‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 76 sur 166 · V. COMMENTAIRE DU POÈME · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DU POÈME

histoires traditionnelles sur les bêtes se sont formées et conservées aussi chez les peuples germaniques. Celles qui ne se sont pas changées en fables , ont formé des espèces de cycles éjpiques ou de poëmes épiques zoologiques (ail. Thier-epos), Tels ont été, dans l'origine, les récits épiques zoologiques, qui se sont conservés et développés chez les Francs de la France septentrionale, lesquels, ensuite, par le génie satirique des Français du moyen âge , furent convertis en un poëme épique, le Eomcm de Bena/rd, qui s'est divisé en un grand nombre débranches, ou cycles, et dans lequel l'histoire des animaux présente encore , à côté de la satire didactique, l'intérêt épique et dramatique qui s'attache à l'histoire et à la représentation des choses de la vie humaine.

b) Shimir parle au cheval Sabot-Sanglant, — D'après ce que nous venons de dire de l'intelligence qu'on attribuait aux bêtes, on comprend pourquoi, dans notre poëme, Skirnir est représenté parlant an cheval de Freyr comme à un compagnon intelligent.

Lorsque Freyr eut donné son épée, et prêté son cheval à Skirnir, la nuit était arrivée. Ce jeune serviteur aurait pu remettre son voyage au lendemain; mais plein de zèle, il veut partir, tout de suite, malgré la nuit. C'est pourquoi il dit au cheval Sabot-Sanglant: «Il est temps pour nous deux, je pense, de courir par- « dessus les monts humides, de voler par-dessus les po- «pulations.» L'humidité de l'air étant plus grande la

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nuit que le jour, Tépithète de humide est employée, dans le style épique, toutes les fois qu'il s'agit d'un voyage nocturne, ou d'un objet ou d'une contrée couverts des ténèbres de la nuit. Comme le cheval merveilleux de Freyr, semblable au Pégase, ne court pas sur la terre, mais vole à travers les airs, Skirnir, monté sur ce cheval, est dit passer à'aihoTàpar^asus les populations de Y Enclos-mitoyen y et enBuite par- dessus V Océan-exUriewr j pour entrer dans le Séjov/r deslotnes»

Au moment de se. mettre en route pour cette expédition périlleuse, Skirnir, comme pour encourager le cheval, lui dit que, quoi qu'il arrive, il ne se séparera pas de lui , jusqu'à ce qu'il ait achevé sa commission. Ensuite, pour faire savoir à Sabot- Sanglant que le principal danger qui les menace viendra du puissant lotne Gymiry père de Gerdur, il lui dit qu'ils partageront, l'un et l'autre, le même sort; ou bien qu'ils reviendront, tous deux, sains et saufs, dans la demeure de Freyr, ou bien, tous deux, ils seront reténus, malgré eux, par le puissant Géant.

Ces paroles de Skirnir rappellent celles de Mézence, rapportées dans le 10® livre de V Enéide (v. 861 seqq.) :

« Sans être abattu, il fait amener son cheval, qui est son honneur, «Qui est sa consolation, qui remportait vainqueur hors de

tous les « Combats. Il s^adresse à Tanimal affligé , et lui parle ainsi : « < Rhœbus ! longtemps (si rien est long pour les mortels), nous

avons

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