‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 49 sur 115 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Naissance et histoire du magnétisme animal. — Exposé des faits attribués au magnétisme. — Preuve de la réalité des effets observés.

SECTION PREMIÈRE

Naissance et histoire du magnétisme animal.

Le jansénisme avec ses convulsions avait développé le goût du merveilleux sur tous les points de la France; il avait aussi ouvert, comme nous l'avons remarqué, la route à une école philosophique qui, s'attachant chaque jour davantage à détruire les bases sur lesquelles reposait l'ancienne société française, ruina du même coup le crédit du merveilleux janséniste, qui prétendait avoir la religion pour point de départ, et le relégua dans l'ombre. Toutefois, les pratiques du merveilleux ostensible ^ ne cessèrent pas pour cela, tant s'en faut; le motif au nom duquel on les provoqua fut différent, voilà tout.

(( La fin de ce siècle si incrédule, dit une dame de la cour de Louis XVP, est marquée de ce caractère incroyable d'amour du merveilleux (je dirais de superstition,

' On se rappelle que nous avons indiqué, page 20, les causes qui firent disparaître de la scène publique le merveilleux observé chez les convulsionnaires jansénis.les. <

2 Oberkirch, tome II, p. 402.

si je n'en étais moi -môme imbue, quoique malgré moi), qui dénote la société en décadence. Jamais les rose-croix, les adeptes, les prophètes, et tout ce qui s'y rapporte, ne furent aussi nombreux, aussi écoutés. La conversation roule presque uniquement sur ces matières ; elles occupent toutes les têtes; elles frappent les imaginations, même les plus sérieuses. Nos successeurs ne comprendront pas comment des gens qui doutent de tout, même de Dieu, peuvent ajouter une foi complète ù des présages. » Ailleurs, ce môme auteur dit encore : « Une chose très-étrange à étudier, et en même temps très-vraie, c'est combien ce siècle-ci, le plus immoral qui ait existé, le plus philosophiquement fanfaron, tourne vers sa fin, non pas à la foi, mais à la crédulité, à la superstition, à l'amour du merveilleux. En regardant autour de nous, nous ne voyons que des sorciers, des adeptes, des nécromanciens et des prophètes; chacun a le, sien sur lequel il compte; chacun a ses visions, ses pressentiments, et tous lugubres, tous sanglants '. »

En un mot, la société française abandonnait ses antiques croyances et tombait sans transition dans le culte du merveilleux ^. C'est pourquoi, lorsque l'Allemand Mesmer parut sur la scène, avec sa découverte du magnétisme animal, le terrain était parfaitement disposé pour le

1 Obérkirch, tome II, p.- 103.

2 Ce culte était en honneur dans le reste de l'Europe comme en France. En Allemagne, ses progrès furent si considérables que l'on aurait pu, à certains égards, croire ce pays revenu aux scènes du sabbat du moyen âge, dans lesquelles le bouc jouait un rôle connu. L'ordre des mopses, qui existait au temps dont nous parlons, en offrait la preuve. Selon le rituel de cet ordre, il fallait, en effet, dans les réunions, « accoler ses lèvres à la partie du chien que la » politesse nous défend de nommer ». (Gyr., la Franc-maçonnerie dans sa véritable signification, tome II, p. 140.)

recevoir. Mesmer appliqua le magnétisme à la guérison des malades et à la révélation des choses futures, ce qui implique le culte des Esprits, qu'on pratiquait déjà avant lui. Lorsqu'il vint à Paris, l'engouement qu'il excita tint de la rage. A peine arrivé, en d778, il vit « son baquet magnétique entouré d'une foule curieuse, dans laquelle figuraient les hommes et les femmes les plus distingués et les plus hauts personnages de la cour. Malgré les protestalions dé l'académie de médecine, qui était allée jusqu'à exclure Deslon de son sein, parce qu'il avait publié un opuscule favorable à la doctrine de Mesmer, le baron de Breleuil avait offert à Mesmer, au nom de l'État, une rente viagère de vingt mille livres, et dix mille livres par an pour le loyer d'une maison dans laquelle il établirait une clinique magnétique; Maurepas avait même fini, à ce qu'il paraît, par lui offrir une terre et un château appartenant au roi, s'il voulait livrer son secret. Soit que Mesmer ne fût pas bien sûr de lui-môme, soit qu'il attendît mieux encore, ces conditions ne furent pas acceptées. Il annonça qu'il quitterait la France en 1781, et ce fut avec grand' peine que la reine obtint qu'il retarderait son départ de six mois. Une souscription fut ouverte alors pour acheter la découverte de Mesmer; elle produisit trois cent quarante mille francs, mais elle ne lui fut pas payée, et une partie des souscripteurs retirèrent leurs soumissions '. »

