I. INTRODUCTION
établies sur les bords de la mer, il était, également, dieu de la mefr^ et son fils Frey^r partageait avec lui certaines attributions, se rapportant à la navigation sur mer, et à la pêche maritime. C'est à cause de ces attributions concernant la mer que Niordur et, surtout, son fils Fteyr furent principalement adorés chez les /8We8 et les Gravies y habitant le littoral de la Suède, et que, dans ce pays maritime, le culte de Freyr parvint à prédominer même sur celui du dieu suprême Odinn, et sur celui de Thôr, le fils de ce père des dieux.
La mer, surtout celle qui baigne la Scandinavie, présente deux caractères opposés l'un à Tautre. En hiver, elle est tempétueuse, glaciale, ennemie de rhomme , qui ne peut s'y aventurer pour y pêcher. En été, au contraire, elle est généralement tranquille, et favorable à la navigation et à la pêche. Or les Scandinaves attribuèrent aux Ases et aux Vanes, qu'ils adoraient comme des divinités généralement hienfaisantesy les phénomènes heureux et favorables de la terre , du ciel , et des eaux. Les forces gigantesques pernicieuses et terribles de la nature, et du climat septentrional, au contraire, ils les attribuaient à des êtres gigantesques, nuisibles, et terribles, qu'ils révéraient, mais n'adoraient pas. Ces êtres malfaisants existaient déjà dans la religion de leurs pères les Scythes et les Gètes, sous le nom générique de Mangeurs (scyth. Ithanai)^ parce que, dans l'origine, ils passaient pour dévorer, dans les pays chauds et secs des plateaux de l'Asie, les nuages fé-
condateurfi et bienfaisants du dieu de la pluie Virgu- 7118 (voy. p. 21). Les Scandinaves considéraient naturellement ces êtres gigantesques et nuisibles comme les adversaires ou ennemis des dieux qu'ils adoraient , et continuèrent à leur donner, dans leur langue, le nom traditionnel de lotnes (norr. lôtnar), bien qu'ils n'en connussent plus la signification primitive de Mangeurs. L'opposition entre les Ases et les lotnes est tout aussi bien marquée, dans la mythologie Scandinave, que l'est celle entre les Daivas et les Danavâsj dans la mythologie hindoue. Aussi, dans la religion des Scandinaves, principalement dans celle des Svîes et des Gautes de la Suède , on a établi une opposition entre Niordur, le dieu de la mer estivale et favorable, et Œgîr^ l'être gigantesque ou iotnique, qu'on croyait présider à la mer hivernale et malfaisante.
Œgir était une ancienne divinité traditionnelle, qui, chez les Scythes des bords de la mer Indienne et de la mer Caspienne, portait le nom de Tamirmaschdâs. Ce nom est composé de Tami (Redoutable; épithète désignant l'Océan), suivi de Fépithète Masa-dâs (Beaucoup-Sachant; Génie fascinateur), et désignait le dieu de l'Océan, considéré comme un génie fascinateur (vOy. Les Gètes, p. 247). Plus tard, chez les Gètes de la mer Noire, ce dieu eut, à la fois, le nom épithétique de Thami (Trouble), et celui de Ogis (Redoutable; cf. gr. Oghi; Okéanos), C'est le nom traditionnel de Ogis, changé en Œgir, qui lui est resté dans la mythologie