I. INTRODUCTION
rains qui ont composé des ballades; genre plus on moins pastiche, comme imitation, et qui est très-affectionné, de nos jours , en Allemagne. C'est ainsi , par exemple , que Gœthe passe, sans transition, du récit au dialogue, et du dialogue au récit, dans sa célèbre ballade Le Rai des Elfes ^:
Qui chevauclie si tard par la nuit et le vent? Le père est-ce avec son enfant ; Bien tient-il le garçon dans ses bras ; n le tient sûr, il le tient chaud.
« Mon fils ! pourquoi caches-tu , avec effiroi , le visage ? — « c Père ! ne vois-tu donc pas le Roi des Elfes ? « < Le Bol des Elfes , avec couronne et manteau ? —
c Mon fils ! c'est donc une traînée de brouillard ! <-*
1. Les traducteurs, induits en erreur, les uns par les autres, traduisent, presque tous, Roi des Aunes, au lieu de Roi des Elfes. Cette traduction est inadmissible. Le nom de Tétre mythologique, dont il est question ici, est oZf (aube; voy. FcucmcUion de Gtdfi, p. 239), qui, en danois, s'est changé en elv, et, en allemand , en e^, Elv s'est ensuite changé en ell, et ell en erl. Or, on a cru faussement que erl était un mot allemand désignant Tarbre nommé erle (aune) ; de là la traduction de J&^Konig par Roi des Aunes, Il est vrai, dans la mythologie indienne, il y a des Génies qui sont des arbres, et portent le nom de Bots d'arbres (droumarâdjfts). Mais il n'y a rien d'analogue dans la mjrthologie Scandinave. Le nom même de roi des Alfes y est inconnu ; on dit Chef des Alfes (Alf-drottin). Ce chef on l'a changé plus tard en rot; de là le nom de Erl -iCd'n^. — On a aussi cru pouvoir
« « « £h toi I gentil en&nt, viens , viens avec moi ! « « « Nous jouerons ensemble à de si beanx jenz I c « « liaîntes belles flenrs émaîUent mes rives;
< « c £t ma mère possède de si beaux habits d'or !
« < Mon père , mon père ! eh ! n'entends-tu pas
c c Ce que le Roi des Elfes me promet tout bas ? —
< Sois tranquille, mon enfant, sois tranquille!
< C'est le vent qui chuchotte dans les feuilles flétries.
< c « Gentil enfant ! veux-tu venir avec moi ? « c « Mes filles auront bien soin de toi !
< « < Mes filles vont mener la danse nocturne,
< « « Te bercer et t'endormir à leur danse et à leur chant.
< « Mon père, mon père ! ne vois-tu pas , là-bas ,
« « Les filles du Roi des Elfes , à cet endroit sombre ? —
dériver de ErUKonig le nom français de Arlequin, Mais cette étymologie est également inadmissible. Le vieux français Hd* leqùm, qui semble avoir {ffoduit le mot français moderne arlequin y est ou bien d'origine flamande, et signifie petit 'tnfer (helleken); ou bien d'origine gothe, et dérive de HaZ-leîkeins (Enfer ou Diable incamé; cf. ail. leibhafte Teufel); ou d'origine normande, et dérive de Hâr leikkm (Vieux jouant), qui est une épithète d'Odinn, surnommé le Vieux (hârr), lequel se livre au^ett on à l'amusement de la chasse (norr. leikr; angl. gcme, jeu, chasse); c'est le Chasseur féroce (ail. wilde j%er)y k la tête de ses compagnons, qui représentent les anciens ComUxUtantê-^uniqueê (norr. Ein-heriar ; voy. FiueinaUon de GvJfi, p. 164), ou les Ames des héros trépassés , sous la conduite d'Odinn, dieu des combats.