Mesmer, furieux, s'éloigna de la France, laissant à Paris le docteur Deslon, son disciple et son ami, qui continua les séances magnétiques; mais, tourmenté de la renommée qu'acquérait Deslon, il revint bientôt à Paris, et ouvrit une école d'expériences où il admit près de quatre cents élèves. Cela ne suffisant pas encore pour * Encyclopédie du dix-neuvième siècle; article Mesmer.

satisfaire l'ardeur de propagande, dont il était dévoré , Mesmer créa la Société de V harwatiie universelle, destinée à répandre la connaissance de ses procédés. Le roi nomma, le 12 mars 1784, une commission composée de cinq membres de l'Académie des sciences et de quatre médecins pour lui adresser un rapport sur le magnétisme animal : Franklin, Lavoisier, Bailly, Berthollet, d'Arcet et Guillotin, dont le nom est resté tristement célèbre, en firent partie. Quant à Mesmer, il abandonna définitivement la France avant d'avoir livré à ses élèves ce qu'il appelait son secret. Mai^ on était sur la voie et l'on pouvait s'en passer. Le marquis de Puységur, un des plus anciens et des plus fervents disciples du maître, fit des expérimentations dans sa terre de Buzanci, près de Soissons, et devint l'infatigable propagateur du magnétisme animal.

Depuis l'année 1778, époque de l'importation du magnétisme en P>ance, jusqu'à nos jours, les procédés des magnétiseurs ont été fréquemment changés. Dans le principe, et alors qu'il avait peu de malades, Mesmer se mettait en rapport avec le sujet, puis il agissait sur lui au moyen de passes. Plus tard, lorsque sa clientèle se fut accrue et qu'il lui fallut traiter un grand nombre d'individus à la fois, il inventa le fameux hoquet, dont le nom et le souvenir ont survécu aux progrès de ses successeurs. V Encyclopédie du dia^neuvième siècle (article Ma(;.mîtismk animal) contient les indications suivantes sur l'usage du baquet et sur les procédés de magnétisation qui Font remplacé : « Une petite cuve en bois , appelée baquet, était élevée au milieu d'une vaste salle; son couvercle se trouvait percé d'un certain nombre de Irous d'où sortaient des branches de fer coudées et mobiles.. Les malades étaient

rangés pêle-mêle autour de ce baquet dans une nudité complète, chacun ayant sa tige métallique, qu'il devait appliquer directement sur la partie malade. Une corde enroulée autou^ du corps de chacun d'eux unissait les malades les uns aux autres. Quelquefois on formait une seconde chaîne en les faisant communiquer entre eux par les mains. On ajoutait presque toujours l'influence de la musique, au moyen d'un forlé-piano placé dans un coin de la salle, et sur lequel étaient exécutés diflerents airs sur des mouvements variés ; parfois les malades y joignaient leurs voix en chantant tous en chœur. Le magnétiseur avait dans la main une baguette de fer, longue de dix à douze pouces, considérée comme le conducteur du fluide magnétique, et jouissant de la propriété de le concentrer dans sa pointe. Le son, dans le système mesmérien, était conducteur du fluide nïagnétique, et pour communiquer ce fluide au piano, il suflisait d'en approcher la baguette. L'inté-' rieur du baquet était considéré comme le foyer du fluide magnétique. Les matières qu'il renfermait ne contenaient rien qui fût électrique. Les mesmériens magnétisaient encore directement au moyen de la baguette de fer promenée devant le visage, dessus ou derrière la tête et sur les parties malades, mais toujours en observant la direction des pôles. Il ne faut pas croire que les hommes seuls fussent soumis à la vertu magnétique; on magnétisait les arbres, on les enchantait pour ainsi dire ; il n'est pas môme jusqu'aux corps les plus inanimés, une bouteille, un verre, une tasse grossière qui ne fussent habiles à contracter la vertu magnétique et à la communiquer. Mais, vers cette époque, le magnétisme animal prit une nouvelle forme, un nouveau caractère qui ht modiller ces procédés; M. de Puységur prétendit avoir obtenu des effets curatifs surprenants par le

