‹ Le mervèilleux dans le Jansénisme, [microform] le magnétisme, le Méthodisme et le Baptisme americains, l'épidémie de Morzine, le spiritisme; recherches nouvellesChapitre 7 sur 115 · ELLES NAISSENT AU TOMBEAU DU DIACRE PARIS · texte numérisé non relu

ELLES NAISSENT AU TOMBEAU DU DIACRE PARIS

De même que parmi les Camisards les convulsions dénotaient la présence de l'Esprit chez l'Inspiré, de même les convulsions sont ici le signe extérieur de V invulnérabilité d'emprunt et momentanée acquise au convulsionnaire. En effet, hors de Y accès le sectateur de Paris redevient un simple mortel sujet à toutes les imperfections de la nature humaine et notamment à la vulnérabilité.

Ces convulsions spéciales naquirent au tombeau du

* Voir De V inspiration des camisards, p. 46 à 67. Paris, Henri Pion, 1859.

diacre. Des malades qui touchèrent le marbre de la tombe ou s'étendirent dessus les éprouvèrent les premiers; puis la terre et les reliques de Paris les procurèrent. Ainsi, on les obtenait en buvant de l'eau dans laquelle on avait délayé de la terre du cimetière Saint-Médard et des cimetières où l'on enterrait de fervents jansénistes.

ELLES SONT COMMUNICABLES.

Les convulsions devinrent rapidement transmissibles. Hecquet, médecin au dernier siècle, nous apprend qu'on les contractait si facilement qu'il suffisait de voir ou de toucher des convulsionnaires pour les prendre ' . Le contact des reliques de saints jansénistes déterminait aussi leur explosion^.

Elles étaient accompagnées de hurlements, de contorsions, de sauts violents, d'élancements du corps en l'air, comme chez la veuve Thévenet', de rotation périodique, comme chez Fontaine^, etc., etc. Elles atteignaient les enfants de l'âc/e le plus tendre^ aussi bien que les vieillards, les malades qui demandaient leur guérison au diacre, aussi bien que les oisifs, les curieux, les sceptiques, les anticonvulsionnistes qui allaient voir convulsionner. Les femmes en éprouvèrent ensuite dans leur famille. On trouvait des convulsionnaires de toute sorte « de condition, de tempérament, des riches et des pauvres, des gens de lettres et des ignorants, des ecclésiastiques,

1 Le naturalisme des convulsions, p. 173.

2 Voir plus loin, p. 69.

2 Voir chapitre ii.

^ Voir page .64.

^ Montgeron, Idée de l'œuvre des convulsions, II, p. 58.

des religieux, des officiers, des marchands', etc. » « Mais il faut convenir, dit Montgeron '^, qu'en général Dieu a choisi les convulsionnaires dans le commun du peuple; que de jeunes enfants, principalement des filles, en ont composé le plus grand nombre; que presque tous avaient vécu jusque-là dans l'ignorance et l'obscurité; que plusieurs étaient disgraciés de la nature , qu'il y en avait qui, hors de leur état surnaturel, paraissaient même imbéciles. »

§ ni.

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