C. — Phéviomène dHncomhustihilité
Le secours du feu, qui, comme les autres, avait pour objet de figurer les tourments auxquels seraient exposés les fidèles après la venue d'Élie, était reçu ainsi par la fille Sonet , dite la Salamajidre. On l'enveloppait d'un drap et elle gardait un corset, un jupon et des bas. « Ainsi légèrement emmafllottée , elle criait : « Tabous! tabous! » ce qui voulait dire tabourets; et aussitôt deux frères portaient ces deux tabourets qui étaient de fer, à l'exception de deux planches sur lesquelles la Sonet appuyait sa tête et ses pieds ; ils étaient nçiis dans la cheminée des deux côtés du feu, en sorte que lorsque cette fille se mettait dessus, elle était précisément au-dessus des flammes, et que, quelque grand feu qu'il y eût, non-seulement elle n'en souffrait aucune incommodité, mais môme le drap dans lequel elle était enveloppée n'a jamais été endommagé ni seulement roussi, quoiqu'il fût quelquefois dans la flamme — Ordinairement la convulsionnaire demeurait exposée au feu le temps nécessaire pour faire rôtir une pièce de mouton ou de veau'. » plus tard Montgeron revient sur ce môme fait, et dans son troisièine volume^ il y ajoute quelques circonstances nouyelles : « ]La Sonet, dit-il, appelée communément la Salamandre, se couchait au-dessus et même en quelque sorte dans les flammes, où elle demeurait quelquefois si longtemps qu'elle s'y endormait; et que d'autres fois elle niettait ses pieds dans un brasier ardent qui brûlait ses souliers et jusqu'à la semelle de ses bas, sans ciauser à ses pieds la moindre douleur ^.
1 Montgeron, Idée de l'état des convulsionnaires, t. II, p. 32 et 34.
•* Nous croyons devoir rapporter ici les termes du procès-verbal d'une des séances dans lesquelles le secours du feu a été donné à la fille
DANS iE JANSÉNISME. 119
D. — Phénomène de jeune.
Fontaine , que nous avons vu exécuter une convulsion à la façon des derviches, se signala en outre par un jeiine extraordinaire. Écoutons Montgeron ' :
« Forcé par sa convulsion de sortir de son domicile le lundi 9 mars 1739, sans pouvoir y retourner, quelques efforts qu'il put faire. Fontaine alla, par l'effet de la même impulsion qui l'avait chassé de sa retraite , chez un solitaire de ses amis qui le reçut comme un envoyé de Dieu
)) Le lendemain matin il fut contraint d'annoncer que, tout le reste du carême , il ne prendrait qu'un repas par jour, qu'il ferait au pain et à l'eau à six heures du soir, mais que les dimanches il mangerait à dîner du potage et du pain , et au souper tout ce qui lui serait présenté , à l'exclusion du vin. Tout cela fut exactement suivi.
» Après Pâques il fut encore restreint au pain et à l'eau, sans pouvoir faire autrement, avec la liberté néanmoins de manger à midi et au soir, et d'y joindre quelquefois douze
Sonet : «Nous, etc., certifions que nous avons vu cejourd'hui, entre huit et dix heures du soir, la nommée Marie Sonet élant en convulsions, la tète sur un tabouret el les pieds sur un autre, lesdils tabourets étant enlièrement dans les deux côtés d'une grande cheminée et sous le manteau d'icelie, en sorte que son corps était en l'air audessus du feu qui était d'une violence extrême, et qu'elle est restée l'espace de trente-six minutes en cette situation, ej) quatre ditîérentes reprises, sans que le drap dans lequel elle était envtioppc'e, n'ayant pas d'habit, ait brûlé, quoi(iue la flamme passât qtielqucfois au-dessus, ce qui nous $ p^ru tout à fait surnaturel, pu foi de quoi, etc.... Plus, nous certifions que, pendant que l'on signait le présent certificat, ladite Sonet s'est remise sur le feu en la manière d-dessus énoncée, et y est restée pendant neuf minutes, paraissant dormir au-dessus du brasier, qui c[i\\\ Irès-ardeni, y ayant eu quinze bûches et un cotret de brûlés pendant Icsdiles deux heures et quart. « (Montgeron, Idée de l'clat des convulsionnaires, tome II, p. 32.) ' Idée de l'œuvre des convulsions, tome JI, p. j^-^O.
olives; ce qui dura jusqu'au 19 d'avril, que l'impression de sa convulsion lui fit déclarer forcément qu'il passerait quarante jours de suite s'ans prendre aucune nourriture, mais sans spécifier quand commencerait ce terrible jeûne.
