I. INTRODUCTION
infernal). Ce conseil fut suivi par le nourrisson d'Odinn. Lorsque Teinbarcation des princes, poussée par un vent favorable donné par le dieu des vents Odinn, aborda au pays de leur père, Oeirrodr, s'étant tenu à l'avant du bateau, sauta sur la plage, repoussa du pied dans la mer cette embarcation , où se trouvait encore son frère Agnarx^ et prononça la formule que lui avait enseignée son père nourricier. Agna^rry resté dans son bateau, fut poussé vers le Nord dans Tîle de la géante Smylj qui le retint, et Tépousa dans la suite. Geirrodr, ayant débarqué, remonta le pays, et rentra au manoir paternel, où il fut d'autant mieux accueilli qu'on l'avait cru perdu avec son frère. Comme son père Hrôdwng était alors décédé , et que son frère aîné Agnarr ne reparaissait pas, Oeirrddr fut, à sa place, choisi roi du pays, et y devint un homme puissant et considéré.
Le sort malheureux à^ Agnarr, le protégé de Frigg, et le sort heureux de Geirrodr, le protégé à^ Odinn ^ semblèrent prouver, jusqu'ici, que le Dieu était, plus que la Déesse, en état d'assurer le succès, le bonheur, et la supériorité, à ses adorateurs et protégés. Frigg était vaincue par Odinn, Le droit et la justice, dans la personne dH Agnarr, étaient vaincus par l'injustice, la ruse, et la perfidie, dans la personne de Geirrodr, Mais, à la fin, le coupable devait être puni, la justice être rétablie, et Frigg prendre sa revanche sur Odinn. C'est ce que la tradition mytho-épique raconte dans la se-
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conde partie de Thistoire de Geirrodrj transformée en mythe.
Dix ans s'étaient passés depuis que Geirrod/r fut arrivé au pouvoir; il avait un fils, âgé de neuf ans, qui, par son caractère et ses qualités, ressemblait à son oncle Agna/rry dont il portait le nom, et dont il était, comme on croyait et comme on disaijt, la renaissance (itr-borînn). Odinn et Frigg étaient assis, à Tapproche de rhiver, dans la Chaumine atix portes (Hlîdskialf), qui est le point le plus élevé des demeures célestes, et d'où l'on a vue sur toutes les parties du monde. Odinrij apercevant le frère de Geîrrôdr, Agnarr, dans son île, avec sa femme, la géante Smyl, et ses enfants, dit, en triomphant, à Frigg: «Vois-tu Agnarr, ton nourrisson, «où il procrée ses enfants avec la géante, dans cet «antre? tandis que Geirrodr, mon nourrisson, est roi, et « se repose maintenant dans son pays. » Alors Frigg jugea que le moment était arrivé pour prendre sa revanche sur Odinn, pour tirer vengeance de l'injustice commise à l'égard de son protégé AgncM^r, pour causer la perte de Geirrodr, et pour prouver ainsi, en définitive, que la justice doit, à la fin, avoir le dessus sur l'injustice. Dans les mœurs et les religions du paganisme, les moyens injustes, pour arriver, par la ruse et le mensonge, à tirer vengeance d'une injustice, ou de ce qu'on croyait telle, passaient pour légitimes. Aussi la tradition mytho-épique n'a-t-elle pas hésité à représenter la déesse Frigg , comme usant du mensonge et de la ca-