ENSEIGNEMENTS THÉOSOPHIQUES
Nous ne pouvons obtenir une conception claire de la Vérité, de ce que sont nos devoirs envers nous-mêmes et envers nos semblables, nous ne pouvons nous préparer à l'enseignement d'autrui ou à l'aide d'autrui, qu'à la condition de purifier et d'affermir préalablement notre propre vie, et d'édifier notre caractère moralement aussi bien qu'intellectuellement.
Il nous faut d'abord purifier notre esprit, et ensuite mener "une vie droite et tenir notre esprit ouvert." Ce sont là les premiers pas qui nous conduisent vers le Temple de la Sagesse Divine.
Combien grand est le stimulant pour l'action droite qui se trouve dans la doctrine de la Réincarnation, et dans celle du Karma qui nous enseigne que "Ce que l'homme a semé, il le récoltera aussi."
Il faut que notre âme nous persuade de faire le pas décisif qui nous changera, qui nous pénétrera, non seulement, du sens de notre devoir ici dans cette vie-ci, mais aussi du besoin
d'un entendement plus clair des possibilités de la vie humaine.
Accomplis tout acte comme un service d'amour offert au Moi Divin du monde; mets-y tout ce qu'il y a de meilleur en toi. De cette manière tes luttes aboutiront une à une à victoire définitive. Le succès ne vient pas sans l'effort, souvent il ne vient pas sans l'effort renouvelé; mais l'intensité même de la lutte, le sentiment même de sa nécessité, ton désir même de faire l'effort, prouvent qu'il existe déjà en toi un "pouvoir divin" qui exige ta participation, et qui te récompensera plus que tu ne peux le concevoir, si tu lui rends un service inlassable et constant.
Nous déclarons qu'il n'existe aucun enfer, sauf celui que se trouve en l'homme, ni aucun ciel, sauf celui que l'homme se fait en lui-même.
Ote Télément de crainte de l'esprit de l'homme, pénètre-le de la divinité de son être, montrelui que la fraternité est un fait constant dans la nature, mets-le sur son chemin pourvu de la conscience de son pouvoir de vaincre les tentations de la vie en se fiant au Moi Supérieur, — et l'œuvre rédemptrice sera commencée.
Si nous appliquions la maîtresse touche de la sympathie, de la bonne camaraderie, qui est plus grande et meilleure que la pitié, nous acquerrions un peu de cette sagesse illuminative qui apporte toujours avec elle la pensée juste et l'action juste. La sympathie est toujours imaginative, nous fournissant des images vraies, et une connaissance vraie de l'œuvre de secours qui est notre devoir. La sympathie rend tellement malléables les esprits humains, qu'il n'est guère besoin de paroles pour trouver la cause de la peine d'autrui. La sympathie se traduit en action presque sans l'aide de la parole.
Il n'y a qu'un moyen de tuer un criminel: c'est de transformer en bien le mal qui est en lui. Cela ne se fera pas sans que l'on reconnaisse en lui quelque chose de bon que l'on fera coopérer avec nos efforts.
Si nous voulions tous nous confronter, ne fût-ce que pendant un court laps de temps, avec nos propres âmes, nous comprendrions bien que le péché et la honte du monde sont notre péché et notre honte à nous, et que la grande responsabilité d'y remédier nous incombe.
Nous ne pouvons purifier le monde de ses taches et de ses impurités, je vous l'assure, avant d'avoir préalablement purifié nos propres foyers, nos propres cœurs et nos propres vies. Nous ne pouvons toucher les cœurs de ceux qui ont besoin de nous avant d'avoir d'abord trouvé
la Lumière Divine qui brille dans nos propres cœurs.
Je le sais bien, moi, que si j'entendais quelqu'un me parler comme je vous ai parlé, j'irais chez moi et je rentrerais en moi-même afin de voir au juste ce que je valais, et s'il y avait en moi quelque chose de réel, ou si j'étais en état de faillite absolue. Il va sans dire que, selon la Théosophie, personne ne peut faillir absolument, car tous les hommes sont divins. J'irais chez moi, vous dis-je, et j'examinerais mes expériences, mon milieu et mes buts réels. Je vous assure que je commencerais à réajuster ma vie, et que je ferais cet effort en confiance, parce que la confiance naît d'un motif élevé. Si vous avez un motif élevé dans votre vie, portez-le au-dessus de tout égoïsme, de toute mondanité, dans l'air pur et doux de l'eflfort humain, et vous trouverez une confiance superbe, quelque chose qui sera* votre soutien dans toutes vos expériences.
