‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 162 sur 166 · V. COMMENTAIRE · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE

mes dans ses dits^ n'ayant pas encore été reconnu , jusqu'ici) par le roi comme étant Odinn, s'attache, le len< demain, à ne rappeler que des mythes se rapportant, exclusivement , à ce chef des Âses.

YII« Journée. Dits de Grimnir.

48. Les TkwrneB'givrevai (Hrimthursur), et leurs descendants les GrianU des Montagnes y formaient la race ioimqiLe la plus ancienne de la création. Les lotnes, comme race primitive , étaient en possession de la sa* geaae et de la tradition la plus ancienne (voy. p. 199). Or la sagesse et la tradition , cette matière de la poésie, étaient représentées par le symbole d'un vase renfermant un précieux liquide, qui était considéré comme la source ou l'origine de l'inspiration, de la mémoire, et de la prévoyance. C'est pourquoi la mythologie a imaginé que les lotnes gardaient soigneusement et avec jalousie les deux vases renfermant l'hydromel inspirateur. Ces vases étaient cachés dans la demeure ou dans la mon* tagne du Géant de Montagne Suthmgr, petit-fils de SiUtr (voy. p. 159), et fils de Sôkhm. Cette montagne était nommée HniiiMrg (Fertés rocailleuses); et l'hydromel y était gardé par la fille de Suttungr nommée GunnUd (Invite-au-combat, voy. p. 159). Il était de l'intérêt des Ases de s'emparer du précieux liquide, qui donnait à leurs ennemis et rivaux la^ sagesse et la prévoyance. Ne pouvant pas s'en emparer de force, ils

tâchèrent de l'enlever par la fraude et la ruse. Le plus rusé des Ases, Odinn se rendit secrètement, ou sous déguisement (svipom) , à Hnitbiorg, Il fit percer , par le museau d'une taupe, ou d'un rat (Bati)^ un trou dazis la montagne, et, prenant la forme d'un serpent, il se glissa par ce passage dans l'intérieur (voy. Havamâlj 107). Se trouvant en présence de la garde Gunnlod, il reprit sa forme d'Ase; «t, séduisant ou corrompant cette fille par l'amour , il la rendit mère de Bmffi (voy. Havamâlj 109). Puis, ay^tit bu le contenu des deux vases, il revint, avec ce butin, à YEnclog des Asesj en y amenant avec lui son amante Gunnlod. Les Ases cachèrent l'hydromel, enlevé par Odinn, dans la montagne nommée, comme sa garde, Vilbidrg, Les frères de âunnlôd, ou les fils de Suttungr, s' étant aperçus du vol et de la disparition de leur sœur, vinrent à Enclos des Ases (Havaniâl, 110), pour demander aux dieux réparation de l'outrage. Les Ases entrèrent en composition avec eux, et promirent, à titre de réparation, de donner aux lotnes une compotation (sufl, suml,sumbl % Comme les lotnes ne pouvaient pas prétendre à se rendre, en masse, dans l'Enclos de leurs ennemis, cette compotation eut lieu dans le pays mitoyen, ou limitrophe, entre le Séjour des lotnes et le Séjour dés Ases, c'est-à-dire dans la demeure du dieu de l'océan C^ir (voy. Fascination, p. 302)«

''- 1. En Suisse Ips cbèletiers donnent au petit lait qu'ils boifçent le nom de sUfi (ail. gtsoff).

y. COMMENTAIRE. 305

Bragi, le fils d'Odinn et de Qannlôd, devint le ghge de réconciliation entre les fils de Sattungr et les Âses. Ceax><^i consentirent, également, à placer l'hydromel inspirateur dans le domaine d'Œgir, à Banc de SSkkvi BOUS la mer, où Gtinnldd, ayant pris le nom de Saga^ présentait, chaque jour, cette boisson merveilleuse à son amant Odinn (voy. p. 265).

Tel est le mythe auquel Grimnir tait allusion dans la strophe 45. Pour ne pas se fiûre reconni^tre du premier coup, il parle, sans le nomm^, et d'une manière quelque peu énigmatique, de l'hydromel qu'il a enleré aoxlotnes. Cependant parlant de lui-même, d'une manière assea explicite, à la première personne, il dit que, sous un déguisement et en peu de temps, il a enlevé, au profit des Ases, la chose que ceux-ci ont déposée et fait garder par Vilbiërg. Cette chose, qu'il ne nomme pas, est de* venue, dit-il, la cause de ce que les Ases sont, depuis, allés souvent dans la demeure de leur ancien ennemi, l'iotne Œgir, et qu'ils y ont même assisté à des festins.

49. Dans l'origine les dieux n'avaient, et ne pouvaient avoir, qu'un seul nom, celui qui exprimait précisément l'idée, la qualité, ou l'attribution, dont tel ou tel dieu était originairement le symbole , ou la personnification. Ainsi la tempête peisonnifiée Ait désignée par le nom de Vaitme (Odinn , Tempétueux) ; et ce dieu , n'étant envisagé, dans l'origine , que sous le point de vue de son attribution de ten^ie, ne pouvait pas alors être

désigné par un nom autre que celui de TempêtTî^euz (Odinn). Mais, dans la suite, lorsque ce dieu fut considéré , non plus sizQpletnent comme la personnification de la tempête, mais encore comme dieu de la gueirre, comme dieu suprême, comme "Père des dieux, des hétos et des hommes, alors les rapports, sous lesquels on l'envisageait, s'étant multipHés, on lui donnait aussi dès noms épithétiques,' se rapportant ou aux nouvelles qualités soit physiques, soit moralei^, soit intellectuelles, ou à Textérieur, aux habitudes, aux passions, aux aventures^ aux actions^ que la mythologie, devenue de plus em plus épique, lui attribuait. Telle est la cause ou l-originede IsipluraUté des noms épithétiques, donnés aux différentes divinités en général, et àOdinn en particulier. Pour expliquer les noms donnés à Odinn, il faut se rappeler les différentes attributions de ce dieu suprême, et les différents mythes, soit symboliques, soit épiques, qui se sont rattachés à lui.

' Comme dieu delà tempête et du vent y Odinn a eu, entre autres, les noms suivants : Comev/r (ail. Duter) , Vendant, Ténébreux comineHel (str. 46)^ Grand-Hennis' ieur^ Veni'henniasantj A-Souhaity Murmv/ràntj Douce^ ment- Agitée A son attribution de dieu des combats, et de Père des Occis, se rapportent lés noms suivants: Aime-Troupe, JPorte^Ccuquey Jo^èux-de-troupe, Excite* aU'Combatj GrandrLvMeur^ Sanglant, et Ensanglantant ^ 6 vC. , eic« A son attribution de chef des Ases se rapportent les

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