‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 55 sur 115 · DON DES LANGUES PRODUIT PAR LE MAGNÉTISME · texte numérisé non relu

DON DES LANGUES PRODUIT PAR LE MAGNÉTISME

u Pendant mon séjour à Tours, raconte M. Lafontaine ', je magnétisai une somnambule, à qui on parlait espagnol, latin, anglais, portugais, allemand, grec, et la somnambule répondait en français à toutes les questions faites dans ces diverses langues. Mais une personne lui fit une question en hébreu, la somnambule ne répondit pas; je la pressai et lui demandai pourquoi elle ne répondait pas; elle me dit : « Mais la raison est simple : ce monsieur me dit des mots, mais il ne les comprend pas, il ne sait pas ce qu'ils veulent dire, alors je ne puis rien lui répondre, il ne pense pas. Les mots sont des signes de convention, il faut qu'ils expriment quelque chose dans la pensée de celui qui les prononce, pour qu'ils aient de la valeur; je ne m'attache pas aux mots, je ne puis les comprendre; c'est à la pensée seulement que je vois, que je puis répondre, n En effet, la personne convint qu'elle avait demandé à un israélite de ses amis de lui vouloir bien indiquer une phrase en hébreu, mais dont il n'avait pas pensé à demander le sens. j>

SOMMEIL, INSENSIBILITÉ, FUREUR, PROVOQUÉS SUR LES ANIMAUX PAR LE MAGNÉTISME.

« J'ai fait des essais sur plusieurs animaux, dit M. Lafontaine*, et j'ai obtenu un plein succès. Le public de Paris se rappelle sans doute le chien que je présentai le 20jah-

' Lafontaine, page 243.

2 Id., page 253.'

vieV i843, dans une séance publique, salle Valenlino. C'était un petit lévrier qui m'avait été donné depuis huit jours; quinze cents personnes se trouvaient dans la salle, parmi lesquelles beaucoup d'incrédules et de malveillants. Dès les premières passes que je fis pour endormir le chien, ce fut une explosion générale de railleries et de sifflets. On appelait l'animal, on cherchait à détourner son attention et à empêcher l'effet de se produire. Je le tenais sur mes genoux, d'une main je lui prenais une patte, et de l'autre je faisais des passes de la tète au milieu du corps. Après quelques minutes, le silence le plus profond régnait dans la salle ; on avait vu la tête du chien tomber de côté et s'endormir profondément. Je lui cataleplisai les pattes, je le piquai, et le chien ne donna aucun signe de sensation ; je me levai et le jetai sur le fauteuil; il resta sans faire le plus petit mouvement : c'était un chien mort pour tous. On lui tira un coup de pistolet dans l'oreille, rien n'indiqua qu'il eût entendu. On peut dresser des chiens à bien des exercices; on peut les instruire, et nous en avons vu de bien savants; mais il n'est pas possible de les habituer à supporter la douleur sans qu'ils donnent signe de sensation; c'est donc réellement la paralysie que je produisis sur ce chien par l'effet du fluide magnétique. Plusieurs personnes vinrent lui enfoncer des épingles par tout le corps. C'était un vrai cadavre. Je le réveillai, et aussitôt il redevint vif, gai, comme il l'était avant, le nez en l'air, tournant la tête à chaque bruil, à chaque appel. Ici on ne pouvait plus douter, on ne pouvait plus croire au compérage : il fallait admettre le fait physique, l'action sur les animaux.

» A Tours, dans une ménagerie, à l'époque de la foire, en 1840, j'essayai d'agir sur un lion, sans en prévenir per-

sonne. Je me plaçai près de sa cage et je fixai mes regards sur les siens. Bientôt ses yeux ne purent soutenir ma vue, ils se fermèrent; alors je lançai le iluide d'une main sur la tôte, et j'obtins après vingt minutes un sommeil profond. Je me hasardai alors à toucher avec toutes les précautions possibles sa patte, qui se trouvait près des barreaux; m'enhardissant, je le piquai, il ne remua pas. Convaincu que j'avais produit l'eflet voulu, je lui pris la patte et la soulevai; puis je touchai la tête et j'introduisis la main dans sa gueule. Le lion resta endormi; je le piquai sur le nez, et le lion ne bougea pas, au grand étonnement des personnes présentes, qui n'osaient en croire leurs yeux. Je le réveillai : aussitôt le lion ouvrit les yeux et reprit ses allures, qui ne donnaient certainement pas la tentation de renouveler les attouchements