Ne crains rien, car tout effort renouvelé rachète toutes tes faillites passées en autant de leçons; tous tes péchés en autant d'expériences. Comprends-moi quand je te dis qu'à la lumière de l'effort renouvelé le Karma de tout ton passé se change; il ne menace plus; devant l'œil de l'âme il s'élève du plan de la rétribution à celui de l'enseignement. Il ne subsiste que comme Monument, te rappelant tes faiblesses passées, t'avertissant des faillites futures. Ne crains donc rien pour toi-même; tu es protégé par le bouclier de ton effort renaissant, encore que tu aies failli cent fois déjà. Tâche peu à peu d'en faire ton motif de fidélité que les autres puissent être fidèles. N'aie d'autre crainte que de manquer à ton devoir envers autrui, et que ta crainte ne soit que pour eux, pas pour toi-même. Jamais depuis des milliers d'années les forces opposées du bien et du mal n'ont été aussi accentuées. Nul ne peut rester neutre; si tu crois pouvoir le faire et si tu cherches à le faire, tu n'ajoutes en réalité tes pouvoirs qu'à ceux des ténèbres, tu ne
prêtes tes forces qu'à celles du mal. L'appel s'adresse à chacun. Choisis! l'occasion s'offre.
Compagnons invisibles, formés de l'essence même de l'homme, l'un méchant, l'autre divin, la sécrétion ou l'objectivation des pôles opposés de sa conscience de soi, ils représentent ses anges, l'un bon, l'autre mauvais, l'Augoeidès et sa contre-partie, chacun cherchant à absorber l'être entier. A la fin l'un d'eux doit prévaloir sur l'autre, et l'un ou l'autre se fortifie de tout acte et de toute pensée de l'homme. Ils sont respectivement ses potentialités supérieures et inférieures en passe de devenir actuelles au fur et à mesure que s'éveillent les énergies (soit bonnes soit mauvaises) de l'âme. Mais si l'aspirant fait constamment des efforts, s'il ne se laisse décourager ni par aucune chute ni par aucun insuccès, qu'il faut faire suivre par autant d'efforts intrépides dirigés en haut, il aura toujours l'aide et le conseil de son "Daimon" divin, du "Guerrier," et la victoire,
quoique encore éloignée, sera certaine. Car c'est un pouvoir invincible, "éternel et sûr," une présence actuelle et une inspiration, si Ton veut seulement le reconnaître.
Au lieu de concentrer nos pensées sur nos opinions et préconceptions, qui ne sont pour la plupart basées sur aucune connaissance exacte des faits, faisons chaque nuit l'inventaire de ce que nous sommes, et il se pourra que nous nous réveillions le lendemain doués d'un nouvel état d'âme. Il nous faut faire cet inventaire à un moment ou à un autre dans notre vie; nous le ferons certainement à l'heure de la mort, car alors, quelque chose de nouveau s'empare de nous, nous force de prendre parti. Mais nous ne devrions pas attendre jusque-là. Dressons donc chaque nuit avant de nous coucher le bilan de la journée qui vient de se terminer, en vue du lendemain, et peut-être nous réveillonsnous dans des conditions où les fautes du passé n'auront plus le pouvoir de nous détourner de
la lumière. Ne regardons cependant en arrière qu'afin que les fautes d'hier ne se renouvellent pas demain. En agissant ainsi, point ne nous serait besoin d'entasser dans notre cerveau de grandes et difficiles résolutions.
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Nos pensées habituelles déterminent la destinée de Tâme.
La sagesse nous vient de l'accomplissement du devoir et dans le silence, et seul le silence l'exprime.
Je m'efforcerai de vivre pendant cette journée en harmonie avec le Moi Supérieur, qui cherche toujours à conduire l'être entier vers la perfection.
La vraie femme est de par sa nature une reine et possède le pouvoir vraiment divin de façonner toutes choses en justesse et droiture.
Voyez les Portails de la Paix et de la Vie ouverts devant vous, si vous avez seulement la foi et la confiance d'y entrer. Mais nul ne peut y entrer seul; il faut que chacun amène avec lui ceux qui sont tristes et affligés. Nul ne peut seul franchir le seuil. Il faut qu'il aide à porter leurs fardeaux ceux qui sont surchargés; il faut qu'il inspire ceux qui sont découragés, qu'il assiste ceux qui sont accablés de péché et de désespoir; car, c'est en irradiant la joie et la force qui sont siennes et qui lui viennent de ses aspirations vers, et de sa dévotion à son propre Moi Supérieur, que la joie et la force et le pouvoir pénétreront les vies des autres; et ensemble, lui et eux, ils entreront par les Portails dans la Vie.
