‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 100 sur 166 · I. INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I. INTRODUCTION

mença à en embrasser, par la science , rensemble ou le sjfsiUme mythologique. C'est un phénomène qu'on remarque y généralement, dans Thistoire des religions, qu'aussi longtemps qu'elles sont encore à se former, quant à leurs parties essentielles, elles ne sont point un sujet de science ou d'érudition. Les mythes se formant par l'intuition, et non par la spéculation, la science n'a pas encore de raison d'être. Mais loroque les religions ont atteint leur apogée, la mythologie scientifique et la théologie commencent à naître. Après l'intuition créatrice du culte et des mythes, viennent la connaissance réfléchie et les systèmes dogmatiques. C'est ainsi, par exemple, que, dans l'Inde, les différentes parties de la religion populaire s'étant formées, l'esprit théologique, philosophique et scientifique s'est emparé de ces matériaux religieux, et les a ordonnés, pour en faire une théologie systématique. De là ces ouvrages si nombreux appelés les PcurânaSy qui ne sont autre chose que les traditions mythologiques, ramenées à des systèmes théologiques, philosophiques, et scientifiques. En Grèce, aussi longtemps que la religion populaire se formait et se développait, elle était seulement ex* posée, théoriquement, sous forme épique et lyrique, comme dans Homère et dans les hymnes; la science et l'érudition mythologiques n'existaient pas encore. Mais lorsque, du temps d'Hésiode, cette religion fut achevée dans toutes ses parties, les poètes épidues et lyriques furent remplacés, pour l'exposition des tradi*

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tions religieuses, par les mytkographes, qui avaient un but d'érudition, ou travaillaient dans un but plus ou moins scientifique.

Dans le Nord, après que la religion des Scandinaves eut atteint son apogée, les poëtes commencèrent à la traiter, non plus, seulement, comme un sujet ffaiiiionnel épique (norr./ra«Syn), mais comme un sujet d^érudîtion, ou de connaùmnce archéologique (norr. fom-froedi). Antérieurement, le poëte, se pmposant de chanter les dieux, et de célébrer leurs actions, exposait, dans son poëme, une seule action, un seul mythe; maintenant Texposé d'un seul sujet ne fut maintenu que dans la poésie épicO'hér&tqtie, comme, par exemple, dans le Vdltmdar'kvida qui raconte les principaux traits de la vie d'un seul personnage épique , V'ôhmd, Danis les sujets mythologiques, au contraire, les poëtes poursuivaient, généralement, un but de êdence religieuse encyclopédique \ ils résumsUent souvent, en peu de mots, un grand nombre de mythes, et quelquefois se bornaient même à énumérer , afin de les faire connaître ou pour les rappeler, lei^ noms propres des personnages et des objets mythologiques.

Le nom de fom-froedi (connaissan<$es antiques) , qu'on donnait aux matières mythologiques, indique suffisamment combien on estimait cette espèce de con* naissance; et il nous prouve que les poëtes adaptaient jusqu^à la forme de Tancienne poésie lyrico*épique, à leur but essentiellement scientifiique. C'est, en effet,

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