêmes personnes, sans descendre de leurs tabourets, plaçaient ensuite le tranchant de chacune de ces deux pelles sur chaque épaule de la convulsionnaire toujours à genoux, et les y poussaient avec d'antant plus de force que, ces pelles étant alors plus basses que lorsqu'elles posaient sur sa tête, il leur était plus aisé d'appuyer toute la pesanteur de leur corps sur les pommes de ces pelles. Cependant Gabrielle supportait si aisément l'énorme pression du tranchant de ces deux pelles, que même de temps en temps elle se faisait une espèce de plaisir de hausser les épaules autant qu'on peut le faire; et par ce mouvement elle enlevait en l'air les deux pelles et les deux hommes qui s'appuyaient tout le corps dessus ^ »

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