Le message de la théosophie; recueil de pensées secourables appropriées à l'heure actuelle
Cherche les Voies. Mais, ô Lanou, aie le cœur pur avant d'entreprendre ton voyage. Avant de faire le premier pas apprends à discerner ce qui est réel de ce qui est faux, ce qui est à jamais passager de ce qui est éternel. Apprends surtout à séparer la science du Cerveau de la sagesse de l'Ame, la doctrine de Y "Œil" de celle du "Cœur."
Cependant l'ignorance même est à préférer à la science du Cerveau, à laquelle manque la sagesse de l'Ame pour l'illuminer et la guider.
* Fragments choisis du Livre des Préceptes dorés, ancienne œuvre mystique, traduits par " H. P. B."
Car l'esprit est comme un miroir, qui, à force de refléter, se couvre de poussière. Il lui faut les douces brises de la sagesse de l'Ame pour se débarrasser de la poussière de nos illusions. Cherche, ô Néophyte, à unifier ton Esprit et ton Ame.
"Grand Vanneur" est le nom donné à la "Doctrine du Cœur," ô Disciple.
La roue de la Bonne Loi tourne rapidement. Elle moud nuit et jour, séparant la balle sans valeur du grain doré, le rebut de la farine. La main du Karma guide la roue, dont les révolutions marquent les battements du cœur karmique.
La vraie connaissance est la farine, la balle le faux savoir. Si tu veux te nourrir du pain de Sagesse, il te faut pétrir ta farine des eaux claires d'Amrita [de l'immortalité]. Mais si tu pétris la balle de la rosée de Mâyâ [de l'illusion], tu ne créeras que de la nourriture pour les noires colombes de la mort, oiseaux de la naissance, de la décrépitude et de la douleur.
Sème des actes de bonté et tu en récolteras les fruits.
Aie de la patience, ô Candidat, comme celui qui ne craint aucun insuccès ni ne brigue aucun succès. Fixe le regard attentif de ton Ame sur Tétoile dont tu es le rayon, l'étoile étincelante qui brille dans les noires profondeurs de l'être toujours existant, dans les champs illimités de Tlnconnu.
Aie de la persévérance, comme celui qui dure à jamais. Tes ombres [tes personnalités] vivent et disparaissent; ce qui en toi vivra à jamais, ce qui en toi connaît^ car c'est la connaissance, ne relève point de cette vie passagère: c'est l'Homme qui a été, qui est et qui sera, pour qui l'heure ne sonnera jamais.
Sors de la lumière du soleil dans l'ombre pour faire plus de place aux autres.
Vivre pour le bien de l'humanité est le premier pas. Pratiquer les six glorieuses vertus est le second.
Tu peux en ce "jour" [en cette incarnation] créer tes chances pour ton " lendemain. " Dans le "Grand Voyage" [le cercle des renaissances], les causes semées à toute heure portent chacune sa moisson d'effets, car la Justice inflexible gouverne le monde. Emportant toutes choses dans sa puissante action, elle répartit entre les mortels sans jamais se tromper des vies soit de bonheur soit de malheur, progéniture karmique de toutes leurs pensées et de tous leurs actes antérieurs.
C'est du bourgeon du Renoncement du moi que sort le doux fruit de la Délivrance finale.
Le dévot égoïste vit inutilement.
Sois humble, si tu désires atteindre la sagesse. Sois plus humble encore, quand tu auras acquis la sagesse.
Pour atteindre au Nirvana il faut acquérir la Connaissance de Soi: Connaissance qui est fille des actes d'amour.
La voie de la libération finale est au dedans de ton moi.
Cette voie commence et finit en dehors du moi [du moi inférieur].
La voie est une, ô Disciple, et pourtant, à la fin, elle est double. ... A une extrémité — bonheur immédiat, à l'autre — bonheur différé: tous deux sont la récompense de mérite: à toi de choisir.
Devant toi se tient la Vérité dévoilée; te regardant sévèrement en face elle dit:
"Doux sont les fruits du Repos et de la Libération pour l'amour du moi; mais plus doux encore les fruits du devoir long et amer, du Renoncement pour l'amour d autrui, des hommes, tes frères qui souffrent.,,
Celui qui devient un Pratyêka-Bouddha [qui ne désire que le salut personnel], ne prête obéissance qu'à son moi. Le Bodhisattva qui a gagné la bataille, qui tient le prix entre ses mains, et pourtant dans sa compassion divine dit:
"Pour l'amour d'autrui je renonce à cette grande récompense," s'accomplisse le grand Renoncement.
Un Sauveur du Monde, voilà ce qu'il est.
Si tu désires traverser la Salle de la Sagesse pour arriver à la Vallée de la Béatitude, ô Disciple, défends tes sens contre la grande hérésie de l'Isolement qui t'incite à te séparer de tes semblables.
