V. COMMENTAIRE DU POËME. f
(récitation sur Thrymr), soit du terme de liôd (chant), s'il était chanté d'après un air déterminé avec accompagnement d'instruments de musique (exemple Hyndlvr liôd y Chant sur Hyndla), soit, enfin, du terme de mal (Dits), si le poëme renfermait des paroles ou dits y ou des conseils énoncés par quelque dieu ou quelque héros, comme, par exemple, Chrimms-mâl (Dits de Grimnir) (toj. Chants de Sdly p. 26-28). Cependant, par exception, le titre exprimait quelquefois le sujet d'une manière plus explicite, et indiquait le mythe particulier, qui était l'objet de la fête célébrée dans le poëme. C'est ainsi que le titre de Skimis-for exprime le mythe particulier qui en fait le sujet, et il paraît avoir été donné par l'auteur même du poëme (voy. p. 85). Car ce titre se rapporte directement au fait météorologique, qui est le sujet du mythe, et à l'expression symbolique, par laquelle on désignait ce fait. £n effet, quand les vents printaniers soufflaient dans les pays du Nord, et annonçaient la transition de l'hiver à l'été, on exprimait, sans doute, ce fait météorologique en disant Skimirferr (Skirnir se met en route, ou est en route pour un message ou commission) , énonçant ainsi , en deux termes, ce que la tradition rapportait plus explicitement, en disant que le Précurseur et le Messager du dieu du soleil Freyr allait dans le pays de l'hiver, faire des propositions d'amitié, d'alliance ou de mariage à Gerdur, la fille du géant de l'hiver (voy. p. 42). On célébrait, sans doute, chaque année en Suède, la fête
du Message de Skimir, et notre poëte prenant le mythe, célébré dans cette fêté, pour sujet de son chant mythologique, a bien pu donner, lui-même, à son poëme, le titre significatif de Message de Skimir.