III. NOTES CRITIQUES ET PHILOLOGIQUES
manuscrits il faut lire kostr (assorti; avantage), et que Batakostr, formé comme BcUamunnr (Havamal, str. 107), signifie Compagnon du Corrodeu/r ou du Bat. Si cependant Ratatoskr est la leçon authentique, ce nom signifie Taisaon de Bâti (yoj. La Fascination de Grulfif p. 349).
17. Le mot tkorn est contracté de la forme primitive eikiukvemi. Eikia (bas allemand , êke) signifie gland, dont le diminutif est lallemand eichel. Kvemi signifie broyant; de sorte que eikiukvemi, dont on a fait îkôrni, et, en haut allemand, eichhom, signifie proprement broyant le gland.
18. Au lieu de hejingar â il faut, sans doute, lire, avec Rask, hœjingia râ (perches des sommités). Hœvi ou hœji signifie érection, sommité (cf. hœvorteinn). Le dérivé pluriel patronymique hœjmgiar semble désigner les extrémités des branches du sommet. — La préposition af ne se rapporte pas à Hœjingia râ, mais à gnaga (ail. a&nagen).
19. Gag (p. gvag, criant couac) désigne Foie et le cygne; le diminutif est gagl (oison, cygnet). Gaghals signifie donc ayant un cou d'oie ou de cygne.
20. Ce qui manque, dans cette seconde hémistrophe, devra, peut-être, se compléter de la manière suivante :
Dainn heitir einn^^ annarr Dvalinn , D^neyr ok jDorathrôr.
24i LES DITS DE GRI1I5IR.
21. Les mots en Bragi skaMa ne me semblent pas . authentiques. Les skaldes ne figurent pas comme corporation dans la mythologie norraine. Ces mots ont, sans doute, été insérés dans le texte, au douzième siècle, lorsque les skaldes se considéraient comme un corps, au même titre que les corps des arts et métiers, et prenaient Bragi pour leur patron. D'ailleurs, si ces mots étaient admis dans le texte, il y aurait trois vers du fomyrdalagj Tun après l'autre; ce qui ne saurait être admis dans les strophes du GrimnUmâL
22. Vidur at vîgum ne me semble pas authentique. Ce vers, qui est de trop dans la versification de la strophe, ne se trouve que dans un seul manuscrit.
23. Cf thîk vêla vinîr (les amis se jouent de toi) a le sens de : Ceux que tu croyais tes amis y et qui semblaient s'intéresser à toi comme Frigg et Fulla, lesquelles avaient Fair de te prévenir du danger que je te préparais, t'ont trompé par cela même, et ont amené ta perte.
24. Je crois qu'au lieu de eggmôdan val (occis, allangui par le tranchant)^ il faut lire ekkamôdan val (occis, allangui par le chagrin). Voici pourquoi. Odinn^ le chef des Troupiers-uniques (Einheriar), ne reçoit chez lui, à ValhôU, que les guerriers qui sont morts dans le combat, par le tranchant de l'épée (eggmôdan val). Ceux, au contraire, qui sont morts de maladie ou par un accident, vont dans le Séjour de Hel (voy. Fascina-