‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 75 sur 166 · ni« Scène. Skîrnir et Sabot-Sanglant · texte numérisé non relu

ni« Scène. Skîrnir et Sabot-Sanglant

a) Rapports de Vhomme avec V animal; origine de la fable, — D'après la science, Thomme est un dédoublement de ranimai, ou un animal plus parfaite Dans l'antiquité, rhomme, encore peu cultivé, ne s'élevait pas beaucoup, par son esprit, au-dessus de Tesprit des animaux. C'est la civilisation qui creusa, de plus en plus profondément, l'abîme qui sépare, aujourd'hui, l'homme de la bête. D'un autre côté, l'état social primitif, la vie de chasseur, de pasteur, d'agriculteur, mettait l'homme en rapport plus immédiat et plus fréquent avec la bête, et, principalement , avec les animaux domestiques. Ces bêtes vivant, le plus souvent, sous le même toit avec rhomme, il s'établit entre lui et elles une association de travail, un commerce journalier, et comme une certaine amitié, et intime familiarité. On attribuait à ces animaux les mêmes facultés intellectuelles et morales, les mêmes passions et défauts moraux, qu'on avait remarqués dans les hommes. On s'intéressait presque tout autant à l'histoire et aux actes des bêtes, qu'à ceux des hommes, des héros, et des dieux. Il se forma donc naturellement une tradition, racontant les traits qu'on

l.\oy,miumé d'Études d" Ontologie générale, etc., p. 112-123.

avait observés sur les animaux, comme il s'est formé une tradition épique, racontant l'histoire, les actions, les hauts faits des hommes et des héros. Ces histoires d'animaux traditionnelles remontent à la plus haute antiquité, et le nombre s'en est accumulé dans le cours des siècles; mais ce fut seulement dans des temps relativement très-postérieurs que ces histoires, qui longtemps avaient intéressé, uniquement, comme narrations j furent employées ou choisies pour servir d'enseignement, ou à! exemples j devant prouver des vérités psychologiques, morales et sociales, qui formaient, alors, ce qu'on pourrait appeler le trésor de la sagesse populaire et philosophique de cette époque. Dès lors les meilleures ou les plus intéressantes de ces simples histoires d'animaux furent choisies pour former l'élément épique ou narratif d'une narration poétique, auquel fut ajouté, exprès, l'élément moral et didactique; et c'est de l'alliance de ces deux éléments que naquit Y Exemple ou la Similitude y qui produisit ensuite la Fable proprement dite, ou VApologu>e et la Parabole (voy. Les Chants de Soi, p. 48). Ce fut principalement l'Inde qui devint le berceau des premières fables, parce que , par suite de la richesse et de la variété de la faune de ce pays, par suite de la croyance à la métempsychose et métasomatose, enfin, par suite de l'esprit philosophique de ses habitants, les brahmanes s'intéressaient particulièrementaux bêtes, et racontaient les histoires de celles-ci dans un but didactique. Cependant beaucoup de ces

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