seul effet de la main, et dès lors l'appareil fantastique de Mesmer fut abandonné pour s'en tenir au seul contact de la main, suivi de simples passes. M. de Puységur enrichit aussi la science d'un fait nouveau d'une grande importance par la découverte du somnambulisme magnétique^ phénomène entrevu déjù par Pailly, mais d^lne manière confuse, et qui aussitôt absorba presque exclusivement l'attention. L'abbé Faria porta plus loin encore le perfectionnement dans les procédés magnétiques, puisqu'il opérait par la seule force de la volonté, et qu'il lui suffisait pour endormir ses malades de le leur commander. D'autres ont fait mieux encore; ils ont magnétisé par la volonté sans qu'il fût besoin pour cela d'aucune manifestation extérieure. D'autres ont opéré le môme prodige à des distances assez éloignées. »

Les succès obtenus par les magnétiseurs firent toujours désirer que l'Académie de médecine sanctionnât le résultat de leurs recherches, et on les vit, à différentes reprises, essayer de faire entrer le magnétisme dans le domaine de la science. Dès 1820, en effet, des expériences eurent lieu dans plusieurs hôpitaux de Paris, et les sommités médicales de l'époque, Georget, Ferrus, Bertrand, Récamier, Fouquier, M. Rostan, etc., signèrent les procès-verbaux qui constataient la réalité des phénomènes magnétiques observés par eux. C'est ainsi que l'Académie de médecine fut amenée à reprendre la question du magnétisme délaissée par elle depuis le travail de la commission instituée par Louis XVL Elle nomma à son tour une commission ' prise dans son sein, qui, malgré

* Cette commission était composée de MM. Bourdois , Fouquier, Guéneau de Mussy, Guersant, Itard, Husson, Leroux, Marc et Thillaye.

DANS LE MAGNÉTISME. Ml

tous les obstacles suscités pour arrêter ses travaux, déposa en i831 un rapport dans lequel étaient affirmés la plupart des résultats magnétiques. Nous donnerons plus loin le texte de ce travail, devant les termes duquel il paraissait bien difficile que la lumière ne se fît pas enfin sur le magnétisme, si le pat'ti pris n'avait résolu d'avance d'enterrer la question par la conspiration du silence; disons-le pourtant, l'inconstance, qui est le cachet distinctif de tous les phénomènes de la nature de ceux dont nous nous occupons, venait merveilleusement en aide aux négateurs du magnétisme.

L'attitude de l'Académie ne pouvait terminer, on le comprend, la lutte entre les magnétiseurs et leurs adversaires; elle continua. En 1837, le docteur Berna ayant voulu obtenir l'attache officielle de ce corps savant auX" expériences qu'il menait à bonne fin depuis longtemps, une enquête eut lieu. Mais M. Berna avait compté sans le caprice de l'agent mystérieux du magnétisme; ses expériences échouèrent devant la commission médicale chargée de les examiner. Les opposants triomphèrent encore une fois au sein de l'Académie. Puis, comme si un mauvais génie hostile aux magnétiseurs s'en fût mêlé, ils triomphèrent une autre fois encore, lorsque mademoiselle Pigeaire vint, sans succès, de Montpellier, pour disputer le prix de trois mille francs proposé par le docteur Burdin en faveur de quiconque lirait sans le secours des yeux. Enfin, en dSiO, on constate un nouvel échec officiel du docteur Teste et de sa somnambule devant une commission nommée par l'Académie de médecine pour vérifier,' entre autres choses, le fait de lecture toujours sans le secours des yeux . Depuis, les magnétiseurs ont laissé de C(Mé l'Académie et ses dispositions antipathiques au magnétisme.

