I. INTRODUCTION
« Mon fils , mon fils ! je le vois très-bien ;
« Ce sont les vieux saules, qui paraissent si blêmes.
< c « Je t*aime! — ta douce forme me charme ! c « cEt si tu ne cèdes, j'emploie la force. —
c cMon père! mon père! voilà qu'il me saisit;
< « Le Boi des Elfes m'a fait bien mal !
Le père frissonne ; il pousse son cheval ; n tient, dans le bras, l'enfant qui gémit; Il arrive au manoir, à grand'peine. — L'enfant, dans ses bras, — était mort.
On le voit, dans cette ballade il n'y a que la première et la dernière strophe qui prennent sur le ton du récit; les autres strophes sont, toutes, sous forme de diahgvSy et le poëte passe brusquement du récit à la forme dialoguée.
La troisième et dernière forme, sous laquelle se présente le récit dans les anciens poëmes mythologiques et héroïques, c'est la forme entièrement dialoguée. Telle est, par exemple, la ballade dano-écossaise Edouard! Edouard! imitée, également, quant à la forme, des anciens poëmes Scandinaves :
«Pourquoi ton glaive est-il si dégouttant de sang?
« Edouard ! Edouard ! — « Pourquoi ton glaive est-il si dégouttant de sang? —
« Et pourquoi marohes-tu si sombre I — hélas !
« « Hélas ! — j'ai tué mon faucon , si excellent !
« « ma mère, ma mère !
« « Hélas ! — j'ai tué mon faucon si excellent !
c c Et d'autre que lui je n'en al pas; hélas!
«Jamais le sang de votre faucon n'a été aussi rouge! — « Edouard ! Edouard !
< Jamais le sang de votre faucon n'a été aussi rouge !
« Mon cher fils, je vous le dis; hélas !
« < Hélas ! j'ai tué ma jument tigrée de brun , si élancée !
< « ma mère ! ma mère !
« « Hélas ! j'ai tué ma jument tigrée de brun, si élancée, « « Qui naguère était si vive , si belle ! — hélas !
< Votre jument était âgée , et vous en avez d'autres ,
«Edouard! Edouard!
« Votre jument était âgée, et vous en avez d'autres ; —
« Vous ressentez quelque autre chagrin — hélas !
« « Hélas ! — j'ai tué — mon père chéri ! —
« « ma mère ! ma mère !
< « Hélas ! j'ai tué mon père chéri —
« « Et j*en soufire beaucoup ! — hélas I
« Et quelle peine allez-vous endurer pour cela?
« Edouard ! Edouard ! «Et quelle peine allez- vous endurer pour cela?
« Mon cher fils ! maintenant dis-le-moi — hélas I
« c Je monterai dans cette barque là-bas ,
< < ma mère ! ma mère !