‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 88 sur 166 · V. COMMENTAIRE DU POÈME · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DU POÈME

moyens, indiqués par la science de la magie, figurait l'emploi de la beigibeUe magique j avec laquelle on pouvait produire certains effets voulus, soit heureux, soit pernicieux. Voici comment s'est formée la croyance superstitieuse en la puissance surnaturelle de la hoquette, 1^ La hcytieUe magiqfie. — Dans l'origine, tous les peuples ont passé par l'état social nomade et pastoral. Le berger, le bouvier, le porcher, en un mot le gardien ou le propriétaire d'un troupeau quelconque se servait, comme aujourd'hui, pour gouverner et diriger ses bêtes, d'un bâton (héb. lameâ)\ de sorte que le bâton a été et est encore, aux yeux de beaucoup de personnes, le moyen efficace pour gouverner et diriger les troupeaux de bêtes et les troupeaux d'hommes. Même après que les peuples furent sortis de l'état social nomade et pastoral, les chefs des tribus et des nations continuèrent à être appelés j9a^fet^s des hommes (sansc. nr-pd)*^ et le bâton resta le signe ou l'emblème de la puissance, de l'autorité, et du commandement, et il s'est maintenu, comme tel, jusqu'à nos jours, sous la forme modifiée de sceptre de prince, de hâton de maréchal, de crodse pastorale. Les roitelets grecs avaient pour sceptre royal un bâton ; leurs envoyés ou hérauUs portaient, également, comme représentants de leurs maîtres, et comme symbole de Tautorîté et de l'inviolabilité royale dont ils jouissaient, le bâton nommé làrukeion (sousentendu skèptrouj bâton de hérault) , dont les Latins , qui changeaient quelquefois le r (ou l) en d (cf. UZus-

ses et OcJusseus), ont fait caduceum (caducée). Mercure, en sa qualité d'envoyé de Jupiter roi des dieux, portait le caducée. Moïse, comme envoyé ou hérault de Jahveh (Jéhovah), et comme chef conducteur des Israélites, avait un bâton, par lequel il manifestait également une puissance magique ou surhumaine. Il toucha, par exemple, de son bâton le rocher, et l'eau en jaillit; il toucha les flots de la mer Rouge, et les eaux se séparèrent, pour donner libre passage au peuple d'Israël. L'homme primitif est, de sa nature, essentiellement matérialiste, en ce sens qu'il attribue à des objets matériels des qualités spirituelles, morales, et intellectuelles. Ce matérialisme règne dans toutes les religions de l'antiquité, qui confondent, dans beaucoup de leurs croyances, les signes ou le symbole avec les causes et les qualités. C'est ainsi que les peuples de l'antiquité ont considéré le symbole de la puissance comme la cause de la puissance. C'est pourquoi ils ont cru que certains bâtons ou baguettes possédaient, par euxmêmes, une puissance magique, capable de produire certains effets surnaturels; que, par la possession d'une telle baguette, on pouvait augmenter sa puissance personnelle; que, par l'emploi d'une baguette magique, en s'en servant selon les prescriptions de la science y on pouvait devenir magicien. L'essentiel était donc de savoir se procurer (norr. getà) une telle baguette , nommée ha^ueUe-h'SOuJiait (norr. gaman-teinn; gambanteinn) , parce qu'elle produisait les effets qu'on souhaî-

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