» L'impossibilité où il se vit dès le lendemain 20 avril • de pouvoir rien porter à sa bouche, non plus que les jours suivants, malgré toutes ses tentations, lui fit juger que le temps d'exécuter ce grand jeûne était déjà venu, mais il se trompa; celui-ci qui ne dura que dix-huit jours, n'en était que la préparation. Cependant si l'on fait attention à tout ce qu'il a été forcé de faire dans ce jeûne si singulier, on verra qu'il est aussi surnaturel que celui de la quarantaine et qu'il a été bien plus rigoureux par rapport aux efïets.
» Mon-seulement Fontaine a été privé de toute nourriture et boisson pendant ces dix-huit jours, mais même il travaillait tout le jour à un ouvrage des mains... qu'il n'interrompait que pour réciter les offices aux heures canoniales , et il était forcé encore de passer les nuits presque entières à prier et à réciter des psaumes , jusqu'à deux heures qu'il disait matines avec son compagnon de retraite; ensuite de quoi, toujours entraîné par une impulsion contre laquelle ses résistances étaient vaines, il était obligé d'aller à une messe qui se dit à quatre heures du matin à l'église de Saint-Eustache, dont il est assez éloigné.
» Mais ce qui l'a le plus épuisé, c'est un très-étonnant gargarisme auquel l'instinct de sa convulsion l'a obligé dès le cinquième jour de son jeûne , quelquefois avec du vinaigre très-fort et tout pur qui lui enlevait la peau de la bouche et de la langue; ce que néanmoins il fut forcé de continuer presque sans relâche le jour et la nuit, jusqu'au dix-huitième jour de ce jeûne où il ne lui restait plus qu'un souffle de vie
DANS LE JANSÉNISME. 12i
» Si ce tiinnt exercice se fût borné à l'afTfiiblir beaucoup en le dégageant avec effort des eaux acres et des sérosités de la lele, de la poitrine, de l'estomac, et à le débarrasser des mauvais levains qu'il pouvait avoir, on n'en
aurait été ni surpris ni alarmé; mais ce gargarisme meurtrier a bien produit un autre effet Il a détruit tout ce
qui donnait de la vigueur à son corps; il a absorbé la substance la plus spirilueuse du sang; il a consumé jusqu'à la moelle des os, suivant que l'assurait le convulsionnaire; et après lui avoir ôlé toutes ses forces. . . , il l'a laissé presque sans mouvement et sans vie.
» Tant de pertes et de fatigues, jointes à une privation totale de nourriture et de boisson , l'exténuèrent enfin tellement que dès le 4 mai, quinzième jour de son jeûne, il était d'un décharnement affreux; déjà l'ardeur du feu qui dévouait ses entrailles avait consumé le peu de cbairs qui lui étaient restées. Il n'était qu'un squelette couvert d'une peau sèche et livide qui, étant collée sur ses os, en représentait toute la forme. On l'eût pris volontiers pour une de ces momies d'Egypte qui ne se conservent que par leur entier dessèchement.
» Depuis ce jour-là il baissait à vue d'œil; néanmoins le lendemain 5 mai il essaya d'aller à la messe de quatre heures, comme il avait encore fait la veille; mais il fallut se contenter de la bonne volonté. Son ami, le voyant si faible, ne voulut point l'abandonner dans une si périU leuse entreprise. Ils partirent ensemble avant trois heures et demie du matin et ne rentrèrent qu'à plus de huit heures, sans avoir pu faire que la moitié du chemin de leur maison à Saint-Eustache.... Avant que le jour fût venu , il pria deux fois son conducteur de lui ramasser dans le ruisseau, avec une tasse de cuir..., de
l'eau bourbeuse et croupie avec laquelle il se gargarisa. Lorsqu'on commençait à ouvrir les boutiques, il entra dans une maison où l'on vendait de la bière et en demanda pour se gargariser; le maître, voyant qu'il la rejetait sitôt qu'elle était dans sa bouche, frappé dp sa figure étique et de voir qu'il ne pouvait presque se soutenir ni parler, le
prit pour un ivrogne et le chassa honteusement Mais
sa convulsion le contraignit malgré lui d'entrer encore dans qualre autres boutiques, à deux desquelles on le traita à peu près de môme,
» Dans cet état forcé, il conservait une entière liberté d'esprit
» M, Fontaine, de retour chez son ami, ne put plus sortir. Il avait même de la peine à se tenir sur ses jambes. 11 sentit mieux qu'il n'avait fait jusque-là, mais sans en être ébranlé , le terrible état où il était. « Jq suis, disait-il, une araignée desséchée; ma vie ne tient qu'à un de ses fils. » Eu eftet , dès ce moment et encore plus le lendemain 6 ipai, dix-septième jour de sou jeûne, il tomba dans une extrémité désespérée , et l'impossibilité d'avaler une seule goutte d'eau subsistait toujours. Tous ceux qui le voyaient ne trouvaient plus aucun milieu entre la mort et un mjracle ; lui seul conservait uii calme et une sécurité parfaits qu'il fai^îiil< conijaître non-seulement par son air content et tranquille, mais aussi par ces paroles : « Je vivrai et ne mourrai pas , non morinr, sed vivant », les seules qu'il put articuler alors et qu'il répétait souvent.
