‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 54 sur 115 · U LE MERVEILLEUX · texte numérisé non relu

U LE MERVEILLEUX

purulente jaunâtre. Mademoiselle Céline, que M. Foissac magnétisa en présence du rapporteur, se mit en rapport avec elle, et affirma que l'estomac avait été attaqué par une substance comme du poison, qu'il y avait une légère ' inflammation des intestins; qu'il y avait à la partie supérieure droite du cou une maladie scrofuleuse qui avait dû être plus considérable qu'elle ne l'était à présent; qu'en suivant un traitement adoucissant qu'elle prescrit, il y aurait de l'amélioration dans quinze jours ou trois semaines. Ce traitement consistait en quelques grains de magnésie, huit sangsues au creux de l'estomac, des décodions de gruau, un purgatif salin toutes les semaines, deux lavements chaque jour, l'un de décoction de kina, et, immédiatement après, un autre de racines de guimauve; des frictions d'éther sur les membres, un bain toutes les semaines; et, pour nourriture, du laitage, des viandes légères et l'abstinence du vin. On suivit ce traitement pendant quelque temps, et il y eut une amélioration notable. Mais l'impatience de la malade, qui trouvait que le retour vers la santé n'était pas assez rapide, détermina la famille à convoquer une nouvelle réunion de médecins. Il y fut décidé que la malade serait soumise à un nouveau traitement mercuriel. Le rapporteur cessa alors de voir la malade, et apprit qu'à la suite, de l'administration du mercure, elle avait eu, du côté de l'estomac, des accidents très-graves qui la conduisirent au tombeau , après deux mois de vives souffrances. Un procès-verbal d'aulopsie signé par MM. Fouquier, Marjolin , Cruveilhier et Foissac, constata qu'il existait un engorgement scrofuleux ou tuberculeux des glandes du cou, deux légères cavernes remplies de pus, résultant de la fonte des tubercules au sommet de chaque poumon; la membrane muqueuse du grand

cul-de-sac de l'estomac était presque entièrement détruite. Ces messieurs constatèrent, en outre, que rien n'indiquait la présence d'une maladie vénérienne soit récente, soit ancienne. 1! résulte de ces observations : 1° que dans l'état de somnambulisme, mademoiselle Céline a indiqué les maladies de trois personnes avec lesquelles on l'a mise en rapport; 2° que la déclaration de l'une, l'examen que l'on a fait de l'autre après trois ponctions, et l'autopsie de la troisième, se sont trouvés d'accord avec ce que cette somnambule avait avancé ; 3° que les divers traitements qu'elle a prescrits ne sortent pas du cercle des remèdes qu'elle pouvait connaître , ni de l'ordre des choses qu'elle pouvait raisonnablement recommander; et A" qu'elle les a appliqués avec une sorte de discernement *. »

Eœpériences macjnétiques tirées de différents auteurs.

Nous venons de voir une partie des faits constatés officiellement par la science. On nous saura gré de placer ici le récit de certaines expériences qui n'ont plus l'attache officielle, il est vrai, mais dont la réalité, malgré cela, ne paraîtra pas moins positive. En effet, la science a constaté, entre autres phénomènes, les dons de l'intelligence, de prédiction, de lucidité, pendant le sommeil magnétique; peut-il y avoir beaucoup de prodiges plus surprenants? L'exposé qui va suivre donnera un aperçu de la variété des résultats auxquels les magnétiseurs prétendent être arrivés.

* Avec discernement, aurait dû dire le rapporteur pour rester dans le vrai.

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ARBRE MAGNETISE PRODUISANT LE SOMNAMBULISME , DONNANT l'intelligence a un niais. — MAGNÉTISÉ NE DISANT QUE CE QUE VEUT SON MAGNÉTISEUR.

Nous avons dit que M. de Puységur, retiré dans sa terre de Bqzancy, appliquait le magnétisme à la guérison des malades. 11 écrit à ce sujet, dans ses Mémoires pour servir à rétablissement du mag^iétisme animal, tome l"" ' : « Alin donc de pouvoir opérer sur tous ces pauvres gens un elTet plus continuel, et en môme temps ne pas m'épuijer de fatigue, j'ai pris le parti de magnétiser un arbre , d'après les procédés que nous a indiqués M. Mesmer; après y avoir attaché une corde, j'ai essayé sa vertu sur mes malades. Ce n'est qu'hier soir que j'ai fait ma première expérience; j'y ai fait venir mon premier njalade. Sitôt qu'il a eu mis la corde autour de lui, il a regardé l'arbre et a dit pour toute parole, avec un air d'étonnement qu'on ne peut rendre : (Qu'est-ce que je vois là? Ensuite sa tête s'est baissée, et il est entré dans \m somnambulisme parfait; au bout d'une heure, je l'ai ramené dans sa maison, où je lui ai rendu l'usage de ses sens. »

Dans un autre passage ', M. de Puységur parle aussi du même paysan : a Quand il est dans l'étatmagnétique, ce n'est plus un paysan niais, sachant à peine répondre une phrase; c'est un être que je ne sais pas nommer. Je n'ai pas besoin de lui parler; je pense devant lui et il m'entend, me répond, Yient-il quelqu'un dans sa chambre, il le voit si je veuoe; il lui parle, lui dit les choses que je veux qu'il

1 Cité par Bertrand, page 2i6.

2 Id., page 217.

lui dise, non pas toujours telles que je les lui dicte, mais telles que la vérité l'exige. Quand il veut dire plus que je ne crois prudent qu'on en entende, alors j'arrête ses idées, ses phrases, au milieu d'un mot, et je change son idée totalement. »

Plus loin, M. de Puységur continue le récit de ses expériences ' :•« Je continue de faire usage de l'heureux pouvoir que je tiens de M. Mesmer, et je le bénis tous les jours, car je suis très-utile, et j'opère bien des effets salutaires sur tous les malades des environs. Ils affluent autour de mon arbre; il y en avait ce matin plus de cent trente. C'est une procession perpétuelle dans le pays; j'y passe deux heures tous les matins. Mon arbre est le meilleur baquet possible; il n'y a pas une feuille qui ne communique la santé; chacun y éprouve plus ou moins de bons effets. Je n'ai qu'un regret, c'est de ne pouvoir pas toucher tout le monde; mais mon homme, ou pour mieux dire mon intelligence , me tranquillise; il m'apprend la conduite que je dois tenir. Suivant lui, il n'est pas nécessaire que je touche tout le monde j un regard ^ nn geste j une volonté, c'en est assez; et c'est un paysan (celui dont il vient d'être question), le plus borné du pays, qui m'apprend cela. Quand il est en crise, je ne connais rien de plus profond, de plus prudent et de plus clairvoyant que lui. J'en ai plusieurs autres qui approchent de son état, mais aucun ne l'égale, et cela me fâche; car, mardi pro* chain, adieu mon conseil; cet homme n'aura plus besoio-^,,^^ d'être touché, et certes aucune curiosité ne m'engagera r jamais à me servir de lui sans le but de sa santé et de son bien. »

1 Cité par Bertrand, page 218.

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