‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 116 sur 149 · I. fNTRODUCnOM · texte numérisé non relu

I. fNTRODUCnOM

AgnaTTy et arriva de cette maidëre au pouvoir. Il régna dix ans^ eut un fils qui portait non-seulement le nom de son oncle Agnarr, mais avait aussi son caractère. QeirrbdTj qui avait supplanté son frère Agnarr^ mourut subitement, d'une manière tragique, et il eut polir successeur son fils AgnaoTy qui était, en quelque sorte, son oncle restauré sur le trône. Telles paraissent être les données hisioriqueBy auxquelles s'est rattaché ensuite le mythe de Grimnir que voici :

2) L'Antiquité attribuait le bonheur et le malheur des hommes à la protection ou à la désaffection des dieux qu'ils adoraient. Les révolutions dynastiques étaient également attribuées à l'action des divinités, adorées par les princes. On croyait que telle divinité était douée d'une puissance supérieure , et donnait à ses adorateurs la victoire sur ceux, qui rendaient le culte à une divinité douée d'une puissance inférieure. Les ré* volutions dynastiques paraissaient donc aussi dépendre de la victoire remportée par les divinités, les unes sur les autres. Parmi les descendants de Hrody les uns, tels que Greirrodry adoraient de préférence le dieu Odirm; les autres,* tels que ÂgncMTy préféraient le culte de la déesse Friggy l'épouse d'Odinn. On croyait, d'après cela, pouvoir expliquer l'avènement au trône de Oeirrddry à la place de son frère aîné Agnarry par la considération que Odinny le protecteur de Oeirrddry avait remporté la victoire sur -Prigg, protectrice d'Agnarr, et que celleci, dans la suite, avait pris sa revanche, en amenant la

mort tragique de Geirr(klr) et en faisant arriver au pouvoir le jeune Agnarr, qui était comme la renaissance de son oncle Agnarr, l'adorateur et le protégé de Frigg. Cette manière de s'expliquer des faits, originairement réels ou historiques, engendra dans la suite un mythe, où la fiction se mêla à la réalité; mythe basé, tout dV bord, sur la manière dont on se figurait que la rivalité, admise en mythologie, entre Odinn et Frigg, prit naissance, et a dû se manifester de plus en plus. Pour montrer, oette rivalité en action , on s'imaginait qu'un jour Odinn et Frigg se glorifièrent, Tun devant l'autre, de la supériorité de leur puissance pour donner le bonheur et le succès à leurs adorateurs. Étant en désaccord sur ce point, les deux divinités résolurent de prouver, chacune, sa supériorité contestée par l'autre, en exerçant sa protection sur l'un des deux fils de Hrodung, Odinn sur Geirrôdr, et Frigg sur Agnarr, et de voir ensuite lequel de ces deux protégés mènerait la vie la plus heureuse. Ce défi mutuel étant accepté par l'une et l'autre divinité, elles prirent des mesures pour que Geirr'ôdr et Agnarr, sans qu'ils s'en doutassent , reçussent d' Odinn et de Frigg, déguisés sous des formes humaines, l'instruction, les conseils, et l'éducation qui devaient leur assurer le succès, le bonheur, et la supériorité dans la vie. Voilà pourquoi, lorsque Geirrôdreut dix ans et Agfiarr neuf ans, Odinn et Frigg, pour faire leur preuve, convinrent de mettre à profit l'hiver, qui allait commencer. L'hiver était, en effet, la saison pen-

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