‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 116 sur 166 · L'encadrement épique du poëme · texte numérisé non relu

L'encadrement épique du poëme

Les Bits de Grimoir.

1) En composant Les Dits de Grimnir, l'auteur avait un but did(ictiqîie; il voulait rappeler les noms propres de certains dieux et objets mythologiques, et, par eux, les mythes qui s'y rattachaient. Ce rappel des noms propres se faisait dans l'intérêt de la science mythologique, et non pas, comme plus tard, chez les skaldes énumérant des désignerions (kenningar, voy. p. 189), uniquement dans l'intérêt de l'enseignement du langdge poétique. La forme d'enseignement, suivie, à

r exemple de la plupart des poètes Scandinaves, par Fauteur de Grrimnismâly est la forme de l'exposition directe. U n'emploie pas la forme didactique indirecte y moyennant TAUégorie, la Vision, l'Exemple, la Priamêle, etc.* 5 il expose directement ce qu'il veut ensei* gner. Ainsi, sans recourir à des périphrases, ni à ce qu'on appelle des figures de pensée et d'expression, il dit, par exemple, en se servant de l'énoncé direct i

n a nom Rival-du-Rat Técureuil qui doit courir

Sur le Frêne du Porteur-de-Précautionné.

Cependant, bien que cet auteur, d'après la nature de son sujet, pût employer la forme de l'exposition directe, il ne pouvait pas, pour cela, sortir des habitudes littéraires généralement suivies dans l'antiquité et au moyen âge, et usitées particulièrement dans la poésie didactique. Ce genre exigeait, dans ces temps, que Fauteur ne parlât pas directement lui-même et en son propre nom, mais qu'il mît ce qu'il voulait enseigner dans la bouche d'un personnage, ayant une grande autorité ou compétence, par suite de sa réputation de savoir, d'intelligence, et de moralité. Or, pour introduire convenablement et poétiquement un toi personnage, devant enseigner avec autorité, il fallait, de plus, que le poëte indiquât, dans un encadrement épique, le

1. Voy. Les Chants de Soi, p. 47; La Prtamèîe dans les différentes Uttéraittres anciennes et modernes, p. 6.

r. INTRODUCTION. 199

temps, le lieu, le motif, et les circonstances de cet enseignement. La nature des matières ou connaissances, que le poëte voulait enseigner, détermina plus ou moins le choix qu'il avait à faire de tel ou tel personnage compétent pour donner renseignement en question.

2) L'auteur des Dits de Grimnir, voulant exposer des connaissances mythologiques se rapportant principalement au cycle à'Odinn, imagina de mettre, dans la bouche de ce dieu lui-même, renseignement des connaissances qu'il voulait exposer dans son poëme. Le choix de ce personnage enseignant était bien fait, et naturel. En effet, tout d'abord Odinn, étant un dieu, possédait déjà, comme tel, les connaissances sur les choses divines et célestes. Ensuite Ôdinn, le fils de Bur et de Beystla, fille de Bëlthorn, tenait, surtout par sa mère, à la race des lotnes, qui passaient pour les premiers-nés de la création, et pour être, par conséquent, en possession de la sagesse et de la science primordiales, remontant à la première origine des choses. Après que le monde primitif, ou le monde de la génération primordiale des Thurses et deslotnes, eut péri dans un déluge *, Odinn, avec les Alfes ou Vastes- Puissances (Gin^Regin)^ avait créé et arrangé un monde nouveau. Ce dieu connaissait donc l«s choses, pour les avoir produites et arrangées. De plus il passait pour être le principal héritier de la sagesse des lotnes

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