‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 119 sur 149 · I. IKTRODDCTION · texte numérisé non relu

I. IKTRODDCTION

lomnie, pour perdre Geirrodr^ le protégé diOdinn. C'est pourquoi, à la parole triomphante à!Odinn, au sujet de Geirrodry Frigg répond, ayec malice, qu'il n'y a pas lieu d'être fier du bonheur de ce roi , puisqu'il jouit d'une réputation détestable, étant avare au point qu'il n'est pas même hospitalier, et que, s'il lui vient des hôtes en nombre, il ne leur fournit pas ce qui leur est nécessaire à boire et à manger.

Par suite de l'état social peu développé des peuples de l'antiquité et du moyen âge, l'exercice de l'hospitalité n'était pas seulement, comme de nos jours, nn^ faveur et une gracieuseté, mais elle était une nécessité sociale, et, par suite, un devoir y et presque une obligation. Les riches et les puissants surtout devaient être libéraux, généreux, prodigues même, envers tout le monde, surtx)ut envers les hôtes. C'est pourquoi les poëtes hindous et arabes, les troubadours provençaux, et les skaldes du Kord, en chantant les rois et les grands, font ressortir, plus particulièrement, les largesses et les munificences de ceux-ci; et ils ont des paroles satiriques, et d'énergiques invectives, contre les princes qui passent pour être chiches et peu généreux. Aussi, ce que Frigg disait, au sujet des habitudes inhospitalières de Geirrodr, était -il un reproche sanglant à l'adresse de ce roi. Odinriy le chef des dieux, et le protecteur naturel des princes et des héros, ne pouvait pas croire que son nourrisson , qu'il avait instruit pour être un roi glorieux, fût chiche et inhospitalier dans son manoir royal; il ré-

pliqua, par conséquent, que ce reproche n'était pas mérité; que c'était le plus grand mensonge; et il offrit de le prouver, en allant lui-même, en hôte déguisé, mettre à Tépreuve l'hospitalité de Geirrddr. De même qo!Odinn et Prigg avaient fait, antérieurement, une première gageure, sur les résultats de l'éducation, des conseils, et de la protection qu'ils donneraient, l'un à Geirrodr, l'autre à Agnarr, ils firent, maintenant, une seconde gageure, dans le but d'établir si Geirrbdr était, oui ou non, chiche de traitement (mat-nîdingr).

L'occasion, pour mettre à l'épreuve l'esprit hospitalier de Geirr'ôdr^ était, en ce moment, très-favorable. On était à l'approche des grandes fêtes, qui, dans les pays Scandinaves, se célébraient en hiver, telles que la fête àeBJôlê. Ces fêtes duraient plusieurs jours; et il venait, pour les célébrer, un grand nombre d'hôtes, non invités, dans les manoirs royaux. Odirm se proposa d'aller au manoir de Geiirrddr, à l'époque d'une telle fête, d'y rester plusieurs jours, et de voir si, effectivement, ce roi serait aussi chiche comme Frigg le disait, à l'égard des hôtes nombreux réunis chez lui. Pour que cette épreuve fût bien faite , il fallait qu' Odinn se rendît à la fête de Geirrodr^ sous une forme déguisée; de manière à n'être pas reconnu par lui, et pour ne pas faire changer, en sa faveur, les dispositions habituelles du roi à l'égard de ses hôtes.

Odinn avait l'habitude de mettre à l'épreuve les héros et les princes, en prenant un déguisement et an

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