» 11 le§ dit encore eu balbutiant le 7 niai, dix-huitième jour de son jeûne , à sept heures du matin; mais peu î|iprès il parut réduit à une défaillance si complète et à un tel anéantisseniei)t, qu'enfin on n'ei^ espérait plus rien. Plus de parpjjes, presque ^^ns jDpuvpmciit et sans pouls, i^n
visage totalement défait, des yeux éteints, jijji râle avantcoureur de la mort : tout annonçait qu'elle était proche et
qu'il allait rendre le dernier soupir Les personnes qui
le gardaient la nuit et qui lui mettaient dans la bouche de temps en temps quelques liqueurs qu'il rejetait aussitôt s'aperçurent en6n que le passage se trouva tout à coup entièrement libre —
» Dès le lendemain son directeur voulut qu'il se mît
entre les mains d'un médecin et qu'il en suivît les avis
Voici le succès des bouillons et de tout ce qui lui fut ordonné. Un dévoiement fâcheux et presque continuel, une enflure prodigieuse, surtout aux jambes et aux pieds, qu'il avait monstrueux ; un visage toujours pâle et trèsbouffi ; un dégoût général pour toute boisson et nourriture , jusqu'au sel qui lui paraissait fade et au vinaigre qui lui semblait insipide, furent les effets du règlement de vie qu'on lui imposa pendant trois semaines; ce qui a continué dans ses autres régimes et jusqu'au moment du grand jeûne dont il me reste à parler, à la réserve qu'il n'était pas tout à fait si faible ni si enflé.
» Le lundi 22 juin il déclare à son lever, par l'instinct de sa convulsion , que de ce jour-là commence son jeûne annoncé le 49 avril , et en effet il l'exécute. Dès les premiers jours, le fruit de ce jeûne est de le guérir de toutes ses infirmités. L'endure, le dévoiement, tout cesse, et ses forces reviennent de jour en jour.
;) C'est dan? les plus grandes chaleur? de l'été... qu'il plaît à Dieu de priver Fontaine de toute nourriture pendant quarante jours
» A l'égard de la boisson , il n'en a été privé que les neuf premiers jours; le dixième, il a pu boire seulement de l'eau toute pure et continuer ce rafraîchissement jusqu'à
nu LE MERVEILLFATX
la fin de ce jeûne. Au reste c'est dans l'exercice de cette pénitence si prodigieusement austère, gardant la retraite, dormant la nuit et passant le jour à prier, à écrire et à d'autres occupations, que le Très-Haut a voulu rétablir la santé de notre convulsionnaire. »
E. — Phénomhies concernant des objets matériels.
g 1er
DispARiTiox d'j:ostik.