En résumé, on trouve, au début, les savants qui voient les faits, mais ne veulent pas s'en occuper; plus tard, alors que les expériences sont depuis longues années répétées partout, que des médecins de la plus grande réputation, choisis par l'Académie elle-même pour étudier le magnétisme , certifient la réalité des phénomènes qu'ils ont observés, l'Académie, épouvantée du résultat probable pour la science de la constatation des faits, les couvre de son silence le plus absolu, et ne veut à aucun prix se prononcer sur le rapport de sa commission; enfin, plus tard encore, lorsque les phénomènes sont devenus tellement communs que les somnambules pullulent de tous côtés, les savants rejettent les faits comme impossibles, parce que TROIS expériences officielles n'ont pas réussi.

C'est ainsi que l'on croit vider une question sérieuse!...

Telle est, en peu de mots, l'histoire du magnétisme animal depuis son origine jusqu'à nos jours. Il nous reste à citer maintenant une page curieuse qui sert de pièce à conviction pour la partie morale de cette histoire : nous voulons parler du Rapport secret fait à Louis XVI sur le mesraérisme ou magnétisme animal, et rédigé par Bailly. Voici cette pièce ^ :

(c Les commissaires chargés par le Roi de l'examen du magnétisme animal, en rédigeant le rapport qui doit être présenté à Sa Majesté, et qui doit peut-être devenir public, ont cru qu'il était de leur prudence de supprimer une observation qui ne doit pas être divulguée; mais ils n'ont pas dû la dissimuler au ministre de Sa Majesté : ce ministre les a chargés d'en rédiger une note destinée à être mise sous les yeux du Roi et réservée à Sa Majesté seule.

» Cette observation importante concerne les mœurs

1 Elle est relatée dans l'ouvrage de Bertrand, page 51-1 .

)) Ce sont toujours des hommes qui maynélisent

les femmes; les relations alors établies ne sont sans doute que celles d'une malade à l'égard de son médecin; mais ce médecin est un homme, quel que soit l'état de maladie, il ne nous dépouille point de notre sexe, il ne nous dérobe pas entièrement au pouvoir de l'autre; la maladie en peut affaiblir les impressions, sans jamais les anéantir. D'ailleurs, la plupart des femmes qui vont au magnétisme ne sont pas réellement malades; beaucoup y viennent par oisiveté et par amusement; d'autres, qui ont quelques incommodités, n'en conservent pas moins leur fraîcheur et leur force : leurs sens sont tout entiers, leur jeunesse a toute sa sensibilité. Elles ont assez de charmes pour agir sur le médecin ; elles ont assez de santé pour que le médecin agisse sur elles : alors le danger est réciproque. La proximité longtemps continuée, l'attouchement indispensable, la chaleur individuelle communiquée, les regards confondus, sont les voies connues de la nature et les moyens qu'elle a préparés de tout temps pour opérer immanquablement la communication des sensations et des affections. L'homme qui magnétise a ordinairement lesyenoux de la femme renfermes dans les siens; les genoux et toutes les parties inférieures du corps sont par conséquent en contact. La main est appliquée sur les hypochondres et quelquefois plus bas, sur les ovaires. Le tact est donc exercé à la fois sur une infinité de parties, et dans le voisinage des parties les plus sensibles du corps. Souvent l'homme, ayant sa main gauche ainsi appliquée, passe la droite derrière le corps de la femme; le mouvement de l'un et de l'autre est de se pencher mutuellement pour favoriser ce double attouchement; la proximité devient la plus grande possible, le visage touche presque le visage, les haleines se respirent, toutes

les impressions j)hysiques se partagent instantan(';ment, et l'attraction réciproque des sexes doit agir dans toute sa force; il n'est pas extraordinaire que les sens s'allument. L'imagination, qui agit en même temps, répand un certain désordre dans toute la machine; elle suspend le jugement, elle écarte l'attention; les femmes ne peuvent se rendre compte de ce qu'elles éprouvent, elles ignorent l'état où elles sont.