Une pensée pure, forte, désintéressée, rayonnant dans l'esprit, élève l'être entier aux hauteurs de la Lumière, d'où Ton peut discerner à un certain degré comment sacrés sont chaque moment et chaque jour. Dans une telle vie, nos petites folies mesquines, source de froissements quotidiens, disparaissent. Le manque de foi en soi fait place au respect de soi; la conscience supérieure s'éveille; le cœur et l'intelligence agissent à l'unisson; et l'homme marche comme une Puissance vivante au milieu de ses semblables.
Le seul moyen qu'a l'homme d'accomplir sa grande espérance de connaître la vérité est de s'emparer de soi, d'affirmer et de réaliser son existence comme Ame qui domine virtuellement tout. S'il pénètre fidèlement son esprit et sa mémoire de ce qu'il sait être vrai à ce moment suprême, s'il maintient sa vraie dignité comme âme, tout en guidant vers la conduite droite tous les éléments de sa nature:
son corps, son esprit, et ses émotions, il trouvera dès ce moment la force et la joie de vivre. Arrivé là, s'il pouvait seulement conserver cette attitude pendant quelques semaines ou quelques mois, il aurait fait de son esprit, en le purgeant de ses limitations, un docile instrument de service, l'expression parfaite de l'âme.
Sois toujours en garde, en sentinelle vigilante devant ton for intérieur, le protégeant contre le moindre des ennemis qui rôdent autour de l'entrée du sanctuaire. Par cette porte sort et retourne Tâme; ta tâche est de veiller à ce qu'il ne s'y trouve rien qui puisse entraver sa liberté d'agir et de secourir.
Oh! que chaque atome de mon être n'est-il une étoile à mille rayons, afin d'aider les hommes à voir partout ce qui est divin; à connaître leur puissance innée et illimitée; à sentir, même pendant qu'ils habitent ce corps terrestre, la Joie inépuissable de la Vie Réelle; à s'éveiller et vivre, au lieu de faire les lourds
rêves de cette mort vivante; à se reconnaître à la fois comme des parties et des directeurs de la Loi Universelle. Voilà ce qui est tien de droit de naissance: ton héritage de Sagesse, et l'heure de la réalisation sera V heure présente ', pour peu que tu le veuilles. Ne séjourne plus longtemps parmi les illusions de la " Salle d'Instruction/' Eprouve ces choses, Réalise-les!
Tu es hanté par les défaites du passé; mais tu as entre tes mains une nouvelle arme forgée par tes luttes anciennes. Lève-toi, réclame ce qui t'appartient, et marche en avant vers la Paix Sublime, fruit de la Victoire finale!
Cet âge-ci n'est nullement soumis à la nécessité de rester un âge de ténèbres, et tu ne Tes pas non plus d'attendre un autre âge avant de commencer ton œuvre véritable et meilleure. Cet âge-ci n'est ténébreux que pour ceux qui ne peuvent voir la lumière; mais la lumière elle-même ne s'est jamais éteinte, et ne s'éteindra jamais. Elle t'illuminera, si tu veux seule-
ment te tourner vers elle, si tu désires vivre en elle, et ce sera aujourd'hui, à cette heure même, si tes oreilles peuvent entendre ce qui est dit, et comprendre; et tu verras qu'un jour nouveau et meilleur a point pour le genre humain.
N'est-ce pas une cause de pitié que, dans ce vingtième siècle que Ton se plaît à appeler le grand âge de civilisation, il existe un tel manque de confiance, un tel manque de connaissance de la vie de l'Ame — que l'humanité soit tellement aveuglée dans sa poursuite du plaisir et de la satisfaction du désir, qu'elle ne voie ni la Lumière, ni ne ressente le Pouvoir de l'Ame, et que l'on manque du courage de tenter des efforts plus grands et plus féconds? Le doute arrête tout progrès spirituel, en assujettissant l'humanité à l'influence psychologique des forces désintégrantes qui ne manqueront pas avec le temps de l'écraser, si l'on ne fait pas halte. Et pourtant, nous avons le pouvoir de choisir le chemin à suivre. Si nous voulions seulement
nous préoccuper moins de nos intérêts personnels, de nos passions, de nos vues si limitées, et plus des issues plus grandes de la vie, nous trouverions dans un très court laps de temps que ce qui est non-essentiel ne nous tracasserait plus, que l'obscurité s'éclairirait, et qu'un espoir nouveau, un courage nouveau, un amour nouveau, et une confiance vraiment sublime seraient entrés dans la vie humaine. . . .
