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Le Bailli de %ességîiier
A la Présidente du Bourg
Malte, 25 novembre 177/».
Je partage bien sincèrement le plaisir que M. du Bourg et vous, ma chère cousine, avez d'être réunis à vos enfants. Je suis trop heureux d'avoir eu l'occasion de vous témoigner dans la personne de l'aîné des chevaliers, combien je suis jaloux de vous plaire. J'aurais porté bien plus loin les marques de mon amitié, si j'eusse été moins contrarié par les circonstances : des temps plus favorables se présenteront, et je ne manquerai pas de les saisir, vous pouvez y compter. Mais ne comptez pas que j'aille à Toulouse : trop d'obstacles s'opposent à ce voyage.
Je passerai d'abord quelque temps à ma commander ie où j'ai deux affaires bien sérieuses à régler, ma subsistance et le paiement des énormes dettes que j'ai contractées : elles ne sont guère au-dessous de 200.000 francs. Quelle étonnante position pour un cadet de Languedoc qui n'avait pas une obole de patrimoinel mais c'est un miracle de l'amitié.
Je me flatte de pouvoir aller jouir quelque temps,
vers l'été prochain, du spectacle si intéressant et si rare d'un jeune Roi, plein de justice et d'humanité, et des ministres honnêtes qui l'environnent. Mon vieux ami M. de Maurcpas (r), a daigné me marquer un désir flatteur de me voir; et comme je souhaite passionnément de me réunir à lui, je ferai tous mes efforts pour en venir à bout. Sa signature qui me fait trembler, m'aver tit que je n'ai pas de temps à perdre.
Ce n'est pas sans beaucoup d'amertume que je me vois privé de la douceur de retourner dans mon pays. Je n'y aurais pas eu d'agrément plus sensible que celui de multiplier sous vos yeux les preuves de rattachement respectueux avec lequel j'ai l'honneur d'être, ma cousine, votre très humble et très obéissant serviteur.
Le Bailly de Rességuier.
(i) Ils avaient fait des chansons ensemble, victimes tous les deux de* la vengeance de M™® de Pompadour. En 1774, Maurepas avait 73 ans et le bailli de Rességuier 5o.