» Les médecins commissaires, présents et attentifs au traitement, ont observé avec soin ce qui s'y passe. Quand celle espèce de crise se prépare, le visage s'enllamme par degrés, l'œil devient ardent, et c'est le signe par lequel la nature annonce le désir. On voit la femme baisser la tôle, porter la main nu front et aux yeux pour les couvrir; sa pudeur habituelle veille à son insu et lui inspire le soin de se cacher. Cependant la crise continue et l'œil se trouble ; c'est un signe non équivoque du désordre total des sens. Ce désordre peut n'être point aperçu par celle qui l'éprouve, mais il n'a point échappé au regard observateur des médecins. Dès que ce signe a été manifesté, les paupières deviennent humides ; la respiration est courte , entrecoupée; la poitrine s'élève et s'abaisse rapidement; les convulsions s'établissent, ainsi que les mouvements précipités et brusques, ou des membres ou du corps entier. Chez les femmes vives et sensibles, le dernier degré, le terme de la plus douce des émotions, est souvent une convulsion. A cet état succèdent la langueur, l'abattement, une sorte de sommeil des sens, qui est un repos nécessaire après une forte agitation.

» La preuve que cet état de convulsion, quelque extraordinaire qu'il paraisse à ceux qui l'observent, n'a rien de pénible, n'a rien que de naturel pour celles qui

l'éprouvent, c'est que, dès qu'il est cessé, il n'en reste aucune trace fâcheuse. Le souvenir n'en est pas désagréable, les femmes s'en trouvent mieux et n'ont point de répugnance à le sentir de nouveau. Comme les émotions éprouvées sont les germes des affections et des penchants, on sent pourquoi celui qui magnétise inspire tant d'attachement; attachement qui doit être plus marqué et plus vif chez les femmes que chez les hommes , tant que l'exercice du magnétisme n'est confié qu'à des hommes. Beaucoup de femmes n'ont point sans doute éprouvé ces effets, d'autres ont ignoré cette cause des effets qu'elles ont éprouvés; plus elles sont honnêtes, moins elles ont dû la soupçonner. On assure que plusieurs s'en sont aperçues et se sont retirées du traitement magnétique ; mais celles qui l'ignorent ont besoin d'être préservées.

» Le traitement magnétique ne peut être que dancjcreux pour les mœurs. En se proposant de guérir des maladies qui demandent un long traitement, on excite des émotions agréables et chères, des émotions que l'on regrette, que l'on cherche à retrouver, parce qu'elles ont un charme naturel pour nous, et que physiquement elles contribuent à notre bonheur; mais moralement elles n'en sont pas moins condamnables, et elles sont d'autant plus dangereuses, qu'il est plus facile d'en prendre la douce habitude. Un état éprouvé presque en public, au milieu d'autres femmes qui semblent l'éprouver également, n'offre rien d'alarmant; on y reste, on y revient, et l'on ne s'aperçoit du danger que lorsqu'il n'est plus temps. Exposées à ce danger, les femmes fortes s'en éloignent, les faibles peuvent y perdre leurs mœurs et leur santé. » Siqné : Franklin, Borv, Lavoisier, Bailly ,

Majault, Sallin, D'Arcet, Guillotin, Leroy.

Fait à Paris, le \\ août 4784. »

Cette pièce n'a pas besoin de commentaire ; aussi voyonsnous Deleuze, dans son Histoire critique du ma(/nétisnic (page i06), insister sur ce que, « dans la pratique du magnétisme, on no saurait prendre trop de précautions pour ne point blesser la décence, et pour éviter tout procédé qui pourrait alarmer la pudeur. » C'est clair.

SECTION DEUXIEME

Eccposé des faits attribués au magnétisme.

Nous avons expliqué dans la préface l'impossibilité où nous avons été de découvrir les procès-verbaux originaux des expériences faites en 4820 à l' Hôtel-Dieu de Paris. Par conséquent, nous ne donnerons ici que ceux que l'on trouve relatés avec guillemets dans différents ouvrages \ regrettant toutefois de n'avoir pu faire un choix : car rien ne constate que ceux que nous ne connaissons pas ne soient précisément les plus curieux au point de vue où nous sommes placé.

Eojpériences magnétiques constatées officiellement par la science.

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