. . . J'essayai l'action sur une hyène, mais j'obtins des effets tout différents. Sitôt que la hyène sentit le fluide, elle donna des signes d'inquiétude, elle n'eut plus un moment de repos, et enfin elle arriva au paroxysme de la fureur. Si la cage n'avait pas été solide, elle l'aurait brisée pour fondre sur moi. Toutes les fois que j'essayai sur cette bête, toujours la même fureur se manifesta; et môme après deux ou trois fois, j'entrais à peine dans la ménagerie qu'aussitôt elle s'élançait sur moi. Ce fut au point que le propriétaire me pria instamment de ne plus venir, craignant, malgré la solidité de la cage, qu'elle ne la brisât et qu'il n'arrivât un accident. »*

PHÉNOiaÈNES IJ* ATTRACTION ET DE CONVULSIONS MAGNÉTIQUES K SCÈNE d'ivresse.

Huit élèves de l'École polytechnique avaient demandé à M. Dupotet une conférence particulière pour causer avec lui du magnétisme. M. Dupotet, après quelques explications préalables, obtint sur eux les résultats suivants :

« V Une commotion semblable à celle du lapin frappé sur la nuque — (c'est l'expression du sujet que nous rapportons ici textuellement; ses jambes ont fléchi, etc.);

» "2" Le phénomène de l'attraction invincible (vers lui M. Dupotet), sur un second sujet retenu en vain par quatre de ses camarades;

» 3" Une pièce de cinq francs étant magnétisée sans doute à cette intention, et placée sur la cheminée, le troisième sujet a subi une fascination telle que, malgré le bruit, les conversations, etc., il n'a pu en détacher les yeux ;

» 4" Celui-ci, étant assis, a décrit avec son corps la parabole exacte d'un cerceau sur sa chaise, à la volonté du magnétiseur;

» 5° Trois autres, debout et appuyés mutuellement la main sur l'épaule, ont été renversés comme frappés de la foudre ;

» 6° Enfin, — le dernier, — jeune homme de vingtcinq ans, a éprouvé tous les symptômes de l'ivresse, sa titubation, ses désordres, etc., etc

» Cette conférence, poursuit M. Dupotet, en amena une autre. . . Trente-trois élèves de l'École polytechnique vinrent

1 Journal du magnétisme, tome XV (année 4856), page 28 et 29.

ensemble me demander de faire sur eux quelques expériences comme celles que j'avais faites, le dimanche précédent, sur quelques-uns de leurs collègues. Le temps n'était pas très- favorable : il faisait froid et humide; néanmoins, je me rendis à leurs désirs et je soumis plusieurs d'entre eux à la magnétisation. Les premières tentatives furent sans résultat apparent; puis quelques-uns des magnétisés sentirent distinctement l'action exercée sur eux, et les magnétisations continuant, quatre d'entre eux furent vivement impressionnés. Une sorte de tétanos, accompagné de tremblements nerveux d'un caractère particulier et indescriptible, s'était développé assez rapidement, et la crainte commençait à naître chez les spectateurs. Je dus, à la demande de ces derniers, cesser une démonstration dont le but était déjà dépassé. On fut obligé de soutenir les magnétisés, que je m'empressai de calmer et de rendre à leur état naturel. Deux, entre autres, avaient été couchés à terre par la force magnétique exercée à une distance de plusieurs mètres. »

(CAS d'épilepsie et de folie déterminé par la magnétisation'.

« A Manchester, le docteur N..., magnétisant un jeune homme, produisit la folie furieuse et l'épilepsie. Il fallut l'emporter, le hisser dans une voiture et le transporter chez lui. Nous nous mîmes à quatre pour cette difficile opération, et il fallut huit hommes pour le monter dans sa chambre ; il nous renversa tous dans l'escalier; ses forces étaient centuplées. Fort heureusement, dans ce moment, je pus m'emparer de l'estomac et appuyer mes doigts sur l'épi- 1 Lafontaine, page 452.

gasire; je le maintins, et nous arrivâmes dans sa chambre, où nous eûmes toutes les peines du monde à le coucher.

)) Je l'endormis à force de magnétisation; alors je fus maître et des convulsions et de la folie; lorsque je le réveillai après quelques heures, la folie se représenta dans toute sa fureur; puis il y eut un accès d'épilepsie avec convulsion et écume à la btfuche.

» Ce fut pendant celte crise épileptique que je parvins à l'endormir de nouveau; il m'a fallu trois jours et trois nuits, sans le quitter et le maintenir toujours dans le sommeil, pour ramener la raison et faire cesser les crises épileptiques.

» Lorsqu'il fut rétabli, je restai quelque temps sans pouvoir le magnétiser : à peine l'avais-je endormi, qu'il s'éveillait aussitôt comme s'il éprouvait une secousse violente. »

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