Dans son curieux Journal de Louis XV, Barbier raconte le fait suivant arrivé à l'église Saint-Médard :
« On m'en a conté un (miracle) aujourd'hui des plus extraordinaires. M. jNiquet, qui est le seul bon prêtre qui soit resté à Saint-Médard, c'est-à-dire janséniste, disant la messe , après avoir fait l'élévation du saint ciboire , ne trouva plus l'hostie consacrée ; il la chercha partout sur l'autel, ce qui étonna avec raison les assistants; et enfin elle se trouva à bas sous un banc de la chapelle, au grand étonnement de tout le monde '. »
CHRISTS ENSANGLANTÉS. n'ïtèî
« C'est un fait constant, avéré et qui s'est répété une infinité de fois, qu'à la suite des prières de plusieurs instruments de l'œuvre ^, toutes les images et tableaux de Jésus-Christ attaché à la croix, les crucifix en bronze, en ivoire , etc. , qui se trouvaient dans la chambre de ces mômes instruments de l'œuvre, ont rendu très-visiblement
1 Barbier, II, p. 357.
2 C'est-à-dire des convulsionnaires.
du sang par les cinq plaies , et quelquefois autour de la tête. Plusieurs personnes, au moins à Paris, ont conservé religieusement de ces christs ensanglantés. Observons néanmoins que ce signe n'est pas tout à fait nouveau; car Bossuet, dans ses lettres, dit quelques mots sur un semblable prodige qu'on croyait avoir été opéré dans des temps fort antérieurs. Mais il n'a jamais été aussi fréquent que dans le siècle dernier, en divers endroits , et à la prière de différents convulsionnaires \ »
L'exposé des faits que nous venons de rapporter donne une idée de l'ensemble des phénomènes merveilleux observés parmi les convulsionnaires jansénistes. Les dons les plus variés , on vient de le voir, se sont manifestés sans relâche dans leurs rangs; mais c'est à celui d' invulnérabilité j comme au plus remarquable, que la célébrité restera toujours acquise. Donnons maintenant les preuves de la réalité de ces différents prodiges.
SECTION QUATRIEME
Preuves de la récdité des phénomènes merveilleux observés chez les convulsionnaires jansénistes .
Nous pourrions nous dispenser de rapporter les preuves de la réalité de ces phénomènes, après tout ce qu'on vient de lire ; car il n'est guère probable que le doute puisse s'élever dans l'esprit de qui que ce soit. Néanmoins, pour ne laisser prise à aucune objection, nous grouperons en faisceau celles que fournit le sujet. Elles sont de nature à
* Extraits, elc, tome II, p. 1o8, noie.
satisfaire les esprits les plus exigeants. Les actes du gouvernement, le témoignage de la population entière de Paris et d'une grande partie de la France, le rapport des historiens, les dissertations des médecins et des savants, tout concorde pour mettre hors de discussion la réalité des prodiges dont il s'agit.
Les actes du gouvernement, disons-nous. On se souvient, en effet, que, pressé d'agir pour mettre un terme aux scandales dont les convulsions étaient la cause , le gouvernement ordonna le 27 janvier 173'2 la fermeture du cimetière de Saint-Médard, laquelle eut lieu le surlendemain 29 janvier. Mais les convulsionnaires ayant continué à se réunir hors du cimetière , une autre ordonnance du 17 février 1733 leur défendit, sous peine de désobéissance, de se donner en spectacle au public , et interdit à qui que ce fût de les recevoir, ou d'aller les voir convulsionner. Or les grands secours se donnaient à cette époque. Depuis lors les as.semblées furent clandestines; de temps à autre la police en surprit quelques-unes et punit les acteurs et receleurs; mais les réunions ne cessèrent pas pour cela. Enfin , en 1762, le parlement prohiba les grands secours ou secours meurtriers. Voilà donc un ensemble de mesures légales dont nul ne peut récuser l'existence et qui suffisent à elles seules pour établir d'une manière irréfragable celle des prodiges jansénistes. Qui d'ailleurs à Paris n'en avait été témoin? La population tout entière était là pour affirmer les plus étranges '. c( Plusieurs de ces miracles (c'est David Hume, le sceptique Hume, qui parle) (ureni prouvés immédiatement, sur les lieuœ, devant des juges d'une intégrité indubitable, et attestés par des témoins accrédités, par des gens 1 Calmeil, 11, p. .373.
