Dernière scène. Freyr et Skirnir
Freyr, qui est resté dans Contirmel (Endlangi), est tellement impatient de connaître le résultat du voyage de son messager Skirnir, que, sortant de cette résidence, il va au-devant de son serviteur, et que, l'ayant rencontré, il lui demande, avant même que celui-ci soit descendu de cheval, quelle réponse il rapporte. Ayant appris le résultat heureux de la mission de Skirnir, il est saisi aussitôt d'une autre impatience, celle de posséder immédiatement Gerdur, qui a promis de se donner à lui seulement dans neuf jours ou après neuf nuits. Freyr exprime son impatience en disant que, dans la disposition d'âme où le place son amour, attendre une nuit, cela lui semble déjà trop long; comment lui sera-t-il possible d'attendre seulement jusqu'à la troisième nuit?; et il ajoute que, dans d'autres circonstances, un mois entier lui a paru moins long que,
maintenant, la moitié d'une de ces nuits d^attente, lesquelles seront pour lui des nuits de langueur.
Le poëte ne raconte pas, dans une nouvelle scène, Tentretien de Gerdur avec Freyr, dans Vile feuillue. L'arrivée de cette fille qu'on représentait, sans doute, mimiquement dans la fête (voy. p. 44), était probablement considérée comme indiquant la fin de l'hiver ou le commencement de l'été, et elle a été, à ce qu'il paraît, célébrée chaque année, en Suède, par une fête religieuse. C'est à l'occasion d'une telle fête que le poëme du Message de Skimir a, vraisemblablement, été composé (voy. p. 71).