Lutte avec tes pensées impures avant qu'elles ne t'aient en leur pouvoir. Traite-les comme elles te traiteront, car, si tu les épargnes et qu'elles prennent racine et croissent, sache-le bien, ces pensées te subjugueront et te tueront. Prends garde, Disciple, ne permets pas à leur ombre même d'approcher. Car elle croîtra et, augmentant en grandeur et en puissance, cette chose des ténèbres absorbera ton être avant que tu aies pu te rendre compte de la présence du monstre infect et noir.
Avant que l'Esprit-Âme puisse comprendre, il faut que le bourgeon de la personnalité soit retranché, que le ver des sens soit détruit sans possibilité de résurrection.
Tu ne saurais marcher dans la Voie avant d'être devenu cette Voie elle-même.
Ne désire rien. Ne t'irrite point contre le Karma ni contre les lois immuables de la Nature. Lutte seulement contre ce qui est personnel, passager, évanescent et périssable.
Aide la Nature et travaille à l'unisson avec elle; et la Nature te regardera comme un de ses créateurs et s'inclinera avec révérence devant toi.
Garde-toi de mettre ton pied encore souillé sur Téchelon le plus bas de l'échelle [du progrès spirituel]. Malheur à celui qui ose en souiller même un seul échelon de ses pieds fangeux. La boue impure et visqueuse séchera et deviendra collante. Les pieds empêtris dans cette boue, le Disciple sera comme un oiseau pris à la glu de l'oiseleur rusé, et tout progrès cessera pour lui. Ses vices prendront forme et le tireront en bas. Ses péchés élèveront la voix comme éclate le rire du chacal qui crie après le coucher du soleil; ses pensées devenues aussi nombreuses qu'une armée s'empareront de lui comme d'un esclave fugitif.
LE MESSAGE DE LA THEOSOPHIE y
Anéantis tes désirs, ô Lanou, rends impotents tes vices avant de faire le premier pas de ton voyage solennel.
Tu ne laisseras point tes sens faire de ton esprit un tferrain où ils puissent s'ébattre à volonté.
Prends garde que par souci du moi [du moi inférieur], ton Ame ne perde pied sur le terrain de la Connaissance-Déva.
Prends garde que par oubli du MOI [du Moi supérieur], ton Ame ne perde de l'empire sur son esprit tremblant, et soit ainsi frustrée de la maturation légitime de ses conquêtes.
La lumière qui vient du Maître UNIQUE, l'inaltérable lumière de l'Esprit, projette dès le début sur le Disciple ses rayons éclatants, pénétrant les épais nuages noirs de la matière.
Il existe beaucoup de précepteurs, la MAÎ- TRESSE-ÂME est une, c'est Alaya, l'Âme Universelle. Vis en ce MAÎTRE, tout comme Son rayon vit en toi. Vis en tes semblables, tout comme ils vivent en Lui.
En l'homme tout est impermanent sauf l'essence pure et radieuse d'Alaya. L'homme est son rayon cristallin, une étincelle de lumière immaculée au dedans, une forme d'argile à l'extérieur. Ce rayon est le guide de ta vie et ton vrai Moi, le Veilleur et le Penseur silencieux, la victime de ton moi inférieur.
Hélas, hélas, se peut-il que tous les hommes possèdent Alaya, soient identiques à la Grande Âme, et que, la possédant, Alaya leur serve si peu!
Regarde comment, semblable à la lune réfléchie dans les vagues tranquilles, Alaya se
reflète également dans ce qui est petit et dans ce qui est grand, et, scintillant même dans les moindres atomes, manque pourtant d'atteindre le cœur de tous. Hélas, comment se fait-il que si peu d'entre les hommes profitent de ce don inestimable d'apprendre la vérité, la perception juste des choses existantes, la Connaissance du non-existant!
On peut comparer les Disciples aux cordes de la Vînâ qui répètent les échos de l'âme; l'humanité à sa table d'harmonie; la main qui la fait résonner, au souffle de la grande Âme du monde. La* corde qui ne répond pas au toucher du Maître, en douce harmonie avec toutes les autres, se brise — et est rejetée. De même en va-t-il des esprits collectifs des Lanou-shravâkas [des Disciples]. Ils doivent s'accorder avec l'esprit de l'Upâdhyâya {du Maître], devenir un avec l'Ame Suprême, qui pénètre tout — ou, se briser.
As-tu, ô Candidat à la Lumière, accordé ton être à la grande douleur de l'humanité?
La Compassion parle et dit: "Comment la Béatitude serait-elle possible tant que souffre tout ce qui vit? Veux-tu te sauver et entendre gémir le monde entier ?"