Voy, Les Chanté de Sol, p
iOO LES DITS DE GRIMNIR.
Tautre, et à fondre agréablement Tune dans Fautre; mais jamais la vraie poésie ne saurait sacrifier le fond, la chose principale, à la forme qui n*est toujours que l'élément accessoire , quoique nécessaire. Toute prépondérance trop grande, donnée, en poésie, à la forme, prouve Tabsence d'idéal , ainsi que le manque d'enthousiasme réel, et la pauvreté d'idées et de sentiments de la part du poëte ou de son siècle. Tel est cependant généralement le caractère de la poésie des skoMes, Prenant pour sujet de leur chant les courses des chefs normands sur terre et sur mer, et ce qui précédait et suivait ordinairement les expéditions de ces aventuriers revenus dans leurs manoirs, ces poëtes ne savent ou ne peuvent pas beaucoup varier le fond de leur poésie. Ils se rejettent donc entièrement sur la forme de leurs compositions, tâchant de se surpasser les uns les autres, ou de renchérir les uns sur les autres, par des expressions et une versification artificielles, difficiles, recherchées. Les skaldes se servaient également de ce style et de cette versification artificielle, en traitant des sujets myihologiqaes ; de sorte que ces poëmes ne se distinguent pas par la richesse et le choix des idées, ni par Tenthousiasme poétique ou religieux, mais seulement par la recherche extraordinaire dans les expressions, et par la facture artificielle des strophes et des vers *.
'1. Voyez comme exemple, la strophe de Brcugi Tancien, dans La Fascination de Gulfi, p. 77.