DANS LE JA>sSÉNISME. 127
de distinction, dans un siècle éclairé et sur le théâtre le plus brillant qu'il y ait actuellement dans l'univers. Où trouver ailleurs une aussi prodigieuse quantité de circonstances qui concourent pour la confirmation d'un fait, et qu opposer à cette nuée de témoins, si ce n'est X impossibilité absolue de nier la nature miraculeuse des événements qu'il.s attestent'? » Barbier, dans son journal, nous disait déjà (janvier 4732) : « Celte année commence avec deux opérations, qui continuent toujours, malgré le gou-
VERNEMEiNï La sccoudc cst le concours et le culte que
l'on rend au tombeau de M. Paris. On comptait que cette dévotion se ralentirait d'elle-même dans les mauvais temps (il en fait actuellement de très -mauvais); cela n'y fait rien. » Enfin Dulaure, qui ne saurait être suspecté, s'exprime ainsi de son côté : « Les convulsions ont duré à Paris trentecinq ans Dans cette affaire, dont nos annales ire présentent que des exemples extrêmement rares, et n'en présentent aucun qui lui soit pareil par son éclat et sa durée j etc. '^ »
Si nous nous adressons aux médecins et' aux savants, naos voyons que, quelle que soit leur manière d'envisager et d'expliquer les faits, aucun n'élève le moindre doute sur leur existence. Tels sont , au dernier siècle, le médecin Hecquet, qui a fait un traité sur le naturalisme des éoftvulsionS; Morand, le célèbre chirurgien de l' Hôtel-Dieu à Paris, qui décrit dans ses Opuscules chirurgicaux l'épreuve du feu subie par la sœur Sonet , appelée pour cette raison la Salamandre. Après eux vient la Condamine , qui assiste à des scènes de crucifiement dont il a per-
1 Essai philosophique sur V entendement, p. -lO. Cité par M. de Mirville, Des Esprits et de leurs manif. fluid., p. 161.
2 }{ist, de Paris, tome VI, p. 56.
sonnellement dressé les procès-verbaux ' . Dans noire siècle, le docteur Montègre, rédacteur du grand Dictumnaire des sciences médicales , appelé à traiter l'article Convulsionnaires , écrit ce qui suit : « Je dois dire que, quelle que soit ma répugnance pour admettre de semblables faits, */ ne ma pas été possible de me refuser à les recevoir. » Or sa conviction s'était formée, comme il le dit, d'après V authenticité des timioiynafjes sur lesquels ils sont fondés , ai il qualifie à cette occasion l'épreuve de la Salamandre de scime remarquable , non seulement pour le fait en lui-même, mais parce qu'on voit figurer au nombre des témoins qui en certifient la réalité un lord anglais qui en fut si frappé qu'il se convertit, et le frère de Voltaire, Armand Arouet, trésorier de la cour des comptes.
Plus lard , le docteur Bertrand "^ écrit à son tour : « Ces guérisons sont appuyées, dans l'ouvrage de Carré de Montgeron, sur un concours de témoignages si imposants, que les jésuites eux-mêmes, si habiles et si puissants alors, les jésuites qui avaient un si grand intérêt d'en déceler l'imposture, ne purent jamais, comme le fait très-bien remarquer le sceptique Hume, les réfuter d'une manière satisfaisante. »
M. Calmeil, médecin de la maison des aliénés de Cliarenlon, auteur d'un ouvrage sur la folie, qui fait autorité parmi ses confrères, reconnaît aussi l'existence des phénomènes, non-seulement par le soin minutieux qu'il prend à les expliquer scientifiquement, mais aussi par la nuée des témoignages qui les certifient : a Se serait-on résigné, dit M. Calmeil, à croire jamais, si la population tout entière de Paris ne Veut affirmé ^ que plus de cinq cents per-
1 Voir pages 107 et suiv.
3 Du magnétisme animal en France, p. 3CG.
témoignages qui les certifient : « Se serait-on résigné, dit M. Calmell, à croire jamais, si la population tout entière de Paris ne l'eût affirmé, que plus de cinq cents personnes du sexe aient poussé la rage du fanatisme, ou la perversion de la sensibilité, au point de s'exposer à l'ardeur du feu, de se faire presser la tête entre des planches, de se faire administrer sur l'abdomen, sur les seins, sur l'épigastre, sur toutes les parties du corps, des coups de bûche, des coups de pied, des coups de pierre, des coups de barre de fer ' ? »
Les aveux: que nous venons d'enregistrer forment le credo de la science sur le point qui nous occupe. Un accord parfait existe, comme on le voit, entre les partisans et les adversaires du surnaturel. Tous sont unanimes sur ce point capital : lks faits somt réels. Il est inutile, par conséquent, que nous nous arrêtions, en présence des témoignages qui précèdent , à démontrer que tenter de nier les prodiges opérés par les convulsionnaires jansénistes, ce serait vouloir lutter contre l'évidence, et nous pouvons passer à l'examen des explications qu'on en a données.
» Tome II, p. 373.
-rrj'"?"!