I. INTRODUCnON
Scandinave. Tandis que TAse on Vane Niôrdr présidait à la mer paisible, pendant Tété, Œgir devint la personnification de la mer tempétueuse, en automne, en hiver, et au printemps. Comme dieu de la mer hivernale et glaciale, CEgir se confondit avec Tlotne Gymir (Couvrant), appelé aussi, selon la différence des dialectes, soit Hymivj soit Ymir. Oymir était le représentant du monde glacial primitif (voy, Fciscination de Oulfi, p. 186). Plus tard, par suite des dédoublements si fréquents en mjrthologie (voy. p. 16), Œgir fut distingué, de nouveau, de Hymirj avec lequel il s'était confondu, et Hjmir, à son tour, fut aussi distingué de Tmiry dans la tradition mythologique. Oymir devint alors spécialement la personnification de la mer hivernale y si tem* pêtueuse et dangereuse, pendant les neuf mois de l'hiver dans le Nord. La femme de Gymir était nommée Orboda (Forte-Lame), et était le symbole des brisants, qui rendent la navigation si périlleuse. Elle passait pour être de la race des Géants des Montagnes, attendu que les promontoires et les rochers sous-marins, représentés symboliquement par cette race gigantesque, occasionnent, principalement, des brisants dans la mer. Le fils de Gyniir et à^Ôrboda se nommait Beli (Beugleur); car il était la personnification du bruissement ou beuglement des vents et des flots de la mer hivernale. Ce bruit était censé cesser, quand Fempire des dieux bienfaisants Niordr et Freyr reprenait, sur mer, le dessus sur celui des lotnes ; ce qui arrivait au printemps ,
à Tépoque où les cerfs et les rennes perdent leur bois ou leurs cornes (norr. Ao^ti), ou, plutôt, à Tépoque oà les cornes du soleil, c*est-à-dire ses rayons (héb. kèrh, corne, rayon; Chants de Soi, p. 110), commencent de nouveau à pousser. C'est pourquoi il est dit, dans le mythe, que Freyr^ le fils de NiOrdur, a tué Beli, le fils de Qymir, avec une corne de cerf. Dans les idiomes germaniques hom désignait la glace dure (norr. hiamy neige gelée; cf. Hiarrandi; ail. Horand)\ et, par suite, le mois de janvier, où la glace est le plus dure, eut le nom de grand hom. Le mois de février, issu en quelque sorte de janvier ou du grand hom, eut le nom de petit hom, ou issu de hom (ail. homung). Je ne pense donc pas que le mois de février ait eu, comme on le prétend, le nom allemand de homung, parce que les rennes ou les cerfs perdaient, dans ce mois, leur bois ou leurs cornes.