‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 87 sur 166 · V. COMMENTAIRE DU POÈME · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DU POÈME

* lotnes, la regardera avec horreur. Elle aura une plus détestable renommée (voy. p. 90), que ne Ta le Loup de Fenrivj qui est enchaîné auprès des dieux (voy. Fascination de Gulji, p. 288). Dans le Séjour de Hel, qui est situé sous la terre arctique et fermé par ce qu'on appelle la Grille de Hel (Helgrind) , Gerdur regrettera amèrement le Séjov/r des lotnes^ qu'elle habite actuellement. La solitude et l'horreur de la demeure de Hel, les maléfices auxquels elle sera en butte de la part des magiciennes qui s'y trouvent, et, enfin, l'impatience qui lui rendra intolérables ses mombreux tourments , augmenteront ses larmes avec son chagrin.

En entendant ces terribles menaces, et la description affreuse des tourments de la mort , Grerdur se sent faiblir. Aussi Skirnir, reprenant avec plus d'énergie, lui dit-il : < Assieds-toi et écoute attentivement ce que , confidentiellement, je vais te dire des gémissements que tu pousseras, et du chagrin sans cesse redoublé qui te consumera.» Il ajoute que, bien qu*il y ait déjà des choses afireuses dans les Séjours des lotnes , les horreurs du Séjour de Hel lui feront encore beaucoup regretter les demeures desThurses-givreux; il termine en disant qu'elle sera tourmentée par la famine, et abreuvée de pleurs.

d) Quai/rihne moyen de persuasion; menace d'un affreux hymen. — Si Gerdur se refuse à Tamour de Freyr, qui voudra la délivrer de la triste vie du Séjour des lotnes, Skirnir lui prédit qu'elle restera, jusqu'à sa

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vieillesse , dans lotunkeimj comme épouse de Taffireux ' Hrim-grimmr (le Féroce-givreux), sans doute le même que Hrimnirj thurse monstrueux (voy. p. 152; Hyndlu- Liôdj 30), qui a trois têtes; que dans cette horrible union son âme se desséchera de chagrin, comme le chardon qu'on place, pour le sécher, au haut du poêle.

e) Cinquième moyen de persuasion; menace de maUfiicee, — Les anciens admettaient deux espèces de puissance; d'abord la puissance qui est inhérente à la noAure particulière des personnes ou des choses, telle que, par exemple, la puissance des dieux, qui découle de leur nature exceptionnelle, surhumaine, ou divine, et, ensuite, la puissance qu'on produit, artificiellement , en provoquant, par la science, les forces de la nature, et en disposant de ces forces à son gré et à son profit. De cette seconde espèce sont les forces surnaturelles de la magie. La magie passait pour le suprême degré de la science sumaMirelle; on la supposait aussi puissante que les dieux, puisqu'elle disposait même du destin, en le déterminant à volonté (voy. Les Oetesj p. 150). Le maléfice est un effet nuisible ou pernicieux, produit, à ce qu'on croit, par la puissance surnaturelle et invincible de la magie.

Skimirj pour arriver à ses fins, menace, en dernier lieu, Gerdur de produire, par la magie, un effet qui lui sera pernicieux. Pour produire de tels effets pernicieux, il fallait employer certains moyens surnaturels, qu'enseignait la science de la magie. Au nombre de ces

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