Ce qu'il nous faut faire est de chercher en nous-même la signification plus profonde de ces Temps Nouveaux, de nous débarrasser de la personnalité, de tous les intérêts, désirs et préjugés, si mesquins et indignes de nous, et de travailler avec et pour ceux qui ont souffert le plus, qui ont le plus besoin de nous. Et la pensée qui nous occupe le plus doit être: "Que pouvons-nous faire pour soulever les fardeaux actuels?" . . .
Mais il y a encore une autre chose à quoi il nous faut penser — particulièrement nous autres Théosophes, — à savoir, que deux voies s'offrent à nous, en effet, à l'humanité entière. Il s'agit de nous décider si nous continuerons
à suivre la vieille voie d'avant la Guerre, ou si nous trouverons une voie nouvelle. L'humanité continuera-t-elle à croire qu'il n'est pas possible de gagner la Paix autrement que par la Force, ou bien s'élèvera-t-elle dans toute sa puissance spirituelle, dans la plénitude de la vie, de la lumière et de l'énergie spirituelles à cette compréhension de la Justice Divine, qu'elle demandera à tous les citoyens du monde entier de trouver une nouvelle voie de régler les affaires soit nationales soit internationales, et de déclarer que toute Guerre cessera dès maintenant? . . .
Mais cette nouvelle voie est la voie de la Connaissance, la voie du Désintéressement, de l'Amour, de la Justice; et de la réalisation en acte et en vie des grands principes de la Théosophie dans toute leur pureté et dans toute leur force. On peut prêcher pendant une éternité, on peut posséder de beaux systèmes d'éducation, les plus grands écrivains, artistes, poètes, on peut posséder tout ce qui nous incite à l'action droite; mais si nous ne commençons pas par bâtir au dedans de nous-mêmes,
si nous ne sentons pas la nécessité de trouver en nous quelque chose de plus grand que ce que nous avons eu dans le passé, si nous ne pouvons pas devenir quelque chose de plus noble et de plus élevé que des hommes et des femmes ordinaires et savoir que nous sommes plus que des êtres purement intellectuels, des créatures de chair et d'os, nous nous sommes engagés sur la fausse voie. Il nous faut atteindre à un point où nous sentirons le Pouvoir de l'Ame, dont nous nous servirons pour le perfectionnement à la fois de notre nation et de toutes les nations. Autrement nous n'aurons pas de Paix Durable. Et si nous ne travaillons constamment et inlassablement pour réaliser une telle paix, nous rétrogradons, et nous aurons dans peu d'années UNE GUERRE DES NATIONS PLUS TERRIBLE QUE CELLES QUE LE MONDE A JAMAIS VUES.
— D'une allocution faite par Madame Tingley en 1919 au Théâtre Isis> San Diego, Californie
La démence de notre époque consiste dans
la manque de fraternité. Elle menace, plus ou moins fortement, d'arrêter la marche de notre civilisation. Son pouvoir est tellement grand, que Ton ne peut le détruire ou le tenir en bride, qu'en se pénétrant l'esprit et le cœur du fait que l'homme est de nature divine, qu'il possède la potentialité immortelle de tout bien, que la liberté n'existe que là où la Loi Supérieure maintient en sujétion la nature inférieure.
Pas avant de chercher à gagner de l'empire sur sa nature inférieure l'homme ne peut accomplir pleinement son devoir envers ses semblables, ou être un frère au véritable sens du mot, ou vivre en la liberté que seule donne la Liberté.
Espérons avec cette espérance plus grande de l'âme, avec cette énergie de l'action droite, que le jour n'est pas très éloigné où la grande force ennoblissante de l'Amour — de la véritable Fraternité — s'emparera de l'humanité; où les principes de droiture dans la vie seront compris de tous, et seront réalisées en acte et en vie; où les enfants naîtront et grandiront dans une atmosphère de pensée pure et d'action noble.
Alors, et alors seulement, l'humanité jettera les fondements solides d'un âge d'or nouveau et entrera dans le